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Stanhopea ruckeri est une espèce robuste et florifère qui nout vient d'Amérique centrale. Elle fût décrite pour la première fois en 1843 par Lindley dans le registre botanique d'Edwards. La même espèce fût redécrite par le même Lindley en 1845 sous le nom de "inodora" à partir de spécimens importés du Mexique par Loddiges en pensant décrire une nouvelle espèce. Ces deux descriptions de la même espèce ont alors longtemps semées le trouble dans sa classification et l'appellation "inodora", aujourd'hui considérée comme synonyme, perdura jusqu'à ce que GERLACH rétablisse Stanhopea ruckeri en 2004. Il considéra une planche de Lindley datant de 1843 comme lectotype de l'espèce où figurent les esquisses des labelles de plusieurs espèces du genre dont celui de S. ruckeri.

Stanhopea ruckeri 1
 
Sa dénomination "ruckeri" rend hommage à Sigismund RUCKER, orchidophile anglais du XIXème à qui Lindley dédia d'autres importantes découvertes du milieu du XIXème siècle (Anguloa ruckeri Lindl.1846, Dendrobium ruckeri Lindl.1843,...)
 

 
Stanhopea ruckeri 4Stanhopea ruckeri est une espèce vigoureuse, florifère et facile de culture. Elle est largement répandue dans les collections contemporaines.

Les plantes forment rapidement de beaux spécimens produisant de nombreuses inflorescences portant de 4 à 7 fleurs pour la plupart des clônes et jusqu'à une douzaine de fleurs pour certains clones exceptionnels. Stanhopea ruckeri présente en effet une large palette de formes différentes.
 
Les fleurs de la plupart des clones de l'espèce sont pâles dans des tons allant du blanc au jaune clair avec des reflets verdâtre, légèrement pointillées ou totalement dépourvues de toute macule. L'hypochile est coloré dans sa moitié supérieure d'un orange uni  et doté ou non  selon les clônes d'une aréole rouge  plus ou moins limitée et toujours de petite taille (diamètre < 0,5cm).  Plus rare, certaines formes présentent une forte maculation des pétales,  des sépales et du  labelle. 

La publication de Gerlach parue en 2004 rétablissant Stanhopea ruckeri comme espèce îllustre parfaitement ces contrastes en présentant une forme extrêmement maculée.
 
  Floraison-ruckeri.jpg
 
Stanhopea ruckeriContrairement à la tonalité des couleurs et à la maculation des fleurs, la morphologie des labelles - facteur mécanique prépondérant dans les processus de spéciation du genre - reste quasi identique d'une forme à l'autre.
 
L'hypochile, à la fois peu profond et peu anguleux, suit une ligne rectiligne qui s'étend à l'ensemble du labelle, l'épichile s'alignant à l'hypochile.
   
La colonne n'est que très légèremement infléchie et  pourvue de larges ailes sur sa moitié inférieure.
 
Cette rectilinéarité du labelle et de la colonne ainsi que leur parallélisme sont des caractéristiques majeures communes à l'ensemble des différentes formes permettant de distinguer aisément Stanhopea ruckeri des autres espèces de la même alliance (S. oculata, S.wardii,etc...). Une autre caractéristique commune à toutes les formes du genre est la texture épaisse et cireuse du labelle.
 
Enfin, le denticule se formant au sommet du pont à l'entrée de l'excavation de l'hypochile est également plus développé chez Stanhopea ruckerii que chez les autres espèces du genre.

Le parfum de l'espèce est également caractéristique et très différent des autres espèces aux fragrances plus prononcées. Celui de S. ruckeri est plus discret voire imperceptible pour l'homme d'où l'appelation 'inodora' par Lindley lorsqu'il décrit l'espèce pour une seconde fois en 1845.
  Stanhopea ruckeri 3
       
   
     
Synonyme et discussion

       
 La double description dont fût affublée Stanhopea ruckeri par Lindley témoigne de la grande variabilité de l'espèce qui donna lieu à nombreuses confusions avec les espèces apparentées. Stanhopea ruckeri a ainsi souvent été désignée comme Stanhopea graveolens ou Stanhopea wardii pour ces formes peu ou pas maculées, ou encore Stanhopea oculata pour ces formes les plus maculées et inversement. Des variétés ont également été décrites par LEMAIRE, REICHENBACHIANA et JOSST dans les années 1850 mais aucune d'elles n'ont été retenue par faute de matériel ou parce qu’il s'agissait de simples variations de maculation ou de coloration de l'espèce. Ces différentes variétés sont:      
     
  • Stanhopea ruckeri var. grammica (Reich. 1855)        
  • Stanhopea ruckeri var. speciosa (Lemaire 1854)        
  • Stanhopea ruckeri var. punctata (Josst. 1851)
     
Cependant, les travaux par WHITTEN sur les compositions chimiques des fragrances de Stanhopea ruckeri ont démontrés deux groupes bien distincts. Deux des quatre clones analysés ne présentent qu'un seul composant chimique (phenyl-ethylalcohol) alors que les deux autres présentent une composition plus complexe avec 6 composants chimique. Ces deux clones ne présentant qu'un seul composant imperceptible proviennent du Guatemala et il pourrait s'agir d'une variété voire d'une espèce distincte. Des investigations des composés chimiques plus étendues sur l'ensemble des populations et leur influence sur l'attraction des pollinisateurs ainsi que leurs effets dans le processus complet de pollinisation permettraient de mieux comprendre les phénomènes de spéciation des différentes populations.
     Stanhopea ruckeri 5
 
 Distribution et écologie  

 
Stanhopea ruckeri se rencontre depuis les versants orientaux de la Sierra Madre  mexicaine jusqu'au Nicaragua. Epiphyte et rarement rupicole, elle se rencontre à moyenne altitude entre 800 et 1400 m dans son aire de ditribution la plus au nord dans les états de Puebla et Veracruz au Mexique ou dans la province de Jinotega au Nicaragua mais aussi à plus basse altitude comme dans la Selva Lacandona du Chiapas où elle se rencontre sous 400 mètres d'altitudes. Ses biotopes sont les forêts chaudes de chênes, les forêts mixtes de pin et chênes, les forêts de liquidambar ou encore les forêts tropicales humides où elle se développe en situation ombragée.

L'espèce a également été mentionnée au Panama et je possède une plante en provenance du Panama, initiallement étiquetée comme S. wardii, mais qui s'est avérée être S. ruckeri. L'extension de l'espèce plus au sud du Nicaragua, jusqu'au Panama n'est donc pas à exclure.
 
Habitat.jpg               
Conservation et menace

   
L'espèce n'est pas menacée, elle bénéficie d'une très bonne conservation ex-situ puisqu'on la retrouve dans de nombreuses collections à travers le monde. In-situ, sa large aire de répartition plaide en sa faveur, elle se rencontre dans des zones souffrant d'une pression démogaphique encore faible et protégée comme dans la forêt Lacandon mais son habitat à moyenne altitude entre 800 et 1400 mètres souffre d'une transformation en champs de caféier et de nombreuses stations ont ainsi été détruites.
     
Sources  

   
LAS ORQUIDEAS DE MEXICO - 2007 - Hagsater, Soto, Salazar, Jimenez, Lopez, Dressler
   
THE STANHOPEA BOOK - 2010 - Jenny
 
ICONES ORCHIDACEARUM - Fascicle 10 - E. Hagsater, M.Soto
   
EL AROMA FLORAL DE LAS STANHOPEAS DE MEXICO - Gerlach 2010 -
   

Photos et textes par Edouard FARIA, toute utilisation et reproduction sans autorisation préalable est interdite.

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