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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 17:20
       
    Bonsoir,

Continuons ce voyage en nous dirigeant vers l'ouest, en direction du Costa-Rica, pour visiter trois sites d'exceptions : le Parc National "Altos de Campana", la Région de "El Valle" et le Parc National "El Copé" encore situés dans les provinces de Panama et Coclé. 

Cette région centrale du pays concentre des centaines d'espèces d'orchidées qui affectionnent, pour la majorité d'entre elles, le climat tempérée et humide de ces montagnes entre 800 et 1200 mètres. 
 
Le premier site en quittant Panama City et en empruntant la panaméricaine vers l'ouest est le parc "Altos de Campana" qui fût le premier parc national du pays, crée en 1966. Il couvre près de 5000 hectares, sa température moyenne est de 24°C et 2500mm d'eau tombe en moyenne chaque année.

Son attrait, au-delà de la richesse de sa faune et flore, est la magnifique vue panoramique depuis le sommet du Cerro la Cruz sur les deux océans lorsque le ciel est suffisament dégagé.
 
Vue-sur-le-Pacifique.jpg
 
Le point culminant du parc est le sommet du Cerro Campana à 1030m d'altitude. Il est recouvert d'une forêt de mousse abondante en broméliacées, orchidées et autres épiphytes. 26 végétaux endémiques au Panama sont ici présents.
 
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En continuant un peu plus vers l'ouest, on arrive dans la région d'El Valle, un ancien volcan aujourd'hui recouvert de végétation. Le village d'El Valle s'est établi dans le cratère et il est entouré de dômes qui offrent de nombreuses possibilités de randonnées. Le dôme le plus haut, au nord du village, est le Cerro Gaital qui atteint 1185 m d'altitude. Un autre grand classique du coin à l'ouest du village est la India Dormida, un montagne dont la ligne de crête dessine la silhouette d'une femme couchée sur le dos.

La région d'el Valle offre une grande biodiversité et est un peu "la Mecque" de l'orchidée au Panama en raison du nombre impressionnant d'espèces que l'on rencontre ici mais aussi de son marché au fleur qui a lieu les week-ends, où de nombreuses orchidées
de la région sont proposées.

Encore plus à l'ouest, les montagnes commencent à prendre un peu de hauteur et l'on rencontre le parc national El Copé également appelé le parc national Omar Torrijos en hommage au Général qui s'y écrasa en avion en 1981. Isolé et un peu difficile d'accès en raison de la piste non goudronnée sur plusieurs kilomètres qui impose le 4x4, il en vaut cependant largement la peine en raison des nombreuses espèces que l'on rencontre encore une fois ici et la quiétude des lieux.

Le parc n'a été créé qu'en 1986. Il bénéficie de bonnes infrastructures et l'on peut y passer ainsi plusieurs jours en immersion totale au calme à un prix très modeste contrairement à la région d'El Valle, beaucoup plus touristique.
       
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Les Stanhopeinae de la région

Ces montagnes qui se succèdent au centre du pays à des altitudes moyennes sous un climat tempérée et humide sont largement recouvertes de forêt de brumes favorables à un nombre impressionnant de Stanhopeinae.
 
Stanhopea

Les Stanhopeas comptent plusieurs espèces avec Stanhopea panamensis, encore abondant entre 900 et 1000 mètres d'altitudes, Stanhopea costaricensis à des altitudes légèrement plus basse (600-700 m), S. confusa, S. gibbosa, plus rarement S. ecornuta et bien sûr S. maduroi qui n'a été reporté que des forêts au nord de el Valle et d'une zone frontalière avec la Colombie.


Stanhopea-maduroi.jpg
Stanhopea panamensis

L'espèce n'a été que récemment décrite par Williams & Whittens en 1988 et a été considérée jusque-là comme une espèce du complexe oculata ou elle a été confondue avec d'autres espèces du genre.
       
Elle se caractérise par de grandes fleurs blanches (13-15cm), un hypochile jaune et une maculation plus ou moins variable selon le spécimen. Certains spécimens sont dépourvus de toute macule, d'autres peuvent être finement pointillés et l'on rencontre aussi des formes aux macules très larges (5 à 8 mm de diamètre) plus ou moins denses. Je vous invite à faire un tour du côté du blog à Jean-Luc où différentes formes sont présentées (cliquez ici).

Stanhopea panamensis 1
Exclusivement épiphyte, l'espèce affectionne les zones très humides entre 900 et 1000 mètres d'altitude, le long des petits torrents de montagne dans des zones encaissées ou fortement ombragées, en sous-bois entre 1 et 3 mètres du sol.

Dans son habitat, l'espèce forme des spécimens peu développés mais florifères. Les pseudobulbes sont peu nombreux et de petite taille, la saturation en eau de son mileu ne justifiant pas le stockage d'une grande quantité d'eau. L'espèce se rencontre également en zone dégradée.

Il a également été observé que les spécimens soumis à un ombrage presque total sont tout aussi florifères que ceux plus exposés à la lumière. L'espèce est donc véritablement ombrophile et l'établissement des plantes à l'ombre n'est pas accidentel comme pour beaucoup d'autres espèces épiphytes où les spécimens en sous-bois, ne bénéficiant pas de suffisament de lumières, restent chétifs et stérils.

Une autre observation primordiale est la grande variabilité de la maculation des fleurs au sein d'une même population ce qui témoigne d'une bonne diversité génétique.

Enfin, nous n'avons observé aucun pollinisateur visitant les deux spécimens en fleurs que nous avons rencontrés, les pollens étaient encore en place à une heure avancé de la journée et aucune fécondation sur les spécimens déjà fanés n'a été constaté.
 
Stanhopea panamensis 2Stanhopea panamensis 3

   

   
Les autres Stanhopeinae de la région sont Gongora gibba, G. powelli et G. tricolor; Polycnis tortuosa, qui comme Paphinia sub-clausula, se rencontre à El Copé; Horichia dressleri du côté d'El Valle; deux espèces du genre Kegeliella, K. kupperii et K. atropilosa du côté du Cerro Campana et d'El Valle; Acineta meriyae  qui pousse au Cerro Campana en sous-bois sur les souches pourries des arbres tout comme Peristeria aff. pendula au sommet du Gaital; Sievinkingia fimbriata, suavis et butcheri, endémique à la région d'El valle et Houlettia tigrina, épiphyte dans les zones les plus humides et moussues de ces montagnes. 

Citons encore le genre monospécifique Coeliopsis avec son espèce C. hyacinthosma que l'on rencontre abondamment dans la région d'el Copé en épiphyte à quelques mètres du sol. 

Stanhopeinae 



D'autres espèces remarquables d'orchidées sont également présentes comme Ada allenii, Brassia arcuigera, Huntleya burtii, H. fasciata, Miltionopsis roezlii, Phragmipedium longifolium, des Catasinae comme Cycnoches guttulatum, des Lycastes ou encore les espèces du genre Oerstedella et les nombreuses espèces apparentées d'Epidendrum sans oublier les Maxillarias et l'immense famille des Pleurothalidinae. Ca fait beaucoup de monde...

Je propose de vous présenter encore quelques-unes de ces espèces rencontrées en fleurs lors de nos excursions en commençant par celles du genre Oerstedella, dont plusieurs espèces fleurissent au mois d'août. 
     
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Oerstedella pseudosuchumanniana, fuscina  et intermixta

Le genre Oerstedella rend hommage au botaniste danois Oersted et comprend 32 espèces qui sont pour la plupart d'anciens Epidendrums reclassés sous ce genre en 1981 par HAGSATER lorsqu'il révisa le genre.
Les espèces du genre se rencontrent du Mexique à la Bolivie mais l'essentiel des espèces sont mésoaméricaines et le Panama ainsi que le Costa-Rica constituent le premier centre de diversité avec 22 des 32 espèces.

Les Oerstedella présentent des pseudobulbes fins et allongés, des feuilles alternées, coriaces, oblongues à elliptiques et une inflorescence terminale, racème. Les fleurs ont des pétales et sépales à la texture très épaisse et un labelle divisé en plusieurs lobes, souvent trois. 

Nous avions rencontré Oerstedella wallisii  au Cerro Jefe (voir article précédent), une espèce que nous n'avons plus rencontré ici, en revanche, O. pseudoschumanianna abonde dans ces montagnes centrales et se rencontre aussi bien à l'état sauvage que dans les jardins des habitants. Cet Oerstedella est impressionnant par sa taille, qui peut atteindre aisément 2 mètres, et par le nombre de fleurs qu'une seule inflorescence peut développer formant alors de très jolies bouquets.

    
Oerstedella pseudoschummaniana 3
    Oerstedella pseudoschummaniana 1
L'espèce apprécie les zones exposées au soleil où elle ne bénéficie que d'une très faible protection par d'autres végétaux. Epiphyte, on la retrouve ainsi davantage en zone dégradée qu'en forêt primaire car les arbres restants bénéficient de beaucoup plus de lumières. La végétation basse et arbustive lui convient aussi et on la rencontre alors à hauteur d'homme.



Oerstedella fuscina est pour sa part beaucoup plus rare que Oerstedella pseudoschummaniana et surtout beaucoup moins prolifique. Nous n'en avons rencontré qu'une seule plante au sommet du Cerro Campana à 1000 mètres d'altitude, dans les zones les plus humides et moussues. Elle semble donc apprécier ombre, humidité et températures tempérées.

Oerstedella fuscina

Enfin, nous avons rencontré un troisième Oerstedella en fleur à cette saison. à El Copé où il est commun. Il s'agit de Oerstedella intermixta.

Epiphyte dans des zones bien exposées et ventilées par des vents humides, il se rencontre parmi les arbustes le long des talus ou en forêt.

Oerstedella intermixta  
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Brassavola nodosa

Une autre Laellinae de la région mais de basse altitude est Brassavola nodosa que l'on retrouve ici épiphyte formant d'impressionnant spécimens jusque dans les arbres des parcs et jardins municipaux comme à Penonomé ou même dans les ruines du quartier de Panama viejo à Panama city.

Brassavola nodosa est une espèce tolérante très largement répandue du Mexique au Brésil que l'on rencontre aussi bien lithophyte qu'épiphyte. Avec ses feuilles teretes, elle s'apparente à une plante succulente et supporte des conditions climatiques extrêmes ainsi qu'une certaine salinité de son environnement puisqu'on la retrouve en bord de mer à quelques mètres de l'eau salée parmi la végétation côtière balayées par les embruns marins.


L'espèce est aussi remarquable par son puissant et délicieux parfum qu'elle délivre à la tombée de la nuit.

Brassavola-nodosa.jpg



   
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Anacheilum crassilabia

synonyme : anciennement Encyclia, Epidendrum ou Prosthechea vespa

Encore une espèce largement répandue dans presque toute l'Amérique tropicale puisqu'on la rencontre du Costa-Rica au Pérou ainsi que dans les Antilles, à Cuba et dans les Guyanes.

Les formes rencontrées ici au Panama ont des plantes aux pseudobulbes courts et aux fleurs magnifiquement colorées et maculées comparé aux spécimens que j'ai pu rencontrer en Equateur aux pseudobulbes plus allongés, aux fleurs plus petites et légèrement pointillées. Epiphyte comme lithophyte, elle se rencontre aussi bien dans des zones préservées que dégradées.
 

Anacheilium crassilabium Anacheilium crassilabium

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Brassia arcuigera

synonyme : Brassia longissima

Impressionnante par la taille de ses sépales qui atteignent la trentaine de centimètres, nous avons pu observer avec émerveillement ce magnifique spécimen de Brassia arcuigera en fleur. Bercées par la brise, ses longs sépales confèrent une grâce et  une élégance unique à cette espèce. Un véritable joyaux de la nature qui dans son élément prend toute sa dimension !
   
Brassia arcuigera 2
Brassia arcuigera
   

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Maxillaria brunnea

Maxillaria brunnea est commune et se rencontre encore abondamment dans ses stations puisque ses fleurs de petites tailles en comparaison à ses larges pseudobulbes ont suscité peu d'émois chez les collectionneurs. L'espèce a été rencontrée dans les environs d'El Valle en zone dégradée et lumineuse mais aussi à El Copé en forêt primaire en bordure de torrent de montagne, à l'ombre et dans un environnement très humide. L'espèce semble donc très tolérante.
     
       Maxillaria brunnea 2
Maxillaria brunnea 1
        Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif
 
Maxillaria uncata

Un joli Maxillaria rencontré dans la région d'El Valle, ses fleurs étaient constamment visitées par son pollinisateur, Trigona fulviventris, une petite abeille qui s'engouffre jusqu'à la gorge du labelle à la recherche de la résine sécrétée par la fleur. Forçant l'accès, il provoque quelquefois la rupture de ce dernier.

Maxillaria uncata 1


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Masdevalia collina

Masdevalia chontalensis est l'espèce la plus commune, elle se rencontre abondamment dans les zones les plus humides et partage son habitat avec une autre espèce, Masdevallia collina, plus rare que l'on aperçoit ici avec son pollinisateur, le petit moucheron aux yeux rouges sur la photo.

       
Masdevallia-collina-2.jpg

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Habenaria monorrhiza       

C
ontinuons avec quelques terrestres.
 
Habenaria monorrhiza est une espèce très commune et largement répandue du Mexique au Pérou et dans les Antilles. Ici, elle se rencontre au bord des routes, le long des talus herbeux saturés en eau.


Habenaria-monorrhiza-copie-1.jpg
       
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Liparis nervosa

Le genre est largement répandu dans les zones tropicales du monde entier avec quelques 250 espèces le plus souvent terrestres mais ce genre est peu représenté au Panama avec seulement 5 espèces. 

Liparis nervosa se rencontre dans les environs d'El Valle aussi bien en pleine terre dans les zones dégagées que dans l'humus des fissures rocheuses.

Liparis-nervosa-copie-1.jpg

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Utricularia endresii

Pour terminer, voici une très jolie plante carnivore que l'on rencontre aussi bien épiphyte que lithophyte souvent parmi les mousses et les orchidées comme sur cette vidéo en compagnie de Masdevalia chontalensis.

Utricularia endresii
 


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Cerro Gaital

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Textes, vidéos et photos par Edouard, Rosabel, Fernand FARIA et Jean-Luc RUBRECHT. Toute utilisation et reproduction sans autorisation préalable est interdite.

 

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 15:57

  Bonsoir,
 
Avec 3,3 millions d'habitants sur 75 640 km2 coincés entre l'Amérique du Sud et l'Amérique Central, le Panama est ce petit isthme qui relie à la fois les deux Amériques et les deux plus vastes océans, l'Atlantique et le Pacifique. La construction d'un canal au XXème siècle permettant le transit de marchandises d'un océan à l'autre sans avoir à faire de détour par le cap Horn a renforcé la position géopolitique stratégique de ce pays. 

    Map-Panama-4.jpg
 
Ce canal forme  une ligne de séparation du pays avec à l'est, le Darién puis la Colombie qu'aucune route carrossable ne permet  d'atteindre et à l'ouest, la cordillère de Talamanca, une chaîne de montagne qui s'étend jusqu'au Costa-Rica.
                
    Canal-de-Panama.jpg
C'est le long de cette cordillère que mon père Fernand, ma femme Rosabel, Jean-Luc, un ami et moi-même sommes parti explorer quelques coins de forêt primaire à la recherche des orchidées panaméennes et plus particulièrement de la dizaine d'espèce de Stanhopea qui se concentre ici. 
 
Bien que de petite taille, ce pays qui reste accessible est une mine d'or pour l'amateur d'orchidées. En effet, pas moins de 1200 espèces se rencontrent sur ce territoire sept fois plus petit que la France qui offre encore de nombreuses zones préservées.
 
L'orchidée phare du pays est sans doute Peristeria elata, élevée au rang de fleur nationale, surnommée l'orchidée colombe ou encore "flor de l'Espirito Santo". Cette Stanhopeinae n'est pas une exception, cette sous-tribu est très bien représentée au Panama avec des espèces dans presque tous ses genres. Les espèces de Stanhopea, Gongora, Houlletia, Coelliopsis, Acineta, Coryanthes, Paphinia, Polycycnis, Sievekingia, Trevoria, Lacaena, Kegelellia et Peristeria hantent les forêts de ce pays qui devient ainsi un paradis pour les amoureux de cette sous-tribu aux fleurs étranges et animales, dotées de fragrances ensorcelantes.
   
intro.jpg     
Mais d'autres grandes sous-tribu sont également omniprésentes, les espèces de Pleurothallidinae, Laellinae, Oncidiinae et Maxillariiinae sont innombrables et l'on peut citer les plus remarquables par leur beauté comme Cattleya dowiana, Encyclia cordigera et prismatocarpa, Miltoniopsis roezliiBrassia arcuigera, Psychopsis krameriana, Rossioglossum schlieperianum et bien d'autres encore...  mais réduire les orchidées panaméennes à ces quelques espèces serait se priver des merveilles que la multitude des espèces miniatures ou terrestres ont à nous révéler.
  
  Encyclia-prismatocarpa-2.jpg
Sans plus attendre, je vous propose d'appréhender l'orchidoflore de ce pays par la découverte d'une première station, le Cerro Jefe, une montagne située à la limite sud du Parc national Chagres au sommet particulièrement riche en orchidées et broméliacées.
 
    Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif         
DECOUVERTE DU CERRO JEFE

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Le Cerro Jefe est le point culminant du parc national Chagres. A 1007 mètres d'altitude, il est recouvert d'une vieille forêt primaire composée d'arbustes ne dépassant pas quelques mètres de haut et de palmiers Colpothrinax cookii dominant la végétation. 
 
Cette zone concentre 143 des 1230 végétaux endémiques au Panama dont 5 espèces d'orchidées. Les oiseaux, scarabées, papillons et autres insectes sont aussi nombreux et attirent bon nombre de naturaliste qui viennent ici, à seulement une cinquantaine de Panama City, assouvir leur passion malgré la route accidentée imposant le 4x4 pour gravir les derniers kilomètres qui mènent au sommet.
     Foret-du-sommet-2.jpg


Les orchidées sont ici très nombreuses, et il serait difficile de vous présenter une liste exhaustive de toutes les espèces qui se concentrent ici après une simple et unique visite. Je me contenterai de vous présenter quelques-unes des espèces que nous avons pu apercevoir en fleur ou qui ont simplement retenues notre attention. Notons cependant la présence d'espèces rares comme Otoglossum chiriquense et Dresslera pertusa, endémique à cette station.
 
  Guzmania musaica
     
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LAELIINAE :
 
Encyclia oncidioides

synonyme :
 Encyclia gravida, Encyclia oncidioides var. gravidum  

Un Encyclia de la section des Encyclia dont la taxonomie demanderait des études plus approfondie. Avec les lobes latéraux du labelle parallèles à la colonne et les petites protubérances verruqueuses au niveau de l'ovaire, les spécimens observés au Cerro Jefe correspondent à la description d'Encyclia gravida par DRESSLER dans son  livre 'Field Guide of The orchids of Costa-Rica and Panama' mais Encyclia gravida est aujourd'hui considéré comme synonyme de Encyclia oncidioides.

 

Cependant, Encyclia oncidioides est une espèce présentant une morphologie et une écologie bien différentes de la population d'Encyclia du Cerro Jefe. Morphologiquement, ses lobes latéraux sont recurvés, divergeant à leur apex et de plus grande dimension.  Ecologiquement,  elle colonise les zones côtières du Mexique au Brésil comme les restingas brésiliennes, maquis en bordure de mer à même le sable composé de cactées, arbustes et de quelques orchidées résistantes à des conditions de chaleur extrême alors que le climat du Cerro Jefe est tempérée, venteux, proche de celui des forêts de brumes andines de moyenne altitude.

Je ne suis pas convaincu que toutes les formes actuellement considérées comme Encyclia oncidioides peuvent être ainsi regroupées sous ce taxon, des différences morphologiques comme écologique importantes sont flagrantes et une reconsidération de ce complexe d'Encyclia est à mon sens indispensable.


Passées toutes ces considérations taxonomiques, elle n'en demeure pas moins ravissantes...

Encyclia-gravida_2.jpg   Encyclia-oncidioides_2.jpg

     
   

Oerstedella wallisii
 
synonyme : Epidendrum wallisii
 
Une des plus belles espèces du genre, Oerstedella wallisii se rencontre ici abondamment au sommet du Cerro Jefe mais elle reste peu commune au Panama.
 
Ses fleurs, durables et de bonne texture, présentent des pétales et sépales d'un jaune franc pointillés de mauve presque noir et son labelle, quadrilobé, blanc, marqué de stries mauves plus ou moins épaisses, contraste à merveille. L'espèce est peu variable, seuls le nombre de macule et l'intensité des stries du labelle varient comme le montre les photos suivantes.

Epiphyte, les plantes se développent sur des branches moussues bénéficiant d'une bonne luminosité.
          Oerstedella_wallisii_3.jpg    Oerstedella wallisii habitat    

Scaphyglottis panamensis
       
Espèce la plus abondante du genre au sommet du Cerro Jefe, Scaphyglottis panamensis se distingue par son labelle blanc, trilobé et légèrement émarginé à l'apex du lobe médian.  D'autres espèces du genre, Scaphyglottis longicaulis, robusta et chlorantha, sont également présentent dans ce même biotope.

Scaphyglottis-panamensis.jpg
     
                
      Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif

MAXILLARIINAE :

Eriopsis biloba

Une espèce largement répandue que l'on rencontre depuis le Pérou jusqu'au Costa-Rica et qui forme de très belles inflorescences, racèmes, portant de nombreuses fleurs éparses de taille moyennes vivement colorées dans les tons orangés. Malheureusement nous n'avons pas rencontré de spécimens en fleur.
 
Les populations de cette espèce sont le plus souvent terrestre comme sur les Tepuis vénézueliens mais elle se rencontre aussi épiphyte comme ici où elle forme de larges plantes accrochées aux fins troncs des arbres à 1 ou 2 mètres du sol. Ses pseudobulbes groupés, ovoïdes, vert foncé/grisâtre et rugueux permettent de l'identifier même sans floraison.
 
Cette morphologie des pseudobulbes est variable selon les populations, les plantes que j'ai pu rencontrer jusqu'ici avaient des pseudobulbes coniques et allongés d'une vingtaine de centimètre mais  cette variabilité ne semble s'appliquer qu'aux plantes et aux inflorescences, plus ou moins grandes et fournies. En effet les fleurs semblent rester identiques.
 
Une étude des différences morphologiques entre les populations serait intéressante.
 
Eriopsis biloba

    Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif

SOBRALIINAE :  

Sobralia fenzliana

Les Sobralias et leurs cousins les Elleanthus sont bien représentés, de nombreuses espèces des deux genres se rencontrent mais celle-ci a particulièrement retenu notre attention. En effet, la singularité de cette espèce provient de sa plante qui ne porte que trois ou quatre larges feuilles alternées, elliptiques et fortement nervurées au bout de ses cannes alors que les espèces de ce genre présentent classiquement des feuilles depuis la base des cannes.
   
  Soralia-fenzliana.jpg
 
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PLEUROTHALLIDINAE :
   
Dresslerella pertusa

Au risque de briser l'image de l'orchidée aux fleurs immenses, immaculées et éternelles, je vous présente ce Dresslerella pertusa qui balaye d'un coup le mythe de l'orchidée. Et oui ! Il s'agit bien d'une orchidée de la grande famille des Pleurothallidinae ! Mais où sont les pétales flamboyant, les sépales et autres labelles contrastées que l'on nous apprend si bien dans les livres me direz-vous ? et bien non, cela ne suffit plus... bien des espèces se sont radicalement marginalisées, vive l'évolution !

Ce Dresslerella pertusa a tout de même une des caractéristiques du mythe puisqu'il est extrêmement rare au point que le Cerro jefe est la seule station connue abritant cette espèce.      
Ses fleurs sont mauves, presque noires, tubulaires, aux sépales unies ne laissant qu'une petite ouverture à leur apex. 

Dresslerella pertusa 2Dresslerella pertusa 1

Pleurothallis excavata

  
synonyme : Pleurothallis imago

Un petit Pleurothallis ravissant de la section macrophyllae-fasciculatae, aux fleurs non résupinées qui se caractérisent par les petites papilles du sépale dorsal et un synsépale concave (fusion des deux sépales latéraux comme chez les Paphiopédilums). Les spécimens du Cerro Jefe présentent tous une coloration dans les tons orangés mais il existe aussi des formes aux tons violacés, originaire du Costa-Rica, ayant servi à l'établissement du type de l'espèce.

      Pleurothalis-excavata-3.jpg Pleurothalis excavata 1   
Acostaea costaricensis

Un genre qui se caractérise par son processus de fécondation unique chez les Pleurothallidinae puisque l'insecte pollinisateur est attrapé temporairement au contact du labelle qui bascule, le plaquant contre la colonne et les organes reproducteurs le temps de la fécondation pour enfin être libérer. Décidemment, ces miniatures sont loin d'être dénuées d'intérêt !

Seule espèce du genre au Panama, Acostaea costaricensis est présente ici sur les branchettes moussues des arbustes à proximité du sol.

Acostaea costaricensis

    Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif

STANHOPEINAE :

Le Cerro Jefe et sa région sont pauvres en Stanhopeinae, seuls Gongora tricolor et Stanhopea costaricensis sont reportés de la zone par G. GERLACH mais à des altitudes plus basse, autour de 700 m, dans la région de altos de Pacora. Après quelques recherches, nous avons tout de même rencontré un pied de Stanhopea, sans doute Stanhopea costaricensis donc, à des altitudes plus basses également à hauteur du Cerro Azul. Le biotope est alors déjà très différent du sommet, une forêt mature et dense abritant des arbres d'une trentaine de mètres est établit. Cette zone intermédiaire est moins riche en espèce d'orchidées que le sommet et l'on y rencontre des espèces plus chaudes comme des Catasetinae ainsi que Epidendrum nocturnum.

Le Stanhopea a été rencontré dans une zone dégradée sur le tronc d'un arbre isolé bénéficiant d'un bon ensoleillement à quelques mètres du sol.

Stanhopea costariscensis
     
Voilà pour cette première sortie au Panama qui n'a été que les prémices des découvertes fabuleuses qui ont rythmées les trois semaines passées dans ce très beau pays. A bientôt donc.

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Textes et photos par Edouard FARIA et Jean-Luc RUBRECHT . Toute utilisation et reproduction sans autorisation préalable est interdite.

 

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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 15:06

     Bonsoir,
 
Quelques photos des floraisons de cette année qui m'ont le plus marquées.
 
L'année fut excellente pour les Dendrobiums, les Stanhopeas et les Phragmipediums. En revanche, les Paphiopedilums ont moins fleurit que d'habitude même si P. rotschildianum  a été enfin de la partie et a fleuri pour la première fois. Plus de 15 ans que l'on attendait ça... au rythme de croissance d'une feuille par an, on l'avait presque oublié....
 
Phragmipedium caudatum nous a aussi bluffé avec ses pétales de plus de 50 cm.... et P. pearcei, difficile à faire fleurir et à conserver en culture, a aussi récompensé notre patience avec plusieurs fleurs ravissantes, très finement dessinées.
 
Enfin Acineta superba a enfin daigné aller jusqu'au bout de sa floraison, la plante avortait systématiquement les années précédentes...
 
 Acineta superba


Aerides houlletiana
 
Cet Aerides fut une de mes premières acquisition en 1992 alors que je n'avais encore que 11 ans. Elle a survécu ces 20 années en nous offrant régulièrement de belles floraisons printanières au parfum citronné.

Aerides houlletiana
       
   
Catasetum pileatum 'Imperial'
 
Cette espèce a été jusqu'en 1921 la fleur nationale du Venezuela puis Cattleya mossiae lui a volé ce titre.
 
C. pileatum varie peu morphologiquement mais présente une large palette de coloration du blanc au rouge en passant par des formes vertes ou jaunes.
 
Cette forme aux fleurs rouges, également dénommée C. pileatum 'Pierre Couret' ou pileatum Imperialis,  est quasi éteinte dans son habitat et rare dans les collections.   
      
        Catasetum-pileatum--Imperial-_3.jpg    Catasetum-pileatum-Imperial_2.jpg
 
          
Cattleya skinnerii
   
Un Cattleya originaire d'Amérique centrale que l'on retrouve du sud du Mexique jusqu'au Panama. Fleur nationale du Costa-Rica.

Acquise il y a quelques années en petite plante, elle fleurit à présent chaque année toujours plus abondamment.
 
 
Cattelya skinneri        
 
Cattleya intermedia var. orlata

Cette forme de C. intermedia se caractérise par l'extension de la coloration pourpre du lobe médian du labelle aux deux lobes latéraux.
 
Comme les autres formes de Cattleya intermedia, elle se cultive aisément et fleurit abondamment.
 
 
Cattleya aquinii var orlata
 
 
Cattleya gigas
 
synonyme : Cattleya warscewiczii
 
Un Cattleya originaire des Andes colombiennes qui se distingue par la taille de ses fleurs (>18cm) et le nombre de fleur que peut contenir une hampe (jusqu'à 8) formant de magnifiques bouquets.

Première floraison pour cette plante acquise toute petite il y a quelques années, elle a tenu ses promesses en nous offrant 4 magnifiques fleurs. Affaire à suivre...
 
 
 
Cattleya gigas
 
 
Cattleya loddigesii

Un très beau Cattleya bifolié brésilien que les producteurs du même pays ont su amélioré la qualité ornemental en croisant les meilleurs clones en termes de forme, texture et coloration des fleurs. Acquise petite, cette plante fleurit à présent abondamment chaque année.
 Cattleya loddigesii
 
     
Cattleya mossiae
 
Un Cattleya magnifique qui nous vient des Andes vénézuéliennes où on le rencontre au fond des vallées, la coloration de son labelle varie presque à l'infini et il n'existe pas deux plantes identiques.

Les quelques clones que nous possédons fleurissent abondamment et offrent de magnifiques bouquets de fleurs au printemps. Une floraison attendue chaque année. Cliquez ici pour accéder à un article qui leur est consacré. 
 

Cattleya mossiae
       
 
Cirrhaea nasuta
 
Une espèce du genre Cirrhaea  originaire de l'état de l'Espirito Santo au Brésil rarement vue dans les collections.
 
Son appellation 'nasuta' fait référence à la protubérance du labelle (en blanc ici) qui rappelle un nez et qui permet de la distinguer des autres espèces du genre.
 
On rencontre principalement deux formes, une forme claire aux sépales jaunâtres et aux pétales et labelle blanchâtres comme ci-dessous, ainsi qu'une forme plus colorée aux pétales et labelle rougeâtre.
 
L'espèce est florifère, notre plante fleurit abondamment chaque année à condition de bien l'arroser.
 
Cirrhaea nasuta
 
       
Cycnoches loddigesii

Une espèce remarquable aux grandes fleurs parfumées, non résupinées, originaire des régions chaudes d'Amérique Centrale et du Sud. Dioïque comme tous les Catasinae, ses inflorescences sont le plus souvent mâles.

Les Cycnoches se rencontrent de plus en plus à la vente et donc aussi dans les collections mais elles restent difficile à maintenir car ne produisant qu'une seule pousse par an, elles ne forment pas de gros spécimens et la moindre erreur de culture peut leur être fatal (Attention aux excès d'arrosage et aux températures trop fraîches).

En effet, comme ses cousins les Catasetums, certaines espèces demandent des saisons de sécheresse et d'autres pas. Il est donc primordial de bien se renseigner sur les conditions de culture et il est préférable de cultiver des plantes issues de semis, habituées depuis toute jeune à nos conditions de culture en serre, que des plantes collectées dans la nature qui auront plus de difficultés à s'adapter.

Toute tentative de reproduction végétative est également à proscrire, la plante ne s'en remet pas et le rempotage est à éviter ou alors, il s'opère lors du démarrage des nouvelles racines.

Nous avons acquis cette plante, il y a environ deux ans environs et elle fleurit pour la deuxième fois nous offrant trois magnifiques fleurs.


Cycnoches loddigesii
 
Cymbidium tigrinum 
 
Faisons un petit détour par l'Asie avec Cymbidium tigrinum, une espèce du genre dont la plante ne dépasse 25-30 cm et qui offre de folies fleurs. La plante a vite formé un beau spécimen produisant plusieurs inflorescences chaque année.
 
 
Cymbidium tigrinum
   
 
Epidendrum pseudepidenrum
 
Une espèce singulière par la coloration de ses fleurs et le contraste du vert des pétales et sépales et l'orange du labelle. Originaire du Costa-Rica et du Panama, on rencontre différentes formes aux colorations plus ou moins intenses.
  
Culture facile dans un pot en terre cuite pour contrebalancer le poids des longues cannes qui atteignent facilement un mètre.

Epidendrum pseudepidendrum
   


Gongora sanderiana

Un de mes Gongora préféré, aux fleurs délicieusement parfumées.

Originaire des Andes péruviennes, équatorienne et colombiennes, ce Gongora est moins prolifique que les autres espèces du genre et demande une attention particulière pour le maintenir en culture. En effet, il ne produit qu'une seule pousse par an et il faut donc veiller à ce qu'un excès d'arrosage ou un coup de froid ne vienne ruiner la saison et mettre en péril la plante. Floraison estivale.
       
Gongora sanderiana

 

 

           
Laelia purpurata


Fleur nationale du Brésil, Laelia purpurata ne peut laisser indifférent... et la foison de forme et de colorations différentes en font un mythe. Au Brésil et sans doute ailleurs aussi, certains collectionneurs ne se consacrent qu'à cette espèce et à ses déclinaisons.
 
C'est une plante de culture facile tolérant des températures assez fraîches et fleurissant aux mois de juin-juillet dans l'hémisphère nord.
 
Différentes formes s'épanouissent année après année dans la serre et je crois qu'elle mérite un article à elle seule... pour bientôt donc.

Laelia purpurata

Laelia tenebrosa

Ce Laelia ne bénéficie pas du même aura que Laelia purpurata mais il est tout aussi spectaculaire. La coloration cuivrée de ses sépales et pétales se marient à la perfection avec le pourpre du labelle et ses fleurs, bien étalées, atteignent près de 20 cm. Contrairement à Laelia purpurata, ce taxon présente peu de variations et seul l'intensité des couleurs varie légèrement.

Originaire de l'état de l'Espirito Santo au Brésil, il ne se rencontre plus dans son habitat transformé en pâturage ou en champs de café.

Notre plante a une trentaine d'année aujourd'hui et fleurit régulièrement. Cette année, elle a encore offert 3 magnifiques fleurs.

Laelia tenebrosa

 
Paphiopedilum Iantha Stage ( P. rotschildianum x P. sukhakulii )

 

Un hybride primaire réussit qui allie le prolifique de P. sukhakulii à la majestuosité de P. rotschildianum. Le résultat est un Paphiopédilum multifloral, plus florifère et facile à cultiver que P. rotschildianum, avec des sépales et un sabot qui rappelle P. rotschilidianum et des pétales mouchetés typiques de P. sukhakulii.

Acquise il y a une dizaine d'année, la plante fleurit tous les 3 ans environ.
   

Paphiopedilum Iantha Stage

   

Paphiopedilum rotschildianum

 

Le roi des rois, l'espèce du genre sans doute la plus recherché qui atteignait des sommes exorbitantes il y a une trentaine d'années.
 
Aujourd'hui largement démocratisée et accessible grâce aux méthodes de reproduction moderne, elle n'en reste pas moins une espèce à croissance lente, difficile à mener jusqu'à floraison et fleurissant tous les 3 à 5 ans une fois adulte... et toute plante libellée "P. rotschildianum" à croissance rapide est sans doute un hybride primaire avec un autre multifloral comme P. philippinense (P. Saint Swithin) ou P. stonei (P. Lady Isabel) plus robustes,  plus prolifiques et plus florifères que les espèces.
 
Le nôtre a mis une quinzaine d'année à fleurir et contrairement aux Paphiopédilums aux feuilles marbrés qui apprécient l'ombre, il a accéléré sa croissance lorsqu'il a été placé dans la serre avec les Cattleya bénéficiant alors d'une forte luminosité et d'une température élevée en journée.

Un bon indicateur est la coloration de ses feuilles qui doit être d'un vert claire signifiant que la plante reçoit suffisamment de lumière (une plante produit moins de chlorophylle lorsqu'elle est plus exposée à la lumière pour synthétiser une même quantité d'énergie).

Paphiopedilum rotschildianum
 

Pescatorea klabachorum

Une acquisition récente auprès de Ecuagenera en tant que P. lehmanii et qui s'avère finalement être P. klabachorum.
     
Une première floraison donc pour cette espèce qui ne semble pas présenter de difficultés de culture particulière.
Pescatorea klabachorum
 
 Phragmipedium caudatum
 
Les Phragmipediums ont très bien fonctionné cette année avec, en plus des floraisons habituels, la floraison des espèces caudatum et pearcei et d'un hybride wallisii x pearcei
 
Commençons par caudatum, une espèce dont les pétales atteignent plusieurs dizaines de centimètres. La plante, acquise il y a deux ans lors d'une exposition en Allemagne, a fleurit pour la première fois et formée deux belles fleurs, bien colorées, aux pétales de plus de cinquante cm.
 
Cette espèce forme rapidement de beaux spécimens, on espère donc qu'elle continue sur cette lancée...

Phragmipedium caudatum 
Phragmipedium pearcei et pearcei x wallisii

Première floraison P. pearcei qui peut former de gros spécimens en culture sans jamais fleurir...
 
Il s'agit d'une des plus petites espèces du genre, originaire d'Equateur où elle se développe en bordure de rivières dans des zones sursaturées en eau ce qui impose certaines conditions de culture pour la réussir.

Ces fleurs sont de vrais petits bijoux, finement dessinées. On retrouve ses caractéristiques dans son hybride avec P. wallisii dont le résultat est un Phragmipedium proche de P. pearcei mais plus tolérant avec des fleurs plus grandes et surtout des pétales plus allongés.

Phragmipedium pearcei
      Phragmipedium-pearcei-x-walisii.jpg
 
 
Rossioglossum williamsianum
       
Rossioglossum williamsianum est originaire du Mexique et du Guatemala et se rencontre peu dans les collections contemporaines où Rossioglossum grande et le croisement des deux espèces  R. Rawdon Jester rencontrent plus de succès.

A première vue, R. williamsianum ne semble pas si différent que R. grande et les photos ne mettent pas en évidence leurs différences, en effet la coloration et les motifs des fleurs étant identiques, la distinction des deux espèces demande à visualiser les plantes réellement.
       
R. williamsianum présente des fleurs plus petites entre 10 et 12 cm contre 15 à 17cm pour R. grande et ces hampes florales sont deux fois plus longues. Elles portent jusqu'à une dizaine de fleurs contre 3 à 5 pour R. grande. Les labelles sont également légèrement différents, celui de R. grande est arrondi, étalé, d'un blanc contrastant avec le reste de la fleur alors que celui de R. williamsianum reste jaunâtre, recurvé a sa base. Les pétales sont aussi plus obovales chez R. williamsianum que chez R. grande, aux pétales plus allongés.
     
La culture est également différente, R. williamsianum demande moins d'arrosage et une période de repos plus prononcée, il fleurit en été alors que R. grande fleurit à la fin de l'automne ou au début de l'hiver.
   
Rossioglossum-williamsianum.jpg
   

Thunia marshalliana

Une belle terrestre aux feuilles caduques, ses cannes se forment rapidement au printemps en 2 ou 3 mois pour fleurir au mois de juin puis les feuilles tombent en automne et la plante entre dans un repos qui durera tout l'hiver.
 
Notre plante forme à présent au bout de 20 ans un beau pied de plusieurs cannes formant de nombreuses grappes de fleurs chaque année.
    

Thunia marshalliana

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Published by Edouard - dans Dans la serre...
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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 08:20
   
     Bonsoir,
 
Dernier chapitre sur la Nouvelle-Calédonie pour cette année... je vous emmène dans le massif des Koghis à seulement une demi-heure de Nouméa. C'est un site exceptionnel que je ne manque pas d'explorer à chaque fois que je viens en Nouvelle - Calédonie et les découvertes ne cessent de s'accumuler depuis ma première venue en avril 2010. Magie des paysages et des couleurs, sentiers escarpées dans les pierriers, forêt primaire et embrumées, le tout saupoudré de quelques 66 espèces d'orchidées, il y a de quoi ravir tout orchidophile ou amoureux d'espaces sauvages en manque de sensation !!!
           Photo Paysage
 
Au-delà du nombre impressionnant d'espèces, c'est surtout l'extravagance des espèces rencontrées qui confère à ces montagnes un intérêt particulier en redéfinissant l'orchidée. Ici, il est difficile de décrire en quelques mots cette vaste famille tant les espèces sont différentes l'une de l'autre et le non-initié, même orchidophile, risque de traverser ces montagnes en ratant bien des rencontres.
 
Certaines espèces sont minuscules comme Drymoanthus minimus,  Bulbophyllum absconditum  ou Acianthus elegans, d'autres sont géantes comme Cannaeorchis deplanchei ou Megastylis latissima, une terrestre dont l'inflorescence dépassent aisément les 2 mètres. On rencontre également des espèces aphylles (espèces dépourvues de feuilles et dont les racines synthétisent la lumière), Clematepistephium smilacifolium, une mystérieuse et méconnue orchidée liane atteignant plusieurs mètres ou encore Pachyplectron neocaledonica, une espèce qui a opté pour une stratégie de camouflage en imitant à la perfection les feuilles mortes tombées au sol.
 
Enfin, ces forêts sont le royaume du magnifique Dendrobium munificum, où l'on rencontre ici les plus beaux spécimens. Ah !!! et j'oubliais... ces montagnes abritent aussi quelques spécimens de Taurantha ophioglossa aux fleurs striées d'un rouge écarlate remarquable, une variation de l'espèce uniquement observée ici en Nouvelle-Calédonie. 
 
Avant de détailler ces petites merveilles et d'en établir la liste, commençons par décrire sommairement les lieux....
     Photo-Paysage-3.jpg
 
Le massif des Koghis est composé de 3 sommets, le mont Moné, le mont Bouot et le pic Malaoui.
 
Le pic Malaoui culmine à 652 mètres d'altitude et domine Nouméa. Appelé communément Chapeau du Gendarme, il se distingue aisément par sa roche à nue et sa plus faible altitude que celles des monts Bouot ou Moné. Ses versants sont composés de forêt à Niaoulis ou de maquis et son ascension est la randonnée favorite des calédoniens qui viennent au petit matin y boire leur café en profitant du magnifique panorama sur Nouméa et son arrière-pays.
 
Le mont Bouot culmine pour sa part à 1054 mètres d'altitudes. Il est recouvert d'une forêt basse, ouverte et très humide. La brume envahie quotidiennement son sommet et même par grand beau temps, de la brume se forme en fin de journée. Ce microclimat permet le développement d'un biotope unique et d'une richesse exceptionnelle.
 
De nombreuses espèces d'orchidées n'apparaissent qu'ici au sein du massif et certaines d'entre elles ne se rencontrent que sur l'un ou l'autre autre sommet de l'île aux conditions climatiques similaires.
 
Végétation sommet
 
Le mont Moné est quant à lui recouvert de maquis rabougris et de quelques  Araucarias muelleri isolés et majestueux. Culminant à 1075 mètres d'altitudes, il constitue le plus haut sommet du massif. Son accès par son flanc sud est difficile, la pente est très raide et glissante, surtout en descente et par temps de pluie.
 
Végétation du mont moné
 
Les crêtes sont composées d'une ligne rocheuse recouverte soit de maquis, soit d'une forêt basse composée d'arbustes abritant de nombreuses espèces d'orchidées.
 
Les versants du massif sont quant à eux recouverts d'une magnifique forêt tropicale bien fournies en banians étrangleurs, kaoris et fougères arborescentes dépassant souvent les 20 mètres. Quelques versants sont recouverts de maquis  ou par des formations ouvertes dominées par les niaoulis comme sur le versant sud du Moné ou du pic Malaoui.
 
 Chemin le long des crêtes
 
Mieux que ces quelques lignes et ces photos et avant d'aborder les espèces plus en détails, je vous propose ce petit montage vidéo qui retraduit l'atmosphère et l'ambiance de cette contrée aux humeurs changeantes. 


Revenons à présent sur ces quelques espèces aussi méconnues que ravissantes et originales et commençons par le genre Acianthus qui est particulièrement bien représenté ici avec 6 des 8 espèces calédoniennes, Acianthus atepalus, A. confusus, A. cymbalariifolius, A. elegans, A. tenellus et A.veillonis.

Acianthus elegans

Acianthus elegans est l'espèce d'Acianthus la plus commune ici. Elle se rencontre à toutes les altitudes et elle abonde particulièrement le long des crêtes rocheuses profitant du moindre cumul d'humus pour s'établir dans les fissures des roches. La plante est très discrète, frêle et ne dépasse pas la douzaine de centimètres. Les fleurs, de 2 à 3mm, s'ouvrent successivement le long d'une tige rougeâtre portant une feuille unie.
     
Acianthus elegans

Acianthus confusus, cymbalariifolius et tenellus

Ces trois espèces sont moins communes que la précédente et se rencontre entre 500 et 600 mètres partageant toutes le même habitat et fleurissant simultanément sans s'hybrider.

Acianthus confusus se rapproche de A. elegans aussi bien par sa fleur que par sa plante de mais ces fleurs sont plus grandes et son labelle est plus larges et bien étalé. Sa plante est plus robuste que A. elegans, particulièrement frêle.

Les deux autres espèces sont peu communes ici, même rares. A. cymbalariifolius possède sans doute les fleurs les plus attrayantes des Acianthus calédoniens avec des fleurs colorées de 3 cm d'envergure. L'espèce, plutôt rare ici, est abondante dans des stations du sud comme au Pic des Pins.

Enfin, Acianthus tenellus est remarquable par son large labelle à la fois strié de rouge et transparent. Espèce endémique et rare sur l'ensemble du territoire, seuls quelques spécimens ont été observés ici dans les Koghis.
 
Acianthus-species.jpg 
  
Pachyplectron neocaledonica
 
Le genre Pachyplectron est endémique à la Nouvelle-Calédonie et se décline en deux espèces, Pachyplectron neocaledonica et P. arifolium. Unique dans la famille des orchidées, ce genre se caractérise par sa stratégie de camouflage par mimétisme des feuilles mortes tombées au sol.
 
L'espèce neocaledonica est particulièrement abondante ici dans les Koghis, P. arifolium est plus rare et je n'en ai rencontré que quelques spécimens dans une station de l'extrême sud de l'île.
 
Pachyplectron neocaledonica produit une feuille aux teintes vertes ou marrons. Cette particularité est d'ordre génétique et indépendante de facteurs extérieurs puisque des spécimens aux feuilles vertes comme marrons se développent côte à côte partageant le même sol, le même ensoleillement ainsi que le même tapis de feuilles mortes.
 
La plante produit une feuille à la fois jusqu'à ce que suffisamment forte, elle fleurisse. L'ancienne feuille se désintègre en se desséchant, se recroquevillant et en adoptant des teintes plus sombres à la manière d'une feuille tombée au sol se désintégrant naturellement... le mimétisme est parfait.
 
A noter que la plante peut fleurir sans que la plante ne soit pourvue de feuille.
 
Pach.jpg
 
 
  Pachyplectron-neocaledonicum-verts-et-marrons-2.jpg 
 
Les hampes florales sont robustes, pubescentes, hautes d'environ cinquante cm. Les fleurs, au nombre de 4 à 15 par hampe, sont pourvues d'un éperon court vivement coloré à sa gorge et recouvert d'un casque, formé du sépale dorsal et des pétales, restreignant l'accès aux pollens.
 
La coloration de la hampe et des fleurs est liée à la pigmentation dominante de la plante. Ainsi les spécimens aux feuilles foncées ont des inflorescences aux tiges marrons et la coloration de la gorge de l'éperon est d'un rouge/orange foncé alors que les spécimens à dominante verte ont des hampes tout aussi vertes avec une coloration brunâtre de la gorge de l'éperon. Les photos ci-dessous présentent les inflorescences des deux formes. 
 
    Pachyplectron neocaledonicum 2
 
 
Gonatostylis vieillardii
     
Je reviens encore une fois sur cette espèce au très joli feuillage en étoile et qui forme ici de belles colonies. La plupart des spécimens des Koghis ont un feuillage vert surtout les colonies en altitude où l'espèce est particulièrement abondante mais quelques spécimens aux feuilles marrons se rencontrent aussi ici mais à plus basse altitude, vers 600 mètres.
 
    Gonatostylis-vieillardii-2.jpg
 
 
Les colonies du mont Bouot souffrent des rats qui dévorent les inflorescences et empêchent ainsi tout renouvellement de la population puisque aucune reproduction asexuée n'est possible pour cette espèce.
 
Alors que j'observais avec stupéfaction les tiges sectionnées sur l'ensemble des plantes, j'ai eu droit à la visite d'un rat et j'ai ainsi rapidement fais le lien... . La Direction de l'Environnement a été prévenue pour procéder à une dératisation de la zone. En effet, elle abrite non-seulement Gonatostylis vieillardi mais aussi beaucoup d'autres espèces d'orchidées rares comme Acianthus atepalus ou Coilochilus neocaledonicum qui ne se rencontrent qu'au sommet du Bouot et quelques autres stations de l'île.
 
J'ai pu observer un phénomène similaire sur une des plus vastes populations de Stanhopea hernandezii au Mexique où seuls des spécimens âgés de plus de 5 ans peuplaient les rochers et aucune jeune plante ni fécondation n'étaient présentent. Lors de la saison de floraison, je me suis aperçu que les fleurs étaient systématiquement coupées au niveau de l'ovaire avant même de s'ouvrir. Bien que n'ayant aucune preuve, je pense que les responsables sont les écureuils qui pullulent dans la zone, mais pourquoi ? Les fleurs ne sont pas consommées alors peut-être à cause du puissant parfum qui les incommoderait ?!?
 
Ces observations prouvent encore une fois qu'un dérèglement de la faune par l'introduction de nouvelles espèces ou par le déséquilibre des populations du à la disparition des prédateurs impacte directement la flore même dans des zones qui, à première vue, semblent protégées et non-perturbées.  
 
   Gonato + rats
 
 
Pterostylis bureaviana

synonyme : Pterostylis affinis
 
Une belle espèce terrestre que l'on rencontre ici entre 700 et 900 m le long des crêtes rocheuses. Sa fleur est très proche de Pterostylis curta et il est plus aisé de les différencier par leurs plantes.
 
Les feuilles de P. curta sont disposées en rosette alors que P. bureaviana présentent des feuilles alternées le long de sa tige.
 
Les spécimens de Pterostylis bureaviana sont souvent seuls ou au nombre de 3 ou 4, alors que P. curta forme de vastes colonies de plusieurs dizaines de spécimens comme au sommet du Mont Ignambi.
   Pterostylis bureaviana
 
 
Megastylis latissima

Abordons encore cette espèce terrestre avant de présenter quelques épiphytes. Megastylis latissima appartient au genre Megastylis, un genre comprenant 7 espèces dont 6 sont endémiques à la Nouvelle-Calédonie.
 
L'espèce la plus commune est Megastylis gigas qui se rencontre par milliers dans le maquis du Sud de l'île mais aussi ici, sur les pentes du mont Moné. Avec Eriaxis rigida, elles sont les deux espèces les plus populaires.
 
Megastylis latissima est quant à elle beaucoup plus rare. C'est une orchidée robuste dont les feuilles au nombre de 1 à 3 sont coriaces, elliptiques à orbiculaires (45 x 20 cm) comportant une dizaine de nervures blanches longitudinales. Les inflorescences sont dressées et peuvent atteindre entre 2 et 3 mètres portant de nombreuses fleurs verdâtres. Ici, l'espèce se rencontre  le long des crêtes et aux sommets, dans les zones les plus humides.
 
Megastylis latissima
 
     
Relevons à présent un peu la tête pour nous intéresser aux espèces épiphytes... 
 

Dendrobate virotii
    
synonyme : Dendrobium virotii
 
Une espèce endémique, commune  du sud de l'île, et présente ici uniquement le long de la ligne de crête à environ 800 mètres d'altitudes.
 
La plante pousse comme une liane en formant une série de pseudobulbes allongés remontant le long d'un tronc ou, plus rarement en rampant au sol ou sur des rochers. L'espèce fleurit rarement et beaucoup de plantes restent stériles car leurs pseudobulbes doivent atteindre une quarantaine de cm pour être de force à fleurir or beaucoup germent sur un hôte insuffisamment développés (arbuste, branchette, ...)  pour qu'elles aussi puissent se développer convenablement à leur tour. Les pseudobulbes restent alors chétifs et la plante végète sans s'épanouir.
         
Dendrobate virotii
 

Bulbophyllum aphanopetalum

Une espèce commune ici le long des lignes de crêtes dès 700 mètres fleurissant abondamment entre avril et août. Elle se confond aisément avec B. pallidiflorum considéré à tort comme un synonyme.
              
Bulbophylum-aphanopetalum-2.jpg

Les différences morphologiques entre B. aphanopetalum et B. pallidiflorum sont notables aussi bien au niveau de l'inflorescence qu'au niveau de la plante. Seule la coloration jaune pâle de l'ensemble du périanthe est commune aux deux espèces. 
      
Les fleurs de B. aphanopetalum sont plus grandes que celles de B. pallidiflorum et mesurent entre 1,2 cm à 1,8 cm contre 1 cm pour B. pallidiflorum.
   
Les morphologies des labelles sont très différentes aussi, B. aphanopetalum présente un labelle simple bien étalé, de 4mm de large pour 6mm de long alors que celui de B. pallidiflorum est minuscule (1 mm x 2mm), articulé et se confond avec les pétales.

La hampe florale est plus courte chez B. pallidiflorum, de 2 à 3 cm, et la fleur fleurit au sein du feuillage alors que chez B. aphanopetalum, les hampes sont plus longues (5 à 7 cm) et permettent à la fleur d'être bien dégagée du feuillage.

Enfin, B. aphanopetalum présente des feuilles élliptico-oblongue de 40 à 60 mm alors que celles de B. pallidiflorum sont plus petite de 25 à 35mm, plus coriace et de forme linéaire à lancéolée.

Les pseudobulbes sont également bien distincts, ceux de B. aphanopetalum sont ovoïdes, d'un diamètre de 8 à 10 mm légèrement sillonés alors que ceux de B. pallidiflorum sont ovoïdes, canaliculés de 2 ou 3 mm de diamètres pour 3 ou 4 mm de longueur, lisses et luisants.
     
Bulbophyllum-pallidiflorum.jpg

B. aphanopetalum n'est pas endémique à la Nouvelle-Calédonie et se rencontre également en Papouasie-Nouvelle-Guinée alors B.pallidiflorum ne se rencontre qu'en Nouvelle-Calédonie, au parc des Grandes Fougères ou plus au nord dans le massif du Panié.
     

Bulbophyllum ngoyense

Une espèce qui serait apparemment polytypique puisque comme Dendrobium oppositofolium les populations de basse altitude diffèrent de celles d'altitude.

La forme présente ici dans les Koghis, se développant entre 700 et 900 mètres d'altitudes, présente des fleurs aux sections plus larges que celle qui se rencontre à basse altitude, principalement au sud de l'île.

Une analyse comparative des deux formes serait nécessaire pour pouvoir statuer sur ces deux formes et les scinder ou pas en deux espèces différentes. 

Bulbophylum ngoyense 2
          
Microtatorchis schlechteri, oreophila et Taeniophyllum trachypus
  
Ces trois espèces sont les espèces aphylles les plus communes de l'île et sont difficiles à différencier au premier coup d'oeil. Elles se rencontrent toutes les trois dans les Koghis dans différentes zones.

Taeniophyllum trachypus (synonyme = T. hirtum) est la plus rare de ces trois espèces et se rencontre dans les forêts à Niaoulis et les forêts humides du Pic Malaoui autour de 600 mètres d'altitudes. Elle se distingue par des racines rondes, fines et aériennes qui s'opposent aux racines épaisses, plates et bien collées aux branches des Microtatorchis.

La hampe florale et la fleur sont aussi bien distinctes. La fleur de Taeniophyllum trachypus est d'un jaune franc alors que les fleurs des deux espèces de Microtatorchis sont vertes et les hampes florales de T. trachypus sont fines et brunâtres alors que les hampes des Microtatorchis sont plus épaisses, d'un vert luisant et pourvus de larges bractées florales. 
       
Taeniophyllum trachypus

La différenciation des deux espèces de Microtatorchis est plus compliquée. Les deux espèces affectionnent les zones humides et fraîches des sommets de l'île à partir de 700 mètres et partagent souvent les mêmes stations.

Microtatorchis schlechteri

Microtatorchis schlechteri se distingue par ses 4 ou 5 feuilles et ses hampes florales retombantes, épaisses et pourvues de larges bractées alors que M. oreophila présente des hampes florales plus frêles, érigées, droites et pourvues de bractées florales moins développées.

La plante de M. oreophila est aussi parfaitement aphylles et se rencontre aussi bien épiphyte que lithophyte ou même parfois terrestre alors que M. schlechteri est exclusivement épiphyte.
 Microtatorchis-oreophila-1.jpg      Microtatorchis-oreophila-2.jpg
  
   
LISTE DES ESPECES D'ORCHIDEES DE LA CHAINE DES KOGHIS 
   
On dénombre 66 espèces dont 40 endémiques à la Nouvelle-Calédonie, soit 1/3 des espèces calédoniennes et  40% des espèces d'orchidées endémiques, des chiffres record !!! 
                                                
espèce

occurence

aux Koghis

occurence en

Nouv. - Calédonie

endémique à la

Nouv. - Calédonie

Achlydosa glandulosa
= Megastylis glandulosa
commune commune X
Acianthus atepalus rare rare X
  Acianthus confusus peu commune commune X

  Acianthus cymbalariifolius
 = Acianthopsis cymbalariifolius

rare commune X
 Acianthus elegans abondante abondante X

 Acianthus tenellus

 = Acianthus macroglossus

 rare abondante X

 Acianthus veillonis

 = Acianthopsis veillonis

rare rare X
 Anoectochilus imitans rare commune  

 Bouletia finetiana
 = Dendrobium finetianum

rare abondante X

 Bulbophyllum absconditum

commune commune  
 Bulbophyllum aphanopetalum abondante commune  
 Bulbophyllum atrorubens rare peu commune  
 Bulbophyllum baladeanum rare abondante X

 Bulbophyllum betchei

commune abondante  
 Bulbophyllum ebulbe  commune commune  
 Bulbophyllum ngoyense

 forme de basse altitude

rare abondante X
 Bulbophyllum ngoyense

 forme de haute altitude

commune rare X
Calanthe ventilabrum rare peu commune  

 Cannaeorchis deplanchei

 = Dendrobium deplanchei

rare rare X

 Cannaeorchis verruciferum

 = Dendrobium verruciferum

commune abondante X
 Ceratostylis subulata peu commune peu commune  
 Coilochilus neocaledonicus rare rare  
 Corybas neocaledonicus commune  commune X
 Clematepistephium smilacifolium rare rare X
 Chrysoglossum ornatum peu commune peu commune  

 Dendrobate virotii
 = Dendrobium virotii

peu commune abondante X
 Dendrobium crassicaule commune peu commune X
 Dendrobium munificum commune commune X

 Dendrobium odontochilum

 forme de basse altitude

rare abondante X
 Dendrobium oppositofolium rare abondante X
 Gonatostylis vieillardii commune  commune X
 Earina valida commune abondante  
 Earina deplancheii abondante  abondante X
 Epigogium roseum rare     ?      
 Eria karicouyensis abondante  abondante X
 Eria rostriflora commune abondante  
 Eriaxis rigida abondante abondante X
 Eulophia moratii rare  peu commune X
 Grastidium camaridiorum rare abondante X
 Grastidium crassifolium abondante ? X
 Liparis condylobulbon rare abondante  
 Liparis elliptica rare peu commune  
 Liparis gibbosa rare commune  
 Liparis laxa rare commune X
 Liparis layardii rare commune  
 Malaxis taurina abondante abondante X
 Megatylis latilabris commune ? X
 Megastylis latissima rare rare 
 Megastylis gigas commune abondante                  
 Microtatorchis oreophila rare commune X
 Microtatorchis schlechteri rare commune X
 Octarrhena oberonioides  peu commune rare X
 Octarrhena species #2 rare ?  
 Pachyplectron neocaledonicum abondante abondante X
 Peristylus novoebudarum peu commune peu commune  
 Phreatia subulata abondante commune X
 Phreatia pachyphylla rare peu commune X
 Phreatia species #3  rare ?  
 Pristiglottis montana commune  commune                    
 Pterostylis bureaviana peu commune commune X
 Sarcochilus koghiensis rare rare X

 Taeniophyllum trachypus
 = Taeniophyllum hirtum

rare rare  
 Taurantha ophioglossa rare commune  

 Thelchyton comptonii
 = Dendrobium comptonii

rare abondante  
 Tropidia viridiflusca commune commune X
Zeuxine species #1 rare ? ?
       
Les orchidées ne sont bien sûr pas les seules à enchanter ces lieux, on trouve également de nombreuses fleurs comme Xiris plancheri en jaune ci-dessous, Parasitus ustus, un parasite des racines de Falcatifolium taxoides, toute deux endémiques ou encore les deux représentants des plantes carnivores de l'île à savoir Nepenthes vieillardii et Drosera neocaledonica.


Autres fleurs 1

     Parasitaxus ustus

 

 

Alors, quel avenir pour les Koghis ?

 

Situé à moins d'une heure de Nouméa, ce site est une bouffée d'oxygène pour les habitats de Nouméa qui l'affectionnent particulièrement et l'exploitation de sa forêt est aujourd'hui complètement exclue et dénué de sens. La zone est désormais une réserve naturelle protégée garantissant sa conservation.

Un autre facteur, habituellement plutôt dévastateur, joue également en sa faveur. Il s'agit de l'omniprésence des randonneurs qui décourage l'établissement des cochons sauvages et des cerfs nuisibles à la végétation des sous-bois et aux sols. Je n'ai personnellement constaté aucune plante grignotée par les cerfs ni aucune parcelle labourée par les cochons sauvages.

 

A contrario, certaines zones plus isolées comme les hauteurs du Massif du Panié ou les forêts des vastes étendues du Sud subissent une pression démographique quasi nulle mais leur isolement et leur quiétude favorise le développement des cochons et des cerfs qui, régulièrement chassés, y trouvent refuge.

   
Cependant, la chaîne des Koghis n'est pas non plus exempte de tout "dérèglement" biologique. Les rats se sont établit aux sommets et nuisent aux espèces terrestres rares et endémiques comme expliquée ultérieurement dans cet article. La conservation de populations saines de ces espèces protégée demande donc des campagnes de dératisation et une surveillance accrue de ces zones.

 

        Mont bouot sous nuages 

 

Voilà, fin du voyage...

 

Bien que ces quelques lignes et ces quelques photos ne présentent qu'un fragment infime des richesses botaniques de ces montagnes, j'espère avoir suscité en vous l'envie d'y faire un jour un tour.

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 08:55

Quittons ce soir le sud-ouest et le centre de l'île et dirigeons-nous vers le nord de l'île et sa côte est sauvage et indomptée. Ce troisième article nous emmène au massif du Panié, jusqu'au sommet du mont Ignambi qui culmine à 1311 mètres.
 
Les paysages de cette côte sont somptueux, les montagnes tombent à pic dans la mer, les cascades dévalent des pentes abruptes et les couleurs du ciel, des montagnes et de la mer forment un kaléidoscope infini au fil des vallées. Les jeux de lumière participent à cette magie et les jours se suivent sans se ressembler.
 Embouchure de la Ouaïème
 
Cascade de Tao

Cette région bien conservée détient encore une fois des records d'endémisme et, d'un point de vue botanique, elle est surtout connue pour les espèces de Palmiers qui ne se rencontrent que dans ce massif comme le Lavoixia macrocarpa dont on ne connaît qu'un seul peuplement  dans ces montagnes d'une trentaine d'individus. J'ai donc bon espoir de rencontrer encore de jolies choses et je compte bien tenter l'ascension d'un des sommets. Le mont Panié est bien sûr l'excursion idéale mais il faut passer une nuit en refuge et je ne suis pas équipé. Je décide donc de tenter l'ascension du mont Ignambi qui atteint 1311 m, troisième sommet du massif après les monts Panié et le Colnett.
Contrefort du PaniéPaysage Mont panié

Son ascension est très risquée sans guide local, voire impossible. Ce guide permet à la fois d'être conduit jusqu'au sommet mais il permet aussi d'être "en règle" avec les autorités locales. En effet, cette région de Nouvelle-Calédonie est la plus indépendantiste de l'île et les locaux n'apprécient guère que des étrangers viennent fouler leur terrain de chasse ou les "lieux tabous" sans se présenter et sans l'autorisation des chefs coutumiers.

Ouaième
La coutume est donc de mise cette fois-ci et je retrouve le chef de la tribu de Tchambouène qui vit au pied de l'Ignambi pour obtenir "sa bénédiction" et pour qu'il m'oriente vers un guide.
      
Il m'oriente vers Jean-Paul, qui historiquement organise l'ascension du sommet et je le retrouve un peu plus tard au nakamal du village, lieu où l'on boit le kava entre amis, une décoction traditionnelle de l'île obtenue à partir d'un tubercule aux effets relaxant et anesthésiant. Je suis accueilli avec une bonne tasse de Kava que j'honore bien sûr, avant de demander toute faveur.

Je trouve un accord vers Emile, le frère cadet de Jean-Paul. Il me guidera jusqu'au sommet et nous nous donnons rendez-vous le lendemain à 6H30 pour réaliser l'ascension de l'Ignambi.


L'ascension du mont Ignambi

La journée est belle mais la nuit a été exécrable. Dormir au bord de la mer est certes très romantique mais il n'y a aucun interrupteur pour stopper les vagues et leur fracas.
 
Après un rapide petit déjeuner, je me rends donc à Tchambouène pour retrouver Emile et nous partons tout droit vers le sommet, encore sans nuage à ces heures matinales.  A première vue, le sommet ne semble pas si loin et la forêt qui le recouvre peu épaisse...
 

Mont Ignambi 
Nous partons du village et traversons dans un premier temps de hautes herbes où nidifient les fameuses guêpes jaunes qui avec 7 piqures tuent un homme mais il est encore tôt et elles sont peu actives. La pente est tout de suite très abrupte et le soleil tape fort. Il est 7 heures du matin et je suis déjà en sueur me demandant comment je vais pouvoir atteindre le sommet à 1300 m alors que nous venons à peine de commencer. Emile semble dans son élément et continue de grimper sans s'arrêter en se roulant de temps à autre une cigarette.
   
en route vers le Ignambi
Nous arrivons à une première crête et décidons de faire une petite pause, l'effort est intense et je me sens nauséeux mais le paysage est magnifique, nous sommes déjà à 300 ou 400 mètres d'altitudes et la vue sur la côte d'un côté, et sur les montagnes de l'autre est somptueuse. Tout exciter, Emile me fait remarquer une colonie de Roussettes qui virevoltent au sommet des crêtes. Pour ma part, je remarque quelques Spathoglotis plicata, une espèce pionnière qui s'établie rapidement en milieu dégradé, ainsi que quelques rares Phaius tancarvillae qui ont échappés aux feux intentionnellement allumés par les chasseurs de la tribu.


Côte est

Ignambi
La marche reprend et le sommet semble s'éloigner au fur et à mesure que l'on s'en approche. Enfin nous arrivons dans la forêt où l'air est tout de suite plus frais en sous-bois. Je reprends doucement mes esprits, me sens plus à l'aise et commence à prendre le rythme. Nous sommes encore loin du but et je ne rencontre pour l'instant que des espèces communes des forêts humide de basse altitude comme Rhynchophreatia micrantha, Eria rostrifolia ou Liparis condylobulbon. Une fougère, Lycopodium balansae, retient notre attention. Peu commune, on en rencontre ici abondamment.

 Lycopodium-balansae.jpg

 

Nous prenons doucement de l'altitude sur un chemin boueux souvent imperceptible mais que Emile connaît comme sa poche. Il passe son temps à roucouler en espérant que les Notous,  gros pigeon qu'il chasse régulièrement ici, lui répondent et il repère ainsi les endroits les plus propices pour ces prochaines chasses. J'aperçois un de ces oiseaux qui s'envole avec fracas. Ce sont des pigeons mais ils ont la taille d'une poule. Ils les chassent à la "Nouvelle Igname" et j'imagine que ça ne doit pas être mauvais du tout.

 

Nous commençons à prendre de l'altitude et la végétation commence à changer. Les fougères sont de plus en plus présentes comme les mousses qui tapissent les arbres et les roches. Nous traversons de nombreux torrents de montagne, je partage avec Emile ma connaissance des orchidées et lui me fait part de son expérience de chasseur et me narrent ainsi de nombreuses histoires de cochons sauvages, de roussettes et autres notous. L'échange est sympa et il me fait voir des choses que jamais je n'apercevrais seul.

 

De nouvelles espèces font leur apparition, Calanthe balansae en sous-bois et Bulbophyllum betchei et ebulbe en épiphyte ainsi que Grastidium camaridiorum mais les arbres sont hauts et l'observation des épiphytes est difficile et se fait souvent sur des arbres tombés à terre.
  

creek de montagne
   
Fougères
Le sous-bois est dense à présent, envahi de fougères et je trace le chemin à coup de machette. Emile commence à accuser le coup et reste à la traîne. Je continue d'avancer à un rythme soutenu sans trop prendre le temps d'observer les arbres et les épiphytes, le sommet est encore loin et il faut avancer. Je rencontre quand-même quelques Dendrobium muricatum, Eria robusta et des Bulbophyllum baladeanum ainsi que d'autres espèces que je n'ai pu identifier mais je n'ai pas le temps de m'arrêter.

Fougères du sommet



Nous marchons depuis plus de 5 heures, il est 13H00 environ et nous débouchons sur une petite clairière envahie de maquis et de Phaius tancarvillae qui poussent parmi les herbes qui à la fois maintiennent une humidité permanente au sol et protège le feuillage d'un ensoleillement trop dur et trop direct.  Le mont Ignambi semble enfin à porter mais il est n'est plus bien dégagé comme au petit jour, la brume se pose lentement sur la forêt.

Sommet de l'ignambi
Phaius tancarvillae 2
Phaius tancarvillae 1
Nous reprenons rapidement la route pour attaquer la dernière côte qui mène au sommet à 1311 m. Dans cette végétation sursaturée en eau, de très beau peuplement de Pterostylis curta se sont établies. Ils poussent directement dans cette terre très mouillée presque boueuse au sommet de l'Ignambi. Les cochons sauvages apprécient d'ailleurs également les lieux et labourent le sol pour se lover dans la boue en causant de gros dégâts.


Pterostylis curta
A 14h30 nous atteignons le sommet, malheureusement nous sommes dans les nuages et la vue sur le mont Panié et le Colnett sera donc pour une autre fois. Nous restons quelques minutes puis amorçons la descente. Il commence à pleuvoir et nous devons retourner au village avant la nuit. Nous redescendons le plus rapidement possible, il pleut à torrent à présent et tout est devenu glissant. Je me ramasse une bonne dizaine de fois alors qu'Emile, lui ne tombe jamais. Il est pied nu et je crois qu'il n'y a plus adhérent dans la boue que de marcher pieds nus, aucune chaussure de marche n'arrive à la hauteur de nos cinq petits orteils bien ancrés dans la terre.


Nous dévalons les pentes sans nous arrêter, j'ai le pressentiment que nous ne parviendrons pas à atteindre le village avant la nuit et Emile me raconte ses nuits passés dans la forêt lorsque revenant de chasse, ils se font attraper par la nuit et ne rentrent que le lendemain après avoir dormi en forêt. Je lui avoue que je me passerai bien quand-même d'une telle expérience et nous parvenons à peine à sortir de la forêt que le jour commence à décliner.

Nous arrivons au village à 18H30, il fait déjà nuit et nous avons terminé le dernier km en courant dans les hautes herbes avec comme boussole la lueur des lampadaires du village et quel soulagement lorsque nous sommes enfin arrivés.

Cette ascension a été avant tout un défi physique, l'observation des plantes n'a été que secondaire et demanderait l'établissement d'un camp en altitude pour pouvoir vraiment prendre le temps d'observer la flore mais j'en retiens surtout l'échange avec mon guide, nous avons un instant confondus nos monde.

 

La prochaine fois, je tenterais l'ascension du Colnett, Emile connait aussi le chemin...
   
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