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17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 20:53

Après plus de 7 ans sans être retourné au Mexique, le voyage de 3 semaines de cette année fut l'occasion de revenir sur les principales stations d'orchidées de l'état de Mexico et de constater l'évolution de leur état de conservation.

Réalisé au mois de juin, ce mois marque le début de la saison de pluies mais aussi le début de la floraison de Stanhopea hernandezii et de nombreuses autres espèces. Je vous propose quelques clichés de ces orchidées rencontrées aux stations de Temascaltepec et de Chalma en commençant par la station de Temascaltepec.

Station de Temascaltepec, très riche avec plus de 80 espèces dont de nombreuses épiphytes
Station de Temascaltepec, très riche avec plus de 80 espèces dont de nombreuses épiphytes

Station de Temascaltepec, très riche avec plus de 80 espèces dont de nombreuses épiphytes

Station la plus riche de l'état de México avec plus de 80 espèces, on y rencontre de nombreuses espèces spectaculaires aussi bien épiphytes que terrestres. En plus de Stanhopea hernandezii, la station compte deux espèces de Rhynchostele, R. cervantesii et R. maculata, de très beaux Oncidiums comme O. tigrinum et O. reichenheimii, E. parkinsonianum et même une espèce de Rossioglossum, R. insleayi dont il reste quelques colonies dans les ravins les plus inaccessibles creusés par le Rio Temascaltepec. Parmi les espèces terrestres, on retrouve de nombreux Habenaria, deux Govenia, G. superba et G. liliacea ainsi que de nombreuses espèces de Bletia dont B. macristomchila qui inicie en juin le début de floraison du genre.

La première floraison rencontrée en ce mois de juin fut celle de Dichaea squarrosa qui forme ici de vaste tapis recouvrant les roches ou parfois le tronc des chênes. Florifère, ses fleurs, souvent nombreuses, sont remarquables par la surface externe verruqueuse des pétales et le puissant parfum citronné qu'elles dégagent.

Dichaea squarrosa
Dichaea squarrosa

Dichaea squarrosa

Tout en poursuivant nos recherches de spécimens de Stanhopea hernandezii en fleur, nous rencontrons le minuscule Stelis villosa, un veritable bijou qui demande à être observé à l'aide d'un agrandissement pour admirer le détail des poils qui recouvrent les marges de ses sépales.

Stelis villosa

Stelis villosa

Enfin, nous rencontrons une première Stanhopea hernandezii en fleur puis, plus tard, 200 mètres plus bas en altitude, nous rencontrons un magnifique spécimen doté de trois inflorescences. Les colonies de l'espèce sont encore très bien préservées avec des colonies de plusieurs dizaines de spécimens. Malheureusement, la section quasi-automatique des inflorescences par les rats ou peut-être un autre rongeur observé il y a 7 ou 8 ans a toujours lieu et réduit le nombre de spécimen parvenant à se reproduire, de nombreuses inflorescences ne parvenant pas à terme.

Stanhopea hernandezii
Stanhopea hernandezii
Stanhopea hernandezii
Stanhopea hernandezii

Stanhopea hernandezii

Après ces belles rencontres, nous rencontrons une des plus belle espèce et aussi des plus précoces espèces de Bletia mexicaine. B. macristomchila pousse ici en bordure de chemin, dans les herbes rases bien exposées au soleil. Ces fleurs d'un rose intense et de belle taille permettent de la repérer facilement.

Bletia macristomchila
Bletia macristomchila
Bletia macristomchila

Bletia macristomchila

Egalement le long de la route, ce sont les Encyclia michuacana accrochés aux falaises qui fleurissent à leur tour, cette espèce forme des plantes vigoureuses que l'on rencontre sous rupicole ou quelque-fois terrestre.

Encyclia michuacana
Encyclia michuacana

Encyclia michuacana

La station de Temascaltepec continue de nous émerveiller par son cortège de belles espèces qui à chaque sortie offre de nouvelles surprises. Un projet de plantations d'avocatier au sommet d'une crête très riche dégrade cependant une zone particulièrement riche en Oncidium reichenheimii, Epidendrum parkinsonianum et Rhynchostele cervantesii. La transformation d'un chemin en route pour faciliter la logistique de la plantation a obligé l'abatage de nombreux chênes hôtes de nombreuses épiphytes. Aucune précaution n'a été prise, ne serait-ce le sauvetage des épihpytes. On peut regretter qu'une zone d'une telle biodiversité soit vouée à la culture intensive d'un fruit déjà en surproduction alors qu'elle serait bien plus valorisée par des projets écotouristes.

Avant de quitter Temascaltepec, arrêtons-nous quelques instants sur quelques autres curiosités botaniques de cette station que l'on peut observer en juin. Il s'y rencontre deux espèces de Pinguicula. La première, la plus grande et la plus commune est P. moranensis.mais cette virée fut l'occasion de découvrir une seconde espèce, aux limbes très modestes de 2 ou 3 centimètres et aux fleurs radicalement différentes de la première. Plus rare, elle se rencontre le long de quelques talus exposés nord. Si un spécialiste en carnivores saurait l'identifier...

Pinguicula moranensis (en haut) et Pinguicula sp.
Pinguicula moranensis (en haut) et Pinguicula sp.

Pinguicula moranensis (en haut) et Pinguicula sp.

Quittons à présent Temascaltepec pour nous rendre à Chalma, à la frontière de l'état de México. La station également riche en orchidées est surtout connue pour l'abondance de Laelia autumnalis que l'on rencontre ici. Il faut alors venir en Novembre pour pouvoir les admirer en fleur.

En juin, on rencontre d'autres curiosités comme ce très joli Araceae qui pullule dans les sous-bois de la station.

Araceae
Araceae

Araceae

Les Epidenrum parkinsonianum finissent quant à eux leur floraison qui bat son plein la première quinzaine de mai. Toujours à proximité des cascades où ils sont soumis à la fois à une bruine continue et à un ensoleillement important, les plus beaux spécimens atteignent aisément 2 mètres comme le spécimen rencontré cette fois-ci en fin de floraison.

Epidendrum parkinsonianum
Epidendrum parkinsonianum

Epidendrum parkinsonianum

A l'inverse, le petit Malaxis majanthemifolia ne dépasse pas une dizaine de centimètres et investit les sous-bois humide et obscure. Comme Bletia macristomchila, il devance la floraison des autres espèces du même genre.

Malaxis majanthemifolia
Malaxis majanthemifolia

Malaxis majanthemifolia

Pour terminer, nous sommes allés visiter les colonies les plus importantes de S. hernandezii que nous connaissons dans cette station. Nous avons eu du mal à les retrouver en raison de la végétation et de la forêt renaissante qui a reconquis d'anciennes plantations vivrières qu'il faut traverser pour les atteindre. Les colonies sont toujours bien présentes, en parfaite santé et la reconstitution de la forêt environnante est de bon augure pour la conservation de ces importantes colonies.

Ici aussi, nous avons eu la chance d'apercevoir un spécimen en fleur mais, à une quinzaine de mètres au sommet d'un piton rocheux, nous n'avons que pu deviner les fleurs qui nous semble relativement faiblement maculées pour l'espèce. Contrairement à Temascaltepec, les inflorescences de cette station ne sont pas perturbées et plusieurs capsules vertes ou séchées datant alors des années précédentes ont été observées.

Importantes colonies de Stanhopea hernandezii au sommet des pitons rocheux de Chalma
Importantes colonies de Stanhopea hernandezii au sommet des pitons rocheux de Chalma

Importantes colonies de Stanhopea hernandezii au sommet des pitons rocheux de Chalma

Ces deux stations restent d'excellentes destinations pour observer des orchidées dans leur environnement mais attention aux serpents qui pullulent lors des premières pluies. Nous en avons rencontré à chaque sortie et ils sont parfois presque indétectable grâce à leur camouflage. On risque alors de les piétiner et de provoquer leur morsure. Des crotales et d'autres espèces vénimeuses sont présentes dans ces stations et je recommande donc vivement aux randonneurs de marcher en botte et de regarder constamment où l'on pose ses pieds. Dans le même registre, la région abrite également la veuve noire et des scorpions et il faut toujours vérifier ses vêtements et ses chaussures avant de les enfiler. En cas de morsure, les hôpitaux de Malinalco et Tenango à proximité de Chalma et ceux de Toluca (à proximité de Temascaltepece) sont équipés d'anti-arachnides et d'antidotes contre les morsures de serpent.

Pour ceux qui souhaitent se renseigner davantage sur ces deux stations, le sujet est plus amplement développé dans les publications suivantes :

LAGUNA CERDA A., M.A. ROSALES LOPEZ. & D. ESCOBEDO LOPEZ, 2005 :

“Actualización del listado florístico del municipio de Temascaltepec, Estado de México” intégrant le projet “Etudes et développement durable de l’orquidoflore de l’état de México”. Thèse de doctorat, Toluca, UAEM.

FARIA E, 2013 :

Contribution à l'étude de l'écologie et à la conservation de Stanhopea hernandezii (Orchidaceae) Richardiana ; Vl. XII(5), septembre 2012.

NAVA BERNAL, JOSE HUMBERTO, 2008 :

La orquideas del Municipio de Ocuilan de Arteaga, Estado de México. Universidad Autonoma del Estado de México. Centro Universitario UAEM, Tenancingo. Tésis.

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 12:57

Bonsoir,
 
Pour terminer ce périple au Panama, je vous propose quelques curiosités des hauteurs de la Province de Chiriqui à la frontière avec le Costa-Rica. Cette région, plus fraîche, voisine du Volcan Baru, contraste avec le reste du pays et rappelle un peu les régions andines sud-américaines. La fertilité des terres entourant le Volcan est mise à profit et les choux, salades, fraises et autres fruits et légumes sont ici cultivés en terrasse ou en pente pour alimenter tout le pays. Vous boirez ici les meilleurs cafés et mangerez très bien dans les petits restos populaire.
  Photo-Cerro-Punta.jpg

C'est ici, au fond de la vallée de Cerro Punta que Maduro a établi ses serres connue sous le nom de 'la Finca Dracula' à 2000 mètres d'altitudes pour y cultiver une des plus impressionnantes collection d'orchidées mésoaméricaine et sud-américaines et en particulier le genre Dracula et toute sorte de Pleurothallidinae. Les autres genres ne sont pas en reste en particulier les Stanhopeinae avec de nombreuses Stanhopea et Acineta en fleur lors de notre visite. Le visiteur a également accès à une collection très complète de monographies sur les genres Américains ou sur l'orchidoflore de certains pays ou régions. De quoi y passer des heures...

Orchidees-Maduro.jpg
Mais revenons sur le terrain avec le parc de la Amistad qui commence ici et s'étend jusqu'au Costa-Rica. Ce parc protège plus de 400 000 hectares de forêt humide et forme ainsi le plus grand parc d'Amérique centrale.
 
Nous avons pu nous y aventurer dans une zone entre 2000 et 2500 mètres d'altitudes et nous avons surtout croisé des Epidendrum, dont le très beau E. prismatocarpa, des Maxillaria mais aussi des Sobralia, des Elleanthus et d'autres espèces de genre variés.
 
Une autre zone intéressante de la région est la zone dite de "las  Lagunas" à quelques km de Cerro Punta, plus chaude  que les hauteurs du parc de la Amistad et particulièrement riche en Gongora armeniaca, Maxillaria pseudoneglecta, Xylobium elongatum et Epidendrum difforme.    
 
Enfin, une autre région très riche est la réserve forestière qui entoure le barrage de la Fortuna  que l'on atteint en empruntant la route qui mène à Chiriqui Grande sur la côte caribéenne. On y rencontre beaucoup de Pleurothallidinae et particulièrement toute sorte de Stelis.

Voici donc, quelques photos de ces espèces croisés dans ces contrées à plus de 2000 mètres d'altitude en commençant par les Maxillarias. 
    Cascade la Amistad
    Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif

MAXILLARIA

Le genre Maxillaria est bien connu des amateurs et collectionneurs d'orchidées mais nous en connaissons rarement toute son étendu et sa diversité. Ce genre rassemble aujourd'hui plus de 600 espèces et connaitra surement dans les prochaines années une révision conduisant à un éclatement en plusieurs genres comme ont pu le connaître les genres Pleurothallis ou Epidendrum qui au fur et à mesure des avancées scientifiques regroupent toujours moins d'espèces.

En effet, les espèces qui composent ce groupe présentent des différences morphologiques notables. Saviez-vous que certaines espèces sont monopodiales avec une tige simple comme un Vanda ? ou plus étonnant encore, sympodiales dans une première phase de leur développement puis monopodiale ? ou encore monopodiale les feuilles en forme d'éventail comme les Oberonia ?

Nous rencontrons principalement dans nos collections les Maxillarias à pseudobulbes groupés (M. schunkeana, M. sanderiana, M. picta) ou bien séparés par un court rhizome (M. tenuifolia, M. camaridii, etc...) qui offrent des fleurs souvent de belle taille aux pétales bien étalés et colorés,  avec pour certaines espèces un parfum des plus intenses et agréable connu des orchidées. M. tenuifolia par exemple embaume avec une seule fleur toute une serre d'une agréable senteur de vanille ou de coco.
 
Les Maxillaria des autres sous-groupes du genre sont plus rares en culture, les espèces dont les pseudobulbes sont séparés par de longs rhizomes sont compliqués à cultiver  s'accomodant difficilement à nos supports de culture (M. tigrina par exemple)...  ils sont pourtant très jolis.

Il en est de même pour les Maxillarias présentant deux phases de développements distincts. Sympodiale dans un premier temps, il forme des pseudobulbes groupés et compressés qui une fois suffisamment fort développent une tige aux feuilles distiques et imbriquées le long d'une tige, à l'image d'un Vanda. Les fleurs souvent de petites tailles émergent d'entre les feuilles en grappes serrées (M. miniata par exemple).
Ces plantes peuvent devenir très grandes selon l'espèce, la tige atteignant plus d'un mètre.

Maxillaria-Venezuela.jpg
Les sorties in-situ permettent de mieux connaître ce genre peu collecté et souvent abondant, voici quelques-unes des espèces rencontrées ici dans les hauteurs de la province de Chiriqui. 
 
Maxillaria pseudoneglecta

Une espèce abondante des environs des Lagunas près de Cerro Punta ainsi que dans les environs de la Fortuna qui  s'accommode très bien des zones dégradées.

Elle forme des pseudobulbes unifoliés séparés par des rhizomes d'environ deux fois la taille du pseudobulbe. L'inflorescence est basale émergeant des bractées à la jonction du rhizome et du pseudobulbe. Feurs jaune en grappes denses. Pollinisation par abeille (voir vidéo ci-jointe).

Maxillaria pseudoneglecta 2

Maxillaria ampiflora et arachnites
 
Deux très belles espèces rencontrées dans les environs de la Fortuna dans le maquis recouvrant les pentes rocheuses. Maxillaria arachnites est un Maxillaria aux pseudobulbes groupés alors que Maxillaria ampliflora développent des tiges pouvant atteindre un mètre aux feuilles imbriquées et distiques rapidement caduques, les tiges ne conservant que les 8 à 10 dernières feuilles sommitales. La fleur, aux colorations et motifs remarquables, apparait au bout d'un pédoncule court émergeant souvent des nouvelles tiges.

Maxillaria ampliflora et arachnitiflora
Maxillaria species
 
Une jolie espèce de très petite taille pour le genre que nous avons rencontré dans les hauteurs du parc de la Amistad autour de 2300 mètres d'altitude. La tige sans pseudobulbe basal illustre bien une espèce de Maxillaria à développement strictement monopodial. S'apparente à M. dendrobioides.
      Maxillaria-species.jpg

      Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif

EPIDENDRUM

Les Epidendrums et les genres apparentés sont omniprésents dans ces contrées. Rappelons que  lors des premier pas de la taxonomie, Karl von Linné y inclut en 1763 toutes les espèces d'orchidées épiphytes connues à cette époque et même si bon nombre d'entre elles ont été bien sûr reclassées, ce genre compte encore pas moins de 1100 espèces !!! 

En voici quelques-unes rencontrées dans la province de Chiriqui.

Epidendrum anoglossum

Espèce terrestre rencontrée dans une végétation broussailleuse autour de 2300 mètres bénéficiant d'un large ensoleillement. Tige droite aux feuilles distiques et coriaces, inflorescence terminale et racème. Fleurs non résupinées jaune-pâles, sépales elliptiques à lancéolés, pétales linéaires. Labelle charnu et triangulaire.

      Epi anoglossum
 
Epidendrum stolidium
 
synonyme : Oerstedella ornata
Epidendrum stolidium connut un parcours taxonomique quelque-peu atypique puisqu'il fût d'abord décrit sous le genre Oerstedella en 1982 par Dressler avec pour type une plante collectée ici, dans la province de Chiriqui. Hagsater la reclassa sous le genre Epidendrum en 2005.

La singularité de cette espèce ne se limite pas qu'à sa taxonomie, elle est une des rares orchidées présentant des appendices tridentés entre les pétales et sépales ce qui permet de la distinguer aisément de E. pfavii, un autre très bel Epidendrum aux tons roses de la région.

L'espèce a été rencontrée entre 2000 et 2300 mètres toujours en milieu ouvert exposé, plein sud, bénéficiant d'un ensoleillement direct.

Epidendrum stolidium syn oerst ornataEpidendrum stolidium

Epidendrum radicans

Espèce très connue du genre et dont les hybrides se vendent même en jardinerie, elle se rencontre ici en abondance le long des routes dans la région du barrage de la Fortuna. Les couleurs sont particulièrement intenses et variables selon le spécimen entre le jaune-orangé et le rouge. Un grand classique de toute beauté !!!

Epidendrum radicans


Epidendrum wercklei

Très jolie espèce rencontrée autour de 2000 et 2300 mètres d'altitudes épiphyte ou terrestre dans une végétation basse et dense. Son inflorescence est quelques peu particulière,  le pédoncule, terminal, ramifié et plat,  se développant en zig-zag.

Les fleurs, très nombreuses, sont charnues de couleur jaune irrégulièrement mouchetées de violet. Sépales elliptiques à oblancéolées, pétales spatulés et brusquement incurvés à plus de 90°. Labelle trilobé aux lobes latéraux digités. Fleurs agréablement parfumées. 


     Epidendrum wercklei

Oerstedella exasperata

Nous avions rencontrés de nombreuses espèces du genre à des altitudes plus basses dans le pays, autour de 1000 mètres d'altitudes. Oerstedella exasperata, semble en revanche apprécier davantage la fraîcheur puisque nous l'avons rencontré autour de 2200 mètres, épiphyte, bien exposé à la lumière.

Les fleurs présentent des pétales et sépales oblongs à oblancéolés, d'un brun dense au pourtour blanc. Le labelle est trilobé. Les trois lobes sont blancs fortement échancrés et marqués à leur base de stries violacées longitudinales mal définies.
    Oerstedella exasperata

 

 
Epidendrum difforme

Espèce particulièrement florifère et tolérante, elle abonde dans la zone de 'las Lagunas' près de Cerro Punta. Epiphyte, elle s'établie à quelques mètres du sol en situation ombragée ou en pleine lumière en forêt primaire ou en zone dégradée sur des branches moussues.

 

Epidendrum difforme  Epidendrum difforme 2

 
    Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif
Gongora armeniaca

Une des espèces abondantes de la région de 'las Lagunas', ce Gongora reste cependant tributaire d'une forêt saine puisqu'il ne se rencontre pas dans les zones dégradées de la région contrairement à de nombreuses autres espèces d'orchidées du coin.

Epiphyte, il s'établie entre 1 et 3 mètres du sol, en situation ombragée et humide.

Gongora-armeniaca.jpg
    Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif
Sobralia et Elleanthus

Ces deux genres présentent pour certaines espèces des plantes semblables qu'il est difficile de distinguer sans traces de floraison. Les Sobralias, aux fleurs qui rappellent les Cattleyas, sont bien connus et les espèces aux dimensions réduites sont parfois cultivés, en revanche les Elleanthus sont totalement délaissés, ils n'offrent en effet que de petites fleurs tubulaires  loin des critères recherchés par les collectionneurs. De nombreuses espèces d'Elleanthus restent encore à décrire.

Ces deux genres pullulent au Panama et affectionnent particulièrement les talus laissés par le tracé des routes. Le plus souvent terrestres, on les rencontre aussi dans les zones dégagées à végétation rase.

Sobralia chrysotoma est sans doute l'espèce la plus abondante, ses grandes fleurs d'un blanc pur ne sont malheureusement pleinement épanouies que quelques heures puis fanent. Il faut donc ne pas les rater... 
    Sobralia-chrysotoma.jpgElleanthus-species.jpg

Avec ce quatrième et dernier article sur ces quelques jours passés dans ce pays, si petit par sa taille mais si grand par sa diversité, je termine  cette série d'articles en espérant pouvoir y retourner un jour !!!

las lagunas
    Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif
Textes, vidéos et photos par Edouard, Rosabel, Fernand FARIA et Jean-Luc RUBRECHT. Toute utilisation et reproduction sans autorisation préalable est interdite.

 

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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 16:00

        Bonsoir,

Ce troisième article est exclusivement consacré aux deux espèces de Phragmipedium présents au Panama, P. longifolium et P. caudatum que nous avons pu observer dans leur biotope lors de notre périple.
    

Biotope.jpg
    Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif

Phragmipedium longifolium

Ce Phragmipedium est sans doute le plus répandu du genre. Terrestre et parfois lithophyte, on le rencontre du Mexique au Pérou entremêlé à la broussaille d'une végétation rase sur des terrains pentus au sol drainant et sablonneux. A découvert le plus souvent, il bénéficie d'un large ensoleillement. 

forme classique 1
Il peut former d'importantes colonies s'il ne souffre pas de trop de collectes comme ici, au Panama dans la province de Chiriqui où nous avons rencontré une population encore saine, de plusieurs centaines de spécimens avec de nombreuses floraisons. En revanche, dans la région d'El Valle, l'espèce souffre de collectes répétées et rares sont les spécimens adultes. Idem en Equateur, où nous n'avions rencontré en 2005 que quelques spécimens épars.

L'espèce est variable, la longueur et le tortillement des pétales comme l'intensité des couleurs diffèrent selon les spécimens  au sein même d'une population. La plupart des spécimens observés ici au Panama sont dotés de couleurs pâles, le sépale dorsal, le sabot et le synsépale sont verdâtres et les pétales sont colorés de rose, virant parfois au rouge pour les spécimens les plus colorés. On observe aussi une frange blanche sur le pourtour des pétales et sépales.

Les plantes varient aussi, selon Dressler, les spécimens des versants pacifiques forment des  feuilles plus allongées et de plus grande taille alors que les spécimens des versants caribéens ont des feuilles plus fines.
       
           forme classique P longifolium 2  

Les spécimens des populations du Chiriqui arborent pour leur grande majorité des pétales veinés de roses. Rares sont les spécimens aux couleurs plus intenses.

forme colorée close upforme colorée 4
A l'inverse, quelques spécimens hypochromes étaient également en fleurs, la coloration verdâtre est alors largement dominante même sur les pétales.
        
           

forme claire close-up
plante forme claire 4

Pour conclure sur Phragmipedium longifolium,  je vous propose cette petite vidéo qui donne, je pense, une bonne idée de son habitat.


       
    Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif

Phragmipedium caudatum
    
Ce Phragmipedium est aussi largement répandu en Amérique centrale et en Amérique du Sud mais ici, au Panama, il n'est connu que de quelques rares stations. Nous avons eu la chance d'en trouver une en parfaite santé, peuplée de plusieurs dizaines de spécimens largement développés partageant leur biotope avec l'autre espèce du genre présente au Panama et présentée ci-dessus, P. longifolium, mais aussi de nombreuses espèces de Sobralias, Maxillarias, Epidendrums et autres espèces d'orchidées.
 Phragmipedium caudatum in situ  
Contrairement à P. longifolium qui est exclusivement terrestre, P. caudatum se rencontre également épiphyte dans les branches moussues des forêts humides ce qui permet alors à ses larges pétales de s'épanouir pleinement mais les plantes sont alors difficiles à observer.

Malheureusement, nous n'avons pas rencontré de spécimens en fleur. La floraison dure quelques semaines et toutes les fleurs s'épanouissent simultanément contrairement à P. longifolium qui n'offre qu'une seule fleur à la fois mais elles se succèdent sur plusieurs mois de la même manière que les Paphiopedilums du sous-genre Cochlopetalum (P. primulinum, P. glaucophyllum, etc... ).

Cependant, nous avons observé de nombreux jeunes spécimens, inflorescences desséchées et  capsules témoignant d'une population florifère et prolifique qui se régénère correctement. Certains spécimens bien développés présentaient entre 5 à 8 tiges desséchées pour une quinzaine de fleurs, je n'ose imaginer le spectacle...
        
       

Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif

Ces populations de P. caudatum et P. longifolium occupe une zone appartenant à une réserve forestière qui exclue toute exploitation. Seule une collecte massive et illégale ou un déséquilibre du biotope mettrait en péril ces magnifiques populations qui en ce début de XXIème siècle donnent de bons espoirs quant à la conservation in situ de ce genre.

Son succès auprès des collectionneurs et la destruction de l'environnement a d'ailleurs obligé les autorités à placer toutes les espèces de Phragmipedium en Annexe 1 de la convention de Washington interdisant tout prélèvement dans leur milieu naturel. 

Puissent nos enfants et petits-enfants refaire un jour les mêmes photos et connaître le même émerveillement !!!


Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif
     
photo J-Luc
Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif
Textes, vidéos et photos par Edouard, Rosabel, Fernand FARIA et Jean-Luc RUBRECHT. Toute utilisation et reproduction sans autorisation préalable est interdite.

 

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 17:20
       
    Bonsoir,

Continuons ce voyage en nous dirigeant vers l'ouest, en direction du Costa-Rica, pour visiter trois sites d'exceptions : le Parc National "Altos de Campana", la Région de "El Valle" et le Parc National "El Copé" encore situés dans les provinces de Panama et Coclé. 

Cette région centrale du pays concentre des centaines d'espèces d'orchidées qui affectionnent, pour la majorité d'entre elles, le climat tempérée et humide de ces montagnes entre 800 et 1200 mètres. 
 
Le premier site en quittant Panama City et en empruntant la panaméricaine vers l'ouest est le parc "Altos de Campana" qui fût le premier parc national du pays, crée en 1966. Il couvre près de 5000 hectares, sa température moyenne est de 24°C et 2500mm d'eau tombe en moyenne chaque année.

Son attrait, au-delà de la richesse de sa faune et flore, est la magnifique vue panoramique depuis le sommet du Cerro la Cruz sur les deux océans lorsque le ciel est suffisament dégagé.
 
Vue-sur-le-Pacifique.jpg
 
Le point culminant du parc est le sommet du Cerro Campana à 1030m d'altitude. Il est recouvert d'une forêt de mousse abondante en broméliacées, orchidées et autres épiphytes. 26 végétaux endémiques au Panama sont ici présents.
 
    Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif
 
En continuant un peu plus vers l'ouest, on arrive dans la région d'El Valle, un ancien volcan aujourd'hui recouvert de végétation. Le village d'El Valle s'est établi dans le cratère et il est entouré de dômes qui offrent de nombreuses possibilités de randonnées. Le dôme le plus haut, au nord du village, est le Cerro Gaital qui atteint 1185 m d'altitude. Un autre grand classique du coin à l'ouest du village est la India Dormida, un montagne dont la ligne de crête dessine la silhouette d'une femme couchée sur le dos.

La région d'el Valle offre une grande biodiversité et est un peu "la Mecque" de l'orchidée au Panama en raison du nombre impressionnant d'espèces que l'on rencontre ici mais aussi de son marché au fleur qui a lieu les week-ends, où de nombreuses orchidées
de la région sont proposées.

Encore plus à l'ouest, les montagnes commencent à prendre un peu de hauteur et l'on rencontre le parc national El Copé également appelé le parc national Omar Torrijos en hommage au Général qui s'y écrasa en avion en 1981. Isolé et un peu difficile d'accès en raison de la piste non goudronnée sur plusieurs kilomètres qui impose le 4x4, il en vaut cependant largement la peine en raison des nombreuses espèces que l'on rencontre encore une fois ici et la quiétude des lieux.

Le parc n'a été créé qu'en 1986. Il bénéficie de bonnes infrastructures et l'on peut y passer ainsi plusieurs jours en immersion totale au calme à un prix très modeste contrairement à la région d'El Valle, beaucoup plus touristique.
       
    Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif
   
Les Stanhopeinae de la région

Ces montagnes qui se succèdent au centre du pays à des altitudes moyennes sous un climat tempérée et humide sont largement recouvertes de forêt de brumes favorables à un nombre impressionnant de Stanhopeinae.
 
Stanhopea

Les Stanhopeas comptent plusieurs espèces avec Stanhopea panamensis, encore abondant entre 900 et 1000 mètres d'altitudes, Stanhopea costaricensis à des altitudes légèrement plus basse (600-700 m), S. confusa, S. gibbosa, plus rarement S. ecornuta et bien sûr S. maduroi qui n'a été reporté que des forêts au nord de el Valle et d'une zone frontalière avec la Colombie.


Stanhopea-maduroi.jpg
Stanhopea panamensis

L'espèce n'a été que récemment décrite par Williams & Whittens en 1988 et a été considérée jusque-là comme une espèce du complexe oculata ou elle a été confondue avec d'autres espèces du genre.
       
Elle se caractérise par de grandes fleurs blanches (13-15cm), un hypochile jaune et une maculation plus ou moins variable selon le spécimen. Certains spécimens sont dépourvus de toute macule, d'autres peuvent être finement pointillés et l'on rencontre aussi des formes aux macules très larges (5 à 8 mm de diamètre) plus ou moins denses. Je vous invite à faire un tour du côté du blog à Jean-Luc où différentes formes sont présentées (cliquez ici).

Stanhopea panamensis 1
Exclusivement épiphyte, l'espèce affectionne les zones très humides entre 900 et 1000 mètres d'altitude, le long des petits torrents de montagne dans des zones encaissées ou fortement ombragées, en sous-bois entre 1 et 3 mètres du sol.

Dans son habitat, l'espèce forme des spécimens peu développés mais florifères. Les pseudobulbes sont peu nombreux et de petite taille, la saturation en eau de son mileu ne justifiant pas le stockage d'une grande quantité d'eau. L'espèce se rencontre également en zone dégradée.

Il a également été observé que les spécimens soumis à un ombrage presque total sont tout aussi florifères que ceux plus exposés à la lumière. L'espèce est donc véritablement ombrophile et l'établissement des plantes à l'ombre n'est pas accidentel comme pour beaucoup d'autres espèces épiphytes où les spécimens en sous-bois, ne bénéficiant pas de suffisament de lumières, restent chétifs et stérils.

Une autre observation primordiale est la grande variabilité de la maculation des fleurs au sein d'une même population ce qui témoigne d'une bonne diversité génétique.

Enfin, nous n'avons observé aucun pollinisateur visitant les deux spécimens en fleurs que nous avons rencontrés, les pollens étaient encore en place à une heure avancé de la journée et aucune fécondation sur les spécimens déjà fanés n'a été constaté.
 
Stanhopea panamensis 2Stanhopea panamensis 3

   

   
Les autres Stanhopeinae de la région sont Gongora gibba, G. powelli et G. tricolor; Polycnis tortuosa, qui comme Paphinia sub-clausula, se rencontre à El Copé; Horichia dressleri du côté d'El Valle; deux espèces du genre Kegeliella, K. kupperii et K. atropilosa du côté du Cerro Campana et d'El Valle; Acineta meriyae  qui pousse au Cerro Campana en sous-bois sur les souches pourries des arbres tout comme Peristeria aff. pendula au sommet du Gaital; Sievinkingia fimbriata, suavis et butcheri, endémique à la région d'El valle et Houlettia tigrina, épiphyte dans les zones les plus humides et moussues de ces montagnes. 

Citons encore le genre monospécifique Coeliopsis avec son espèce C. hyacinthosma que l'on rencontre abondamment dans la région d'el Copé en épiphyte à quelques mètres du sol. 

Stanhopeinae 



D'autres espèces remarquables d'orchidées sont également présentes comme Ada allenii, Brassia arcuigera, Huntleya burtii, H. fasciata, Miltionopsis roezlii, Phragmipedium longifolium, des Catasinae comme Cycnoches guttulatum, des Lycastes ou encore les espèces du genre Oerstedella et les nombreuses espèces apparentées d'Epidendrum sans oublier les Maxillarias et l'immense famille des Pleurothalidinae. Ca fait beaucoup de monde...

Je propose de vous présenter encore quelques-unes de ces espèces rencontrées en fleurs lors de nos excursions en commençant par celles du genre Oerstedella, dont plusieurs espèces fleurissent au mois d'août. 
     
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Oerstedella pseudosuchumanniana, fuscina  et intermixta

Le genre Oerstedella rend hommage au botaniste danois Oersted et comprend 32 espèces qui sont pour la plupart d'anciens Epidendrums reclassés sous ce genre en 1981 par HAGSATER lorsqu'il révisa le genre.
Les espèces du genre se rencontrent du Mexique à la Bolivie mais l'essentiel des espèces sont mésoaméricaines et le Panama ainsi que le Costa-Rica constituent le premier centre de diversité avec 22 des 32 espèces.

Les Oerstedella présentent des pseudobulbes fins et allongés, des feuilles alternées, coriaces, oblongues à elliptiques et une inflorescence terminale, racème. Les fleurs ont des pétales et sépales à la texture très épaisse et un labelle divisé en plusieurs lobes, souvent trois. 

Nous avions rencontré Oerstedella wallisii  au Cerro Jefe (voir article précédent), une espèce que nous n'avons plus rencontré ici, en revanche, O. pseudoschumanianna abonde dans ces montagnes centrales et se rencontre aussi bien à l'état sauvage que dans les jardins des habitants. Cet Oerstedella est impressionnant par sa taille, qui peut atteindre aisément 2 mètres, et par le nombre de fleurs qu'une seule inflorescence peut développer formant alors de très jolies bouquets.

    
Oerstedella pseudoschummaniana 3
    Oerstedella pseudoschummaniana 1
L'espèce apprécie les zones exposées au soleil où elle ne bénéficie que d'une très faible protection par d'autres végétaux. Epiphyte, on la retrouve ainsi davantage en zone dégradée qu'en forêt primaire car les arbres restants bénéficient de beaucoup plus de lumières. La végétation basse et arbustive lui convient aussi et on la rencontre alors à hauteur d'homme.



Oerstedella fuscina est pour sa part beaucoup plus rare que Oerstedella pseudoschummaniana et surtout beaucoup moins prolifique. Nous n'en avons rencontré qu'une seule plante au sommet du Cerro Campana à 1000 mètres d'altitude, dans les zones les plus humides et moussues. Elle semble donc apprécier ombre, humidité et températures tempérées.

Oerstedella fuscina

Enfin, nous avons rencontré un troisième Oerstedella en fleur à cette saison. à El Copé où il est commun. Il s'agit de Oerstedella intermixta.

Epiphyte dans des zones bien exposées et ventilées par des vents humides, il se rencontre parmi les arbustes le long des talus ou en forêt.

Oerstedella intermixta  
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Brassavola nodosa

Une autre Laellinae de la région mais de basse altitude est Brassavola nodosa que l'on retrouve ici épiphyte formant d'impressionnant spécimens jusque dans les arbres des parcs et jardins municipaux comme à Penonomé ou même dans les ruines du quartier de Panama viejo à Panama city.

Brassavola nodosa est une espèce tolérante très largement répandue du Mexique au Brésil que l'on rencontre aussi bien lithophyte qu'épiphyte. Avec ses feuilles teretes, elle s'apparente à une plante succulente et supporte des conditions climatiques extrêmes ainsi qu'une certaine salinité de son environnement puisqu'on la retrouve en bord de mer à quelques mètres de l'eau salée parmi la végétation côtière balayées par les embruns marins.


L'espèce est aussi remarquable par son puissant et délicieux parfum qu'elle délivre à la tombée de la nuit.

Brassavola-nodosa.jpg



   
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Anacheilum crassilabia

synonyme : anciennement Encyclia, Epidendrum ou Prosthechea vespa

Encore une espèce largement répandue dans presque toute l'Amérique tropicale puisqu'on la rencontre du Costa-Rica au Pérou ainsi que dans les Antilles, à Cuba et dans les Guyanes.

Les formes rencontrées ici au Panama ont des plantes aux pseudobulbes courts et aux fleurs magnifiquement colorées et maculées comparé aux spécimens que j'ai pu rencontrer en Equateur aux pseudobulbes plus allongés, aux fleurs plus petites et légèrement pointillées. Epiphyte comme lithophyte, elle se rencontre aussi bien dans des zones préservées que dégradées.
 

Anacheilium crassilabium Anacheilium crassilabium

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Brassia arcuigera

synonyme : Brassia longissima

Impressionnante par la taille de ses sépales qui atteignent la trentaine de centimètres, nous avons pu observer avec émerveillement ce magnifique spécimen de Brassia arcuigera en fleur. Bercées par la brise, ses longs sépales confèrent une grâce et  une élégance unique à cette espèce. Un véritable joyaux de la nature qui dans son élément prend toute sa dimension !
   
Brassia arcuigera 2
Brassia arcuigera
   

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Maxillaria brunnea

Maxillaria brunnea est commune et se rencontre encore abondamment dans ses stations puisque ses fleurs de petites tailles en comparaison à ses larges pseudobulbes ont suscité peu d'émois chez les collectionneurs. L'espèce a été rencontrée dans les environs d'El Valle en zone dégradée et lumineuse mais aussi à El Copé en forêt primaire en bordure de torrent de montagne, à l'ombre et dans un environnement très humide. L'espèce semble donc très tolérante.
     
       Maxillaria brunnea 2
Maxillaria brunnea 1
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Maxillaria uncata

Un joli Maxillaria rencontré dans la région d'El Valle, ses fleurs étaient constamment visitées par son pollinisateur, Trigona fulviventris, une petite abeille qui s'engouffre jusqu'à la gorge du labelle à la recherche de la résine sécrétée par la fleur. Forçant l'accès, il provoque quelquefois la rupture de ce dernier.

Maxillaria uncata 1


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Masdevalia collina

Masdevalia chontalensis est l'espèce la plus commune, elle se rencontre abondamment dans les zones les plus humides et partage son habitat avec une autre espèce, Masdevallia collina, plus rare que l'on aperçoit ici avec son pollinisateur, le petit moucheron aux yeux rouges sur la photo.

       
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Habenaria monorrhiza       

C
ontinuons avec quelques terrestres.
 
Habenaria monorrhiza est une espèce très commune et largement répandue du Mexique au Pérou et dans les Antilles. Ici, elle se rencontre au bord des routes, le long des talus herbeux saturés en eau.


Habenaria-monorrhiza-copie-1.jpg
       
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Liparis nervosa

Le genre est largement répandu dans les zones tropicales du monde entier avec quelques 250 espèces le plus souvent terrestres mais ce genre est peu représenté au Panama avec seulement 5 espèces. 

Liparis nervosa se rencontre dans les environs d'El Valle aussi bien en pleine terre dans les zones dégagées que dans l'humus des fissures rocheuses.

Liparis-nervosa-copie-1.jpg

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Utricularia endresii

Pour terminer, voici une très jolie plante carnivore que l'on rencontre aussi bien épiphyte que lithophyte souvent parmi les mousses et les orchidées comme sur cette vidéo en compagnie de Masdevalia chontalensis.

Utricularia endresii
 


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Cerro Gaital

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Textes, vidéos et photos par Edouard, Rosabel, Fernand FARIA et Jean-Luc RUBRECHT. Toute utilisation et reproduction sans autorisation préalable est interdite.

 

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 15:57

  Bonsoir,
 
Avec 3,3 millions d'habitants sur 75 640 km2 coincés entre l'Amérique du Sud et l'Amérique Central, le Panama est ce petit isthme qui relie à la fois les deux Amériques et les deux plus vastes océans, l'Atlantique et le Pacifique. La construction d'un canal au XXème siècle permettant le transit de marchandises d'un océan à l'autre sans avoir à faire de détour par le cap Horn a renforcé la position géopolitique stratégique de ce pays. 

    Map-Panama-4.jpg
 
Ce canal forme  une ligne de séparation du pays avec à l'est, le Darién puis la Colombie qu'aucune route carrossable ne permet  d'atteindre et à l'ouest, la cordillère de Talamanca, une chaîne de montagne qui s'étend jusqu'au Costa-Rica.
                
    Canal-de-Panama.jpg
C'est le long de cette cordillère que mon père Fernand, ma femme Rosabel, Jean-Luc, un ami et moi-même sommes parti explorer quelques coins de forêt primaire à la recherche des orchidées panaméennes et plus particulièrement de la dizaine d'espèce de Stanhopea qui se concentre ici. 
 
Bien que de petite taille, ce pays qui reste accessible est une mine d'or pour l'amateur d'orchidées. En effet, pas moins de 1200 espèces se rencontrent sur ce territoire sept fois plus petit que la France qui offre encore de nombreuses zones préservées.
 
L'orchidée phare du pays est sans doute Peristeria elata, élevée au rang de fleur nationale, surnommée l'orchidée colombe ou encore "flor de l'Espirito Santo". Cette Stanhopeinae n'est pas une exception, cette sous-tribu est très bien représentée au Panama avec des espèces dans presque tous ses genres. Les espèces de Stanhopea, Gongora, Houlletia, Coelliopsis, Acineta, Coryanthes, Paphinia, Polycycnis, Sievekingia, Trevoria, Lacaena, Kegelellia et Peristeria hantent les forêts de ce pays qui devient ainsi un paradis pour les amoureux de cette sous-tribu aux fleurs étranges et animales, dotées de fragrances ensorcelantes.
   
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Mais d'autres grandes sous-tribu sont également omniprésentes, les espèces de Pleurothallidinae, Laellinae, Oncidiinae et Maxillariiinae sont innombrables et l'on peut citer les plus remarquables par leur beauté comme Cattleya dowiana, Encyclia cordigera et prismatocarpa, Miltoniopsis roezliiBrassia arcuigera, Psychopsis krameriana, Rossioglossum schlieperianum et bien d'autres encore...  mais réduire les orchidées panaméennes à ces quelques espèces serait se priver des merveilles que la multitude des espèces miniatures ou terrestres ont à nous révéler.
  
  Encyclia-prismatocarpa-2.jpg
Sans plus attendre, je vous propose d'appréhender l'orchidoflore de ce pays par la découverte d'une première station, le Cerro Jefe, une montagne située à la limite sud du Parc national Chagres au sommet particulièrement riche en orchidées et broméliacées.
 
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DECOUVERTE DU CERRO JEFE

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Le Cerro Jefe est le point culminant du parc national Chagres. A 1007 mètres d'altitude, il est recouvert d'une vieille forêt primaire composée d'arbustes ne dépassant pas quelques mètres de haut et de palmiers Colpothrinax cookii dominant la végétation. 
 
Cette zone concentre 143 des 1230 végétaux endémiques au Panama dont 5 espèces d'orchidées. Les oiseaux, scarabées, papillons et autres insectes sont aussi nombreux et attirent bon nombre de naturaliste qui viennent ici, à seulement une cinquantaine de Panama City, assouvir leur passion malgré la route accidentée imposant le 4x4 pour gravir les derniers kilomètres qui mènent au sommet.
     Foret-du-sommet-2.jpg


Les orchidées sont ici très nombreuses, et il serait difficile de vous présenter une liste exhaustive de toutes les espèces qui se concentrent ici après une simple et unique visite. Je me contenterai de vous présenter quelques-unes des espèces que nous avons pu apercevoir en fleur ou qui ont simplement retenues notre attention. Notons cependant la présence d'espèces rares comme Otoglossum chiriquense et Dresslera pertusa, endémique à cette station.
 
  Guzmania musaica
     
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LAELIINAE :
 
Encyclia oncidioides

synonyme :
 Encyclia gravida, Encyclia oncidioides var. gravidum  

Un Encyclia de la section des Encyclia dont la taxonomie demanderait des études plus approfondie. Avec les lobes latéraux du labelle parallèles à la colonne et les petites protubérances verruqueuses au niveau de l'ovaire, les spécimens observés au Cerro Jefe correspondent à la description d'Encyclia gravida par DRESSLER dans son  livre 'Field Guide of The orchids of Costa-Rica and Panama' mais Encyclia gravida est aujourd'hui considéré comme synonyme de Encyclia oncidioides.

 

Cependant, Encyclia oncidioides est une espèce présentant une morphologie et une écologie bien différentes de la population d'Encyclia du Cerro Jefe. Morphologiquement, ses lobes latéraux sont recurvés, divergeant à leur apex et de plus grande dimension.  Ecologiquement,  elle colonise les zones côtières du Mexique au Brésil comme les restingas brésiliennes, maquis en bordure de mer à même le sable composé de cactées, arbustes et de quelques orchidées résistantes à des conditions de chaleur extrême alors que le climat du Cerro Jefe est tempérée, venteux, proche de celui des forêts de brumes andines de moyenne altitude.

Je ne suis pas convaincu que toutes les formes actuellement considérées comme Encyclia oncidioides peuvent être ainsi regroupées sous ce taxon, des différences morphologiques comme écologique importantes sont flagrantes et une reconsidération de ce complexe d'Encyclia est à mon sens indispensable.


Passées toutes ces considérations taxonomiques, elle n'en demeure pas moins ravissantes...

Encyclia-gravida_2.jpg   Encyclia-oncidioides_2.jpg

     
   

Oerstedella wallisii
 
synonyme : Epidendrum wallisii
 
Une des plus belles espèces du genre, Oerstedella wallisii se rencontre ici abondamment au sommet du Cerro Jefe mais elle reste peu commune au Panama.
 
Ses fleurs, durables et de bonne texture, présentent des pétales et sépales d'un jaune franc pointillés de mauve presque noir et son labelle, quadrilobé, blanc, marqué de stries mauves plus ou moins épaisses, contraste à merveille. L'espèce est peu variable, seuls le nombre de macule et l'intensité des stries du labelle varient comme le montre les photos suivantes.

Epiphyte, les plantes se développent sur des branches moussues bénéficiant d'une bonne luminosité.
          Oerstedella_wallisii_3.jpg    Oerstedella wallisii habitat    

Scaphyglottis panamensis
       
Espèce la plus abondante du genre au sommet du Cerro Jefe, Scaphyglottis panamensis se distingue par son labelle blanc, trilobé et légèrement émarginé à l'apex du lobe médian.  D'autres espèces du genre, Scaphyglottis longicaulis, robusta et chlorantha, sont également présentent dans ce même biotope.

Scaphyglottis-panamensis.jpg
     
                
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MAXILLARIINAE :

Eriopsis biloba

Une espèce largement répandue que l'on rencontre depuis le Pérou jusqu'au Costa-Rica et qui forme de très belles inflorescences, racèmes, portant de nombreuses fleurs éparses de taille moyennes vivement colorées dans les tons orangés. Malheureusement nous n'avons pas rencontré de spécimens en fleur.
 
Les populations de cette espèce sont le plus souvent terrestre comme sur les Tepuis vénézueliens mais elle se rencontre aussi épiphyte comme ici où elle forme de larges plantes accrochées aux fins troncs des arbres à 1 ou 2 mètres du sol. Ses pseudobulbes groupés, ovoïdes, vert foncé/grisâtre et rugueux permettent de l'identifier même sans floraison.
 
Cette morphologie des pseudobulbes est variable selon les populations, les plantes que j'ai pu rencontrer jusqu'ici avaient des pseudobulbes coniques et allongés d'une vingtaine de centimètre mais  cette variabilité ne semble s'appliquer qu'aux plantes et aux inflorescences, plus ou moins grandes et fournies. En effet les fleurs semblent rester identiques.
 
Une étude des différences morphologiques entre les populations serait intéressante.
 
Eriopsis biloba

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SOBRALIINAE :  

Sobralia fenzliana

Les Sobralias et leurs cousins les Elleanthus sont bien représentés, de nombreuses espèces des deux genres se rencontrent mais celle-ci a particulièrement retenu notre attention. En effet, la singularité de cette espèce provient de sa plante qui ne porte que trois ou quatre larges feuilles alternées, elliptiques et fortement nervurées au bout de ses cannes alors que les espèces de ce genre présentent classiquement des feuilles depuis la base des cannes.
   
  Soralia-fenzliana.jpg
 
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PLEUROTHALLIDINAE :
   
Dresslerella pertusa

Au risque de briser l'image de l'orchidée aux fleurs immenses, immaculées et éternelles, je vous présente ce Dresslerella pertusa qui balaye d'un coup le mythe de l'orchidée. Et oui ! Il s'agit bien d'une orchidée de la grande famille des Pleurothallidinae ! Mais où sont les pétales flamboyant, les sépales et autres labelles contrastées que l'on nous apprend si bien dans les livres me direz-vous ? et bien non, cela ne suffit plus... bien des espèces se sont radicalement marginalisées, vive l'évolution !

Ce Dresslerella pertusa a tout de même une des caractéristiques du mythe puisqu'il est extrêmement rare au point que le Cerro jefe est la seule station connue abritant cette espèce.      
Ses fleurs sont mauves, presque noires, tubulaires, aux sépales unies ne laissant qu'une petite ouverture à leur apex. 

Dresslerella pertusa 2Dresslerella pertusa 1

Pleurothallis excavata

  
synonyme : Pleurothallis imago

Un petit Pleurothallis ravissant de la section macrophyllae-fasciculatae, aux fleurs non résupinées qui se caractérisent par les petites papilles du sépale dorsal et un synsépale concave (fusion des deux sépales latéraux comme chez les Paphiopédilums). Les spécimens du Cerro Jefe présentent tous une coloration dans les tons orangés mais il existe aussi des formes aux tons violacés, originaire du Costa-Rica, ayant servi à l'établissement du type de l'espèce.

      Pleurothalis-excavata-3.jpg Pleurothalis excavata 1   
Acostaea costaricensis

Un genre qui se caractérise par son processus de fécondation unique chez les Pleurothallidinae puisque l'insecte pollinisateur est attrapé temporairement au contact du labelle qui bascule, le plaquant contre la colonne et les organes reproducteurs le temps de la fécondation pour enfin être libérer. Décidemment, ces miniatures sont loin d'être dénuées d'intérêt !

Seule espèce du genre au Panama, Acostaea costaricensis est présente ici sur les branchettes moussues des arbustes à proximité du sol.

Acostaea costaricensis

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STANHOPEINAE :

Le Cerro Jefe et sa région sont pauvres en Stanhopeinae, seuls Gongora tricolor et Stanhopea costaricensis sont reportés de la zone par G. GERLACH mais à des altitudes plus basse, autour de 700 m, dans la région de altos de Pacora. Après quelques recherches, nous avons tout de même rencontré un pied de Stanhopea, sans doute Stanhopea costaricensis donc, à des altitudes plus basses également à hauteur du Cerro Azul. Le biotope est alors déjà très différent du sommet, une forêt mature et dense abritant des arbres d'une trentaine de mètres est établit. Cette zone intermédiaire est moins riche en espèce d'orchidées que le sommet et l'on y rencontre des espèces plus chaudes comme des Catasetinae ainsi que Epidendrum nocturnum.

Le Stanhopea a été rencontré dans une zone dégradée sur le tronc d'un arbre isolé bénéficiant d'un bon ensoleillement à quelques mètres du sol.

Stanhopea costariscensis
     
Voilà pour cette première sortie au Panama qui n'a été que les prémices des découvertes fabuleuses qui ont rythmées les trois semaines passées dans ce très beau pays. A bientôt donc.

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Textes et photos par Edouard FARIA et Jean-Luc RUBRECHT . Toute utilisation et reproduction sans autorisation préalable est interdite.

 

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Littérature


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