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Introduite en Europe en 1829 par Ferdinand Deppe, naturaliste allemand installé à Jalapa au Mexique, Stanhopea oculata fleurit pour la première fois en juin 1831 dans les serres des Loddiges, pépiniéristes et botanistes anglais, à Hackney à Londres. Loddiges décrit alors l'espèce sous le nom de Ceratochilus oculatus mais Lindley la reclasse rapidement en 1832 sous le genre Stanhopea.

S oculata #1




S_oculata_fleur_-2-copie-1.jpgSon appellation "oculata" provient des deux macules caractéristiques de l'hypochile qui rappellent les ocelles de camouflage de certains poissons ou papillons imitant une paire d'yeux.

 

Stanhopea oculata est une belle espèce, florifère et facile de culture. On la retrouve d'ailleurs régulièrement dans les collections d'orchidées.

Elle offre entre 3 et 5 fleurs de taille moyenne (11-12 cm) aux pétales et sépales de couleur blanc crème à jaune pâle clairsemés de macules d'un rouge cramoisi, irrégulières et légèrement moins denses sur les pétales que sur les sépales.

 

L'hypochile est orangé, plus ou moins pointillé et strié, doté de deux ocelles très foncées presque noires. Le mésochile et l'épichile sont blanc légèrement pointillés.

 

 

 

Synonymie et discussions



La taxonomie du complexe oculata est particulièrement difficile. L'espèce est très variable du fait de sa large distribution et il est fort probable que certaines populations de Stanhopea oculata se croisent naturellement avec d'autres espèces de la même alliance, en particulier avec Stanhopea graveolens. Ce brassage génétique régulier ou sporadique selon les zones et les populations engendre une palette infinie de formes intermédiaires entre les deux espèces compliquant le travail de classification.

 

Cependant, de nouvelles techniques d'étude des caractéristiques internes (génétique et composition chimique des fragrances) ont vu le jour ces dernières années et apportent de nouveaux éléments. De nouveaux taxons ont ainsi tout de même été séparés du complexe et sont aujourd'hui reconnus comme espèce à part entière grâce à ces nouvelles techniques. 

   

Stanhopea dodsoniana, par exemple, est visuellement quasi-identique à Stanhopea oculata et il est très difficile de la distinguer à partir d'une photo ou d'un dessin. En effet, elle en diffère principalement par sa fragrance et par la composition chimique des gouttelettes de résine sécrétées dans la poche de l'hypochile. Ces susbstances intervenants directement dans l'attraction du pollinisateur et donc dans le processus de fécondation, Stanhopea oculata et Stanhopea dodsoniana sont reproductivement séparées et forment donc deux espèces bien distinctes suivants deux lignées évolutives différentes.

 

Mais les caractéristiques internes et externes ne sont pas les seules à intervenir, l'écologie de certaines populations prêtent également à discussion. Citons le cas de Stanhopea bucephalus, apparaissant régulièrement dans la littérature comme synonyme de oculata. Miguel Angel Soto Arenas, spécialiste des orchidées mexicaine, écrit en 2001 dans un rapport concernant le recensement des populations d'orchidées d'une localité au Chiapas, sud du Mexique : "Stanhopea bucephalus est souvent considérée comme un synonyme de oculata (Lodd.) Lindl. 1832. Cependant, le labelle de cette espèce présente un hypochile plus allongé et beaucoup plus fin. La couleur est plus orangé et, au moins en ce qui concerne les populations du Chiapas, elles poussent au-dessus des 1400 mètres d'altitude alors que Stanhopea oculata se rencontre sous les 1000 msnm dans les états de Veracruz et Oaxaca. Les plantes sont nombreuses mais de petite taille avec des feuilles étroites. Elles poussent aussi presque toujours sous forme rupicoles." 

 

La taxonomie de cette espèce est donc compliquée pour toutes les raisons précédemment citées et demandent de corroborer le travail de recensement et de caractérisation des différentes populations in-situ, les études morphologique des critères externes et les études des critères interne pour avoir une vision synthétique de la diversité de cette espèce et non pas fragmentée telle que nous l'avons aujourd'hui.

 

S_oculata_fleur_-5.jpg

 

 

Liste des variétés considérés comme appartenant au complexe de Stanhopea oculata :

 

  • Stanhopea aurantia Lodd. ex P.N.Don in J. Donn 1845
  • Stanhopea cymbiformis Rchb.f. 1865
  • Stanhopea dayana Rchb.f. no pub.
  • Stanhopea lindleyana Zuc. ex Josst 1851
  • Stanhopea lindleyi 1837
  • Stanhopea minor Schltr. 1917
  • Stanhopea ornatissima Lem. 1862
  • Stanhopea oculata var. barkeriana Lindl.
  • Stanhopea oculata var. crocea Regel 1856
  • Stanhopea oculata var. lindleyi (Zuccarini) Lindley 1852
  • Stanhopea oculata var. genticulata Klinge 1898
  • Stanhopea oculata var. mexicana Fowlie
  • Stanhopea oculata var. nicaraguensis Fowlie
  • Stanhopea oculata var. genticulata Klinge 1898
  • Stanhopea oculata ssp. ornatissima (Lemaire) Dodson 1967
  • Stanhopea oculata var. meleagris Hort 1851
  • Stanhopea oculata var. pallida Hort. 1858
  • Stanhopea oculata var. viridi-aurea Hort 1942
  • Stanhopea purpusii Schlechter 1916

 

 

Exemple d'une forme intermédiaire :

 

Ce clône présente des caractéristiques à mi-chemin entre S. oculata et S. whittenii. Il s'agit probablement d'un hybride naturel entre les deux espèces.

  forme-intermediaire--2.jpg

 

Il provient de l'île de madère où il a été introduit à la fin du XIXème ou au début du XXèmesiècle puis reproduit végétativement sur l'île.

 

La plante est moins prolifique que S. oculata et S. whittenii, plus difficile de culture et difficile à faire fleurir. La plante apprécie un composte sain, sans dégradation, beaucoup d'eau et un drainage parfait. Elle produit des feuilles et des bulbes de plus petite taille, d'environ de moitié.

 

Ses fleurs apparaissent au nombre de 4 à 6 par tige avec le même port que celui de Stanhopea whittenii (ovaire perpendiculaire à la tige principale, fleurs bien séparées l'une de l'autre), son parfum est identique à celui de Stanhopea oculata et la morphologie du labelle (de l'hypochile en particulier) est à mi-chemin entre les deux espèces. L'orange vif et l'angle interne <90°C de l'hypochile sont typique de Stanhopea whittenii. En revanche, la légère dépression de la courbure externe de l'hypochile et sa faible profondeur sont quant à eux typique de Stanhopea oculata.

 

planche-oculata_whitenii_4.jpg 

 

A voir aussi : Comparatif entre S. oculata et S. whittenii, S. guttulata, S. ruckeri

  

 

Distribution


 

L'aire de distribution de Stanhopea oculata est donnée dans la littérature du Mexique au Brésil mais son aire de distribution réelle serait plus restreinte (Amérique centrale) en raison de la classification de nombreuses populations, appartenant auparavant au complexe oculata, sous de nouvelles espèces.  

 

Au Mexique, l'espèce est reportée des états de Puebla, Veracruz, Oaxaca et Chiapas se développant sous forme épiphyte dans des forêts mixtes de pins, de chênes et de liquidambar situées entre 800 et 1400 mètres au-dessus du niveau de la mer.

 

 

 

Conservation et menaces 


 

Son succès auprès des amateurs d'orchidées et l'altération de son habitat ont fait subir aux populations d'énormes pressions et les populations in-situ sont aujourd'hui méconnaissables. L'espèce est d'ailleurs déclarée comme "menacée" dans la norme officielle mexicaine NOM-059-ECOL-2001.

 

Cependant, ce succès auprès des collectionneurs et son acclimatation aisée en serre ou en milieu subtropical a permis une large diffusion de l'espèce dans le monde entier et l'espèce ne serait donc menacée que dans son milieu naturel.

 

 

Sur l'île de madère dans l'atlantique,  par exemple, cette espèce fut importées par les anglais et fait partie aujourd'hui des fleurs traditionnellement cultivées. On en trouve un peu partout à l'extérieur dans les jardins des habitants. Ces plantes ne sont jamais reproduites sexuellement mais plutôt végétativement, et les plantes qui circulent aujourd'hui sont encore issues de spécimens collectés il y a parfois plus d'un siècle.

 

  

 

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Littérature


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