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17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 20:53

Après plus de 7 ans sans être retourné au Mexique, le voyage de 3 semaines de cette année fut l'occasion de revenir sur les principales stations d'orchidées de l'état de Mexico et de constater l'évolution de leur état de conservation.

Réalisé au mois de juin, ce mois marque le début de la saison de pluies mais aussi le début de la floraison de Stanhopea hernandezii et de nombreuses autres espèces. Je vous propose quelques clichés de ces orchidées rencontrées aux stations de Temascaltepec et de Chalma en commençant par la station de Temascaltepec.

Station de Temascaltepec, très riche avec plus de 80 espèces dont de nombreuses épiphytes
Station de Temascaltepec, très riche avec plus de 80 espèces dont de nombreuses épiphytes

Station de Temascaltepec, très riche avec plus de 80 espèces dont de nombreuses épiphytes

Station la plus riche de l'état de México avec plus de 80 espèces, on y rencontre de nombreuses espèces spectaculaires aussi bien épiphytes que terrestres. En plus de Stanhopea hernandezii, la station compte deux espèces de Rhynchostele, R. cervantesii et R. maculata, de très beaux Oncidiums comme O. tigrinum et O. reichenheimii, E. parkinsonianum et même une espèce de Rossioglossum, R. insleayi dont il reste quelques colonies dans les ravins les plus inaccessibles creusés par le Rio Temascaltepec. Parmi les espèces terrestres, on retrouve de nombreux Habenaria, deux Govenia, G. superba et G. liliacea ainsi que de nombreuses espèces de Bletia dont B. macristomchila qui inicie en juin le début de floraison du genre.

La première floraison rencontrée en ce mois de juin fut celle de Dichaea squarrosa qui forme ici de vaste tapis recouvrant les roches ou parfois le tronc des chênes. Florifère, ses fleurs, souvent nombreuses, sont remarquables par la surface externe verruqueuse des pétales et le puissant parfum citronné qu'elles dégagent.

Dichaea squarrosa
Dichaea squarrosa

Dichaea squarrosa

Tout en poursuivant nos recherches de spécimens de Stanhopea hernandezii en fleur, nous rencontrons le minuscule Stelis villosa, un veritable bijou qui demande à être observé à l'aide d'un agrandissement pour admirer le détail des poils qui recouvrent les marges de ses sépales.

Stelis villosa

Stelis villosa

Enfin, nous rencontrons une première Stanhopea hernandezii en fleur puis, plus tard, 200 mètres plus bas en altitude, nous rencontrons un magnifique spécimen doté de trois inflorescences. Les colonies de l'espèce sont encore très bien préservées avec des colonies de plusieurs dizaines de spécimens. Malheureusement, la section quasi-automatique des inflorescences par les rats ou peut-être un autre rongeur observé il y a 7 ou 8 ans a toujours lieu et réduit le nombre de spécimen parvenant à se reproduire, de nombreuses inflorescences ne parvenant pas à terme.

Stanhopea hernandezii
Stanhopea hernandezii
Stanhopea hernandezii
Stanhopea hernandezii

Stanhopea hernandezii

Après ces belles rencontres, nous rencontrons une des plus belle espèce et aussi des plus précoces espèces de Bletia mexicaine. B. macristomchila pousse ici en bordure de chemin, dans les herbes rases bien exposées au soleil. Ces fleurs d'un rose intense et de belle taille permettent de la repérer facilement.

Bletia macristomchila
Bletia macristomchila
Bletia macristomchila

Bletia macristomchila

Egalement le long de la route, ce sont les Encyclia michuacana accrochés aux falaises qui fleurissent à leur tour, cette espèce forme des plantes vigoureuses que l'on rencontre sous rupicole ou quelque-fois terrestre.

Encyclia michuacana
Encyclia michuacana

Encyclia michuacana

La station de Temascaltepec continue de nous émerveiller par son cortège de belles espèces qui à chaque sortie offre de nouvelles surprises. Un projet de plantations d'avocatier au sommet d'une crête très riche dégrade cependant une zone particulièrement riche en Oncidium reichenheimii, Epidendrum parkinsonianum et Rhynchostele cervantesii. La transformation d'un chemin en route pour faciliter la logistique de la plantation a obligé l'abatage de nombreux chênes hôtes de nombreuses épiphytes. Aucune précaution n'a été prise, ne serait-ce le sauvetage des épihpytes. On peut regretter qu'une zone d'une telle biodiversité soit vouée à la culture intensive d'un fruit déjà en surproduction alors qu'elle serait bien plus valorisée par des projets écotouristes.

Avant de quitter Temascaltepec, arrêtons-nous quelques instants sur quelques autres curiosités botaniques de cette station que l'on peut observer en juin. Il s'y rencontre deux espèces de Pinguicula. La première, la plus grande et la plus commune est P. moranensis.mais cette virée fut l'occasion de découvrir une seconde espèce, aux limbes très modestes de 2 ou 3 centimètres et aux fleurs radicalement différentes de la première. Plus rare, elle se rencontre le long de quelques talus exposés nord. Si un spécialiste en carnivores saurait l'identifier...

Pinguicula moranensis (en haut) et Pinguicula sp.
Pinguicula moranensis (en haut) et Pinguicula sp.

Pinguicula moranensis (en haut) et Pinguicula sp.

Quittons à présent Temascaltepec pour nous rendre à Chalma, à la frontière de l'état de México. La station également riche en orchidées est surtout connue pour l'abondance de Laelia autumnalis que l'on rencontre ici. Il faut alors venir en Novembre pour pouvoir les admirer en fleur.

En juin, on rencontre d'autres curiosités comme ce très joli Araceae qui pullule dans les sous-bois de la station.

Araceae
Araceae

Araceae

Les Epidenrum parkinsonianum finissent quant à eux leur floraison qui bat son plein la première quinzaine de mai. Toujours à proximité des cascades où ils sont soumis à la fois à une bruine continue et à un ensoleillement important, les plus beaux spécimens atteignent aisément 2 mètres comme le spécimen rencontré cette fois-ci en fin de floraison.

Epidendrum parkinsonianum
Epidendrum parkinsonianum

Epidendrum parkinsonianum

A l'inverse, le petit Malaxis majanthemifolia ne dépasse pas une dizaine de centimètres et investit les sous-bois humide et obscure. Comme Bletia macristomchila, il devance la floraison des autres espèces du même genre.

Malaxis majanthemifolia
Malaxis majanthemifolia

Malaxis majanthemifolia

Pour terminer, nous sommes allés visiter les colonies les plus importantes de S. hernandezii que nous connaissons dans cette station. Nous avons eu du mal à les retrouver en raison de la végétation et de la forêt renaissante qui a reconquis d'anciennes plantations vivrières qu'il faut traverser pour les atteindre. Les colonies sont toujours bien présentes, en parfaite santé et la reconstitution de la forêt environnante est de bon augure pour la conservation de ces importantes colonies.

Ici aussi, nous avons eu la chance d'apercevoir un spécimen en fleur mais, à une quinzaine de mètres au sommet d'un piton rocheux, nous n'avons que pu deviner les fleurs qui nous semble relativement faiblement maculées pour l'espèce. Contrairement à Temascaltepec, les inflorescences de cette station ne sont pas perturbées et plusieurs capsules vertes ou séchées datant alors des années précédentes ont été observées.

Importantes colonies de Stanhopea hernandezii au sommet des pitons rocheux de Chalma
Importantes colonies de Stanhopea hernandezii au sommet des pitons rocheux de Chalma

Importantes colonies de Stanhopea hernandezii au sommet des pitons rocheux de Chalma

Ces deux stations restent d'excellentes destinations pour observer des orchidées dans leur environnement mais attention aux serpents qui pullulent lors des premières pluies. Nous en avons rencontré à chaque sortie et ils sont parfois presque indétectable grâce à leur camouflage. On risque alors de les piétiner et de provoquer leur morsure. Des crotales et d'autres espèces vénimeuses sont présentes dans ces stations et je recommande donc vivement aux randonneurs de marcher en botte et de regarder constamment où l'on pose ses pieds. Dans le même registre, la région abrite également la veuve noire et des scorpions et il faut toujours vérifier ses vêtements et ses chaussures avant de les enfiler. En cas de morsure, les hôpitaux de Malinalco et Tenango à proximité de Chalma et ceux de Toluca (à proximité de Temascaltepece) sont équipés d'anti-arachnides et d'antidotes contre les morsures de serpent.

Pour ceux qui souhaitent se renseigner davantage sur ces deux stations, le sujet est plus amplement développé dans les publications suivantes :

LAGUNA CERDA A., M.A. ROSALES LOPEZ. & D. ESCOBEDO LOPEZ, 2005 :

“Actualización del listado florístico del municipio de Temascaltepec, Estado de México” intégrant le projet “Etudes et développement durable de l’orquidoflore de l’état de México”. Thèse de doctorat, Toluca, UAEM.

FARIA E, 2013 :

Contribution à l'étude de l'écologie et à la conservation de Stanhopea hernandezii (Orchidaceae) Richardiana ; Vl. XII(5), septembre 2012.

NAVA BERNAL, JOSE HUMBERTO, 2008 :

La orquideas del Municipio de Ocuilan de Arteaga, Estado de México. Universidad Autonoma del Estado de México. Centro Universitario UAEM, Tenancingo. Tésis.

13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 10:25


Bonjour à tous,

 

Meilleurs voeux tout d'abord pour cette année 2013.

 

Ci-dessous quelques photos des nouvelles foraisons en Stanhopea pour l'année écoulée avec une petite entorse au genre en incluant Embrea rodrigasiana qui pour la première fois a fleuri en nous offrant deux fleurs spectaculaires.



Embrea rodrigasiana 2

     Embrea rodrigasiana 1

 Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif

 Stanhopea pulla

 

 

Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif

 
Stanhopea ecornuta

 
Stanhopea ecornuta 2

   
Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif
stanhopea intermedia

    Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif
stanhopea spec.
Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif
stanhopea maduroi
Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif
stanhopea graveolens
Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif     Stanhopea xytriophora
Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif     Stanhopea shuttleworthii
         Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif
Textes et photos par Edouard et Fernand FARIA. Toute utilisation et reproduction sans autorisation préalable est interdite.

 

Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif 

Published by Edouard - dans Stanhopea
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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 19:06

 

Bonsoir,

 

La saison se termine et cette année encore les Stanhopeas ont abondamment fleuri avec quelques nouveautés. La palme revient à un pied de S. martiana qui avec 4 inflorescences et 8 fleurs a offert une magnifique couronne de fleurs.

 Stanhopea martiana


    Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif

Stanhopea connata


Deux clones différents de S. connata qui ont fleurit pour la première fois cette année. Les deux plantes sont d'origines différentes et sont dans la serre depuis 8 et 6 ans respectivement mais n'avaient jamais fleurit.

  

Leurs fleurs se sont ouvertes à un jour d'intervalle, étonnant !!! Un clône est légèrement coloré alors que le second arbore un hypochile presque entièrement maculé.

Les parfums sont également différents, l'un agréable et l'autre fétide et il s'agit pourtant bien de la même espèce. En effet, S. connata libère une fragrance composée de nombreuses substances chimiques qui selon leurs proportions modifient radicalement l'odeur perçue par l'homme. 

 

       Stanhopea-connata-11.jpg

Stanhopea connata 2

 
    Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif

Stanhopea dodsoniana

Première floraison pour cette espèce, très ressemblante à S. oculata et dont il est difficile de faire la différence sur une simple photo. En quelques mots, bien que la coloration et les motifs semblent identiques, les fleurs sont plus grande que chez S. oculata et l'inflorescence plus robuste et plus longue. Le labelle est aussi plus charnu avec une dépression sur la courbe extérieure de l'hypochile beaucoup plus marqué que chez S. oculata.

Enfin, S. dodsoniana exhale un parfum et des composés chimiques différents de Stanhopea oculata.
   
Stanhopea-dodsoniana-11.jpg

Stanhopea dodsoniana 2

 
    Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif

Stanhopea oculata

Continuons avec ce clone particulier et remarquable de S.oculata qui refleurit pour la deuxième année consécutive avec cette fois-ci deux inflorescences de 4 fleurs chacune.

Stanhopea oculata


    Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif

Stanhopea jenishiana

Ce Stanhopea était étiqueté S. peruviana et je l'avais acquis lors d'une exposition en Allemagne en 2002. 9 ans plus tard, il se décide enfin à fleurir mais pour n'être au final "que" S. jenishiana !!! Pour tout vous dire, il n'y a que chez Akerne, en belgique, que j'ai acquérit des Stanhopea qui s'avèrèrent être correctement identifiées.
    Stanhopea jenishiana
Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif
Stanhopea reichenbachiana


Clône de l'espèce dont la plante reste de petite taille mais est particulièrement florifère avec deux floraisons par an, l'une au printemps et l'autre en automne.

Stanhopea reichenbachiana

 

    Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif
Stanhopea anfracta


Magnifique clône dont les ocelles de l'hypochile sont très marquées et "débordent" pour teinter l'intérieur de la cavité de l'hypochile.


Stanhopea anfracta
    Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif

Stanhopea x fowlieana

Hybride naturel robuste et florifère, fleurissant abondamment en hiver. Parfum poivré.

    Stanhopea-fowlieana_1.jpgStanhopea-fowlieana_2.jpg
    Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif
Stanhopea radiosa

Floraison également abondante et régulière année après année pour cette espèce mexicaine dont le parfum rappelle la cannelle.
   
Stanhopea-radiosa-copie-1.jpg

 

  Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif
Textes et photos par Edouard et Fernand FARIA. Toute utilisation et reproduction sans autorisation préalable est interdite.

 

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Published by Edouard - dans Dans la serre...
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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 12:57

Bonsoir,
 
Pour terminer ce périple au Panama, je vous propose quelques curiosités des hauteurs de la Province de Chiriqui à la frontière avec le Costa-Rica. Cette région, plus fraîche, voisine du Volcan Baru, contraste avec le reste du pays et rappelle un peu les régions andines sud-américaines. La fertilité des terres entourant le Volcan est mise à profit et les choux, salades, fraises et autres fruits et légumes sont ici cultivés en terrasse ou en pente pour alimenter tout le pays. Vous boirez ici les meilleurs cafés et mangerez très bien dans les petits restos populaire.
  Photo-Cerro-Punta.jpg

C'est ici, au fond de la vallée de Cerro Punta que Maduro a établi ses serres connue sous le nom de 'la Finca Dracula' à 2000 mètres d'altitudes pour y cultiver une des plus impressionnantes collection d'orchidées mésoaméricaine et sud-américaines et en particulier le genre Dracula et toute sorte de Pleurothallidinae. Les autres genres ne sont pas en reste en particulier les Stanhopeinae avec de nombreuses Stanhopea et Acineta en fleur lors de notre visite. Le visiteur a également accès à une collection très complète de monographies sur les genres Américains ou sur l'orchidoflore de certains pays ou régions. De quoi y passer des heures...

Orchidees-Maduro.jpg
Mais revenons sur le terrain avec le parc de la Amistad qui commence ici et s'étend jusqu'au Costa-Rica. Ce parc protège plus de 400 000 hectares de forêt humide et forme ainsi le plus grand parc d'Amérique centrale.
 
Nous avons pu nous y aventurer dans une zone entre 2000 et 2500 mètres d'altitudes et nous avons surtout croisé des Epidendrum, dont le très beau E. prismatocarpa, des Maxillaria mais aussi des Sobralia, des Elleanthus et d'autres espèces de genre variés.
 
Une autre zone intéressante de la région est la zone dite de "las  Lagunas" à quelques km de Cerro Punta, plus chaude  que les hauteurs du parc de la Amistad et particulièrement riche en Gongora armeniaca, Maxillaria pseudoneglecta, Xylobium elongatum et Epidendrum difforme.    
 
Enfin, une autre région très riche est la réserve forestière qui entoure le barrage de la Fortuna  que l'on atteint en empruntant la route qui mène à Chiriqui Grande sur la côte caribéenne. On y rencontre beaucoup de Pleurothallidinae et particulièrement toute sorte de Stelis.

Voici donc, quelques photos de ces espèces croisés dans ces contrées à plus de 2000 mètres d'altitude en commençant par les Maxillarias. 
    Cascade la Amistad
    Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif

MAXILLARIA

Le genre Maxillaria est bien connu des amateurs et collectionneurs d'orchidées mais nous en connaissons rarement toute son étendu et sa diversité. Ce genre rassemble aujourd'hui plus de 600 espèces et connaitra surement dans les prochaines années une révision conduisant à un éclatement en plusieurs genres comme ont pu le connaître les genres Pleurothallis ou Epidendrum qui au fur et à mesure des avancées scientifiques regroupent toujours moins d'espèces.

En effet, les espèces qui composent ce groupe présentent des différences morphologiques notables. Saviez-vous que certaines espèces sont monopodiales avec une tige simple comme un Vanda ? ou plus étonnant encore, sympodiales dans une première phase de leur développement puis monopodiale ? ou encore monopodiale les feuilles en forme d'éventail comme les Oberonia ?

Nous rencontrons principalement dans nos collections les Maxillarias à pseudobulbes groupés (M. schunkeana, M. sanderiana, M. picta) ou bien séparés par un court rhizome (M. tenuifolia, M. camaridii, etc...) qui offrent des fleurs souvent de belle taille aux pétales bien étalés et colorés,  avec pour certaines espèces un parfum des plus intenses et agréable connu des orchidées. M. tenuifolia par exemple embaume avec une seule fleur toute une serre d'une agréable senteur de vanille ou de coco.
 
Les Maxillaria des autres sous-groupes du genre sont plus rares en culture, les espèces dont les pseudobulbes sont séparés par de longs rhizomes sont compliqués à cultiver  s'accomodant difficilement à nos supports de culture (M. tigrina par exemple)...  ils sont pourtant très jolis.

Il en est de même pour les Maxillarias présentant deux phases de développements distincts. Sympodiale dans un premier temps, il forme des pseudobulbes groupés et compressés qui une fois suffisamment fort développent une tige aux feuilles distiques et imbriquées le long d'une tige, à l'image d'un Vanda. Les fleurs souvent de petites tailles émergent d'entre les feuilles en grappes serrées (M. miniata par exemple).
Ces plantes peuvent devenir très grandes selon l'espèce, la tige atteignant plus d'un mètre.

Maxillaria-Venezuela.jpg
Les sorties in-situ permettent de mieux connaître ce genre peu collecté et souvent abondant, voici quelques-unes des espèces rencontrées ici dans les hauteurs de la province de Chiriqui. 
 
Maxillaria pseudoneglecta

Une espèce abondante des environs des Lagunas près de Cerro Punta ainsi que dans les environs de la Fortuna qui  s'accommode très bien des zones dégradées.

Elle forme des pseudobulbes unifoliés séparés par des rhizomes d'environ deux fois la taille du pseudobulbe. L'inflorescence est basale émergeant des bractées à la jonction du rhizome et du pseudobulbe. Feurs jaune en grappes denses. Pollinisation par abeille (voir vidéo ci-jointe).

Maxillaria pseudoneglecta 2

Maxillaria ampiflora et arachnites
 
Deux très belles espèces rencontrées dans les environs de la Fortuna dans le maquis recouvrant les pentes rocheuses. Maxillaria arachnites est un Maxillaria aux pseudobulbes groupés alors que Maxillaria ampliflora développent des tiges pouvant atteindre un mètre aux feuilles imbriquées et distiques rapidement caduques, les tiges ne conservant que les 8 à 10 dernières feuilles sommitales. La fleur, aux colorations et motifs remarquables, apparait au bout d'un pédoncule court émergeant souvent des nouvelles tiges.

Maxillaria ampliflora et arachnitiflora
Maxillaria species
 
Une jolie espèce de très petite taille pour le genre que nous avons rencontré dans les hauteurs du parc de la Amistad autour de 2300 mètres d'altitude. La tige sans pseudobulbe basal illustre bien une espèce de Maxillaria à développement strictement monopodial. S'apparente à M. dendrobioides.
      Maxillaria-species.jpg

      Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif

EPIDENDRUM

Les Epidendrums et les genres apparentés sont omniprésents dans ces contrées. Rappelons que  lors des premier pas de la taxonomie, Karl von Linné y inclut en 1763 toutes les espèces d'orchidées épiphytes connues à cette époque et même si bon nombre d'entre elles ont été bien sûr reclassées, ce genre compte encore pas moins de 1100 espèces !!! 

En voici quelques-unes rencontrées dans la province de Chiriqui.

Epidendrum anoglossum

Espèce terrestre rencontrée dans une végétation broussailleuse autour de 2300 mètres bénéficiant d'un large ensoleillement. Tige droite aux feuilles distiques et coriaces, inflorescence terminale et racème. Fleurs non résupinées jaune-pâles, sépales elliptiques à lancéolés, pétales linéaires. Labelle charnu et triangulaire.

      Epi anoglossum
 
Epidendrum stolidium
 
synonyme : Oerstedella ornata
Epidendrum stolidium connut un parcours taxonomique quelque-peu atypique puisqu'il fût d'abord décrit sous le genre Oerstedella en 1982 par Dressler avec pour type une plante collectée ici, dans la province de Chiriqui. Hagsater la reclassa sous le genre Epidendrum en 2005.

La singularité de cette espèce ne se limite pas qu'à sa taxonomie, elle est une des rares orchidées présentant des appendices tridentés entre les pétales et sépales ce qui permet de la distinguer aisément de E. pfavii, un autre très bel Epidendrum aux tons roses de la région.

L'espèce a été rencontrée entre 2000 et 2300 mètres toujours en milieu ouvert exposé, plein sud, bénéficiant d'un ensoleillement direct.

Epidendrum stolidium syn oerst ornataEpidendrum stolidium

Epidendrum radicans

Espèce très connue du genre et dont les hybrides se vendent même en jardinerie, elle se rencontre ici en abondance le long des routes dans la région du barrage de la Fortuna. Les couleurs sont particulièrement intenses et variables selon le spécimen entre le jaune-orangé et le rouge. Un grand classique de toute beauté !!!

Epidendrum radicans


Epidendrum wercklei

Très jolie espèce rencontrée autour de 2000 et 2300 mètres d'altitudes épiphyte ou terrestre dans une végétation basse et dense. Son inflorescence est quelques peu particulière,  le pédoncule, terminal, ramifié et plat,  se développant en zig-zag.

Les fleurs, très nombreuses, sont charnues de couleur jaune irrégulièrement mouchetées de violet. Sépales elliptiques à oblancéolées, pétales spatulés et brusquement incurvés à plus de 90°. Labelle trilobé aux lobes latéraux digités. Fleurs agréablement parfumées. 


     Epidendrum wercklei

Oerstedella exasperata

Nous avions rencontrés de nombreuses espèces du genre à des altitudes plus basses dans le pays, autour de 1000 mètres d'altitudes. Oerstedella exasperata, semble en revanche apprécier davantage la fraîcheur puisque nous l'avons rencontré autour de 2200 mètres, épiphyte, bien exposé à la lumière.

Les fleurs présentent des pétales et sépales oblongs à oblancéolés, d'un brun dense au pourtour blanc. Le labelle est trilobé. Les trois lobes sont blancs fortement échancrés et marqués à leur base de stries violacées longitudinales mal définies.
    Oerstedella exasperata

 

 
Epidendrum difforme

Espèce particulièrement florifère et tolérante, elle abonde dans la zone de 'las Lagunas' près de Cerro Punta. Epiphyte, elle s'établie à quelques mètres du sol en situation ombragée ou en pleine lumière en forêt primaire ou en zone dégradée sur des branches moussues.

 

Epidendrum difforme  Epidendrum difforme 2

 
    Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif
Gongora armeniaca

Une des espèces abondantes de la région de 'las Lagunas', ce Gongora reste cependant tributaire d'une forêt saine puisqu'il ne se rencontre pas dans les zones dégradées de la région contrairement à de nombreuses autres espèces d'orchidées du coin.

Epiphyte, il s'établie entre 1 et 3 mètres du sol, en situation ombragée et humide.

Gongora-armeniaca.jpg
    Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif
Sobralia et Elleanthus

Ces deux genres présentent pour certaines espèces des plantes semblables qu'il est difficile de distinguer sans traces de floraison. Les Sobralias, aux fleurs qui rappellent les Cattleyas, sont bien connus et les espèces aux dimensions réduites sont parfois cultivés, en revanche les Elleanthus sont totalement délaissés, ils n'offrent en effet que de petites fleurs tubulaires  loin des critères recherchés par les collectionneurs. De nombreuses espèces d'Elleanthus restent encore à décrire.

Ces deux genres pullulent au Panama et affectionnent particulièrement les talus laissés par le tracé des routes. Le plus souvent terrestres, on les rencontre aussi dans les zones dégagées à végétation rase.

Sobralia chrysotoma est sans doute l'espèce la plus abondante, ses grandes fleurs d'un blanc pur ne sont malheureusement pleinement épanouies que quelques heures puis fanent. Il faut donc ne pas les rater... 
    Sobralia-chrysotoma.jpgElleanthus-species.jpg

Avec ce quatrième et dernier article sur ces quelques jours passés dans ce pays, si petit par sa taille mais si grand par sa diversité, je termine  cette série d'articles en espérant pouvoir y retourner un jour !!!

las lagunas
    Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif
Textes, vidéos et photos par Edouard, Rosabel, Fernand FARIA et Jean-Luc RUBRECHT. Toute utilisation et reproduction sans autorisation préalable est interdite.

 

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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 16:00

        Bonsoir,

Ce troisième article est exclusivement consacré aux deux espèces de Phragmipedium présents au Panama, P. longifolium et P. caudatum que nous avons pu observer dans leur biotope lors de notre périple.
    

Biotope.jpg
    Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif

Phragmipedium longifolium

Ce Phragmipedium est sans doute le plus répandu du genre. Terrestre et parfois lithophyte, on le rencontre du Mexique au Pérou entremêlé à la broussaille d'une végétation rase sur des terrains pentus au sol drainant et sablonneux. A découvert le plus souvent, il bénéficie d'un large ensoleillement. 

forme classique 1
Il peut former d'importantes colonies s'il ne souffre pas de trop de collectes comme ici, au Panama dans la province de Chiriqui où nous avons rencontré une population encore saine, de plusieurs centaines de spécimens avec de nombreuses floraisons. En revanche, dans la région d'El Valle, l'espèce souffre de collectes répétées et rares sont les spécimens adultes. Idem en Equateur, où nous n'avions rencontré en 2005 que quelques spécimens épars.

L'espèce est variable, la longueur et le tortillement des pétales comme l'intensité des couleurs diffèrent selon les spécimens  au sein même d'une population. La plupart des spécimens observés ici au Panama sont dotés de couleurs pâles, le sépale dorsal, le sabot et le synsépale sont verdâtres et les pétales sont colorés de rose, virant parfois au rouge pour les spécimens les plus colorés. On observe aussi une frange blanche sur le pourtour des pétales et sépales.

Les plantes varient aussi, selon Dressler, les spécimens des versants pacifiques forment des  feuilles plus allongées et de plus grande taille alors que les spécimens des versants caribéens ont des feuilles plus fines.
       
           forme classique P longifolium 2  

Les spécimens des populations du Chiriqui arborent pour leur grande majorité des pétales veinés de roses. Rares sont les spécimens aux couleurs plus intenses.

forme colorée close upforme colorée 4
A l'inverse, quelques spécimens hypochromes étaient également en fleurs, la coloration verdâtre est alors largement dominante même sur les pétales.
        
           

forme claire close-up
plante forme claire 4

Pour conclure sur Phragmipedium longifolium,  je vous propose cette petite vidéo qui donne, je pense, une bonne idée de son habitat.


       
    Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif

Phragmipedium caudatum
    
Ce Phragmipedium est aussi largement répandu en Amérique centrale et en Amérique du Sud mais ici, au Panama, il n'est connu que de quelques rares stations. Nous avons eu la chance d'en trouver une en parfaite santé, peuplée de plusieurs dizaines de spécimens largement développés partageant leur biotope avec l'autre espèce du genre présente au Panama et présentée ci-dessus, P. longifolium, mais aussi de nombreuses espèces de Sobralias, Maxillarias, Epidendrums et autres espèces d'orchidées.
 Phragmipedium caudatum in situ  
Contrairement à P. longifolium qui est exclusivement terrestre, P. caudatum se rencontre également épiphyte dans les branches moussues des forêts humides ce qui permet alors à ses larges pétales de s'épanouir pleinement mais les plantes sont alors difficiles à observer.

Malheureusement, nous n'avons pas rencontré de spécimens en fleur. La floraison dure quelques semaines et toutes les fleurs s'épanouissent simultanément contrairement à P. longifolium qui n'offre qu'une seule fleur à la fois mais elles se succèdent sur plusieurs mois de la même manière que les Paphiopedilums du sous-genre Cochlopetalum (P. primulinum, P. glaucophyllum, etc... ).

Cependant, nous avons observé de nombreux jeunes spécimens, inflorescences desséchées et  capsules témoignant d'une population florifère et prolifique qui se régénère correctement. Certains spécimens bien développés présentaient entre 5 à 8 tiges desséchées pour une quinzaine de fleurs, je n'ose imaginer le spectacle...
        
       

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Ces populations de P. caudatum et P. longifolium occupe une zone appartenant à une réserve forestière qui exclue toute exploitation. Seule une collecte massive et illégale ou un déséquilibre du biotope mettrait en péril ces magnifiques populations qui en ce début de XXIème siècle donnent de bons espoirs quant à la conservation in situ de ce genre.

Son succès auprès des collectionneurs et la destruction de l'environnement a d'ailleurs obligé les autorités à placer toutes les espèces de Phragmipedium en Annexe 1 de la convention de Washington interdisant tout prélèvement dans leur milieu naturel. 

Puissent nos enfants et petits-enfants refaire un jour les mêmes photos et connaître le même émerveillement !!!


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photo J-Luc
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Textes, vidéos et photos par Edouard, Rosabel, Fernand FARIA et Jean-Luc RUBRECHT. Toute utilisation et reproduction sans autorisation préalable est interdite.

 

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Littérature


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