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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 08:20
   
     Bonsoir,
 
Dernier chapitre sur la Nouvelle-Calédonie pour cette année... je vous emmène dans le massif des Koghis à seulement une demi-heure de Nouméa. C'est un site exceptionnel que je ne manque pas d'explorer à chaque fois que je viens en Nouvelle - Calédonie et les découvertes ne cessent de s'accumuler depuis ma première venue en avril 2010. Magie des paysages et des couleurs, sentiers escarpées dans les pierriers, forêt primaire et embrumées, le tout saupoudré de quelques 66 espèces d'orchidées, il y a de quoi ravir tout orchidophile ou amoureux d'espaces sauvages en manque de sensation !!!
           Photo Paysage
 
Au-delà du nombre impressionnant d'espèces, c'est surtout l'extravagance des espèces rencontrées qui confère à ces montagnes un intérêt particulier en redéfinissant l'orchidée. Ici, il est difficile de décrire en quelques mots cette vaste famille tant les espèces sont différentes l'une de l'autre et le non-initié, même orchidophile, risque de traverser ces montagnes en ratant bien des rencontres.
 
Certaines espèces sont minuscules comme Drymoanthus minimus,  Bulbophyllum absconditum  ou Acianthus elegans, d'autres sont géantes comme Cannaeorchis deplanchei ou Megastylis latissima, une terrestre dont l'inflorescence dépassent aisément les 2 mètres. On rencontre également des espèces aphylles (espèces dépourvues de feuilles et dont les racines synthétisent la lumière), Clematepistephium smilacifolium, une mystérieuse et méconnue orchidée liane atteignant plusieurs mètres ou encore Pachyplectron neocaledonica, une espèce qui a opté pour une stratégie de camouflage en imitant à la perfection les feuilles mortes tombées au sol.
 
Enfin, ces forêts sont le royaume du magnifique Dendrobium munificum, où l'on rencontre ici les plus beaux spécimens. Ah !!! et j'oubliais... ces montagnes abritent aussi quelques spécimens de Taurantha ophioglossa aux fleurs striées d'un rouge écarlate remarquable, une variation de l'espèce uniquement observée ici en Nouvelle-Calédonie. 
 
Avant de détailler ces petites merveilles et d'en établir la liste, commençons par décrire sommairement les lieux....
     Photo-Paysage-3.jpg
 
Le massif des Koghis est composé de 3 sommets, le mont Moné, le mont Bouot et le pic Malaoui.
 
Le pic Malaoui culmine à 652 mètres d'altitude et domine Nouméa. Appelé communément Chapeau du Gendarme, il se distingue aisément par sa roche à nue et sa plus faible altitude que celles des monts Bouot ou Moné. Ses versants sont composés de forêt à Niaoulis ou de maquis et son ascension est la randonnée favorite des calédoniens qui viennent au petit matin y boire leur café en profitant du magnifique panorama sur Nouméa et son arrière-pays.
 
Le mont Bouot culmine pour sa part à 1054 mètres d'altitudes. Il est recouvert d'une forêt basse, ouverte et très humide. La brume envahie quotidiennement son sommet et même par grand beau temps, de la brume se forme en fin de journée. Ce microclimat permet le développement d'un biotope unique et d'une richesse exceptionnelle.
 
De nombreuses espèces d'orchidées n'apparaissent qu'ici au sein du massif et certaines d'entre elles ne se rencontrent que sur l'un ou l'autre autre sommet de l'île aux conditions climatiques similaires.
 
Végétation sommet
 
Le mont Moné est quant à lui recouvert de maquis rabougris et de quelques  Araucarias muelleri isolés et majestueux. Culminant à 1075 mètres d'altitudes, il constitue le plus haut sommet du massif. Son accès par son flanc sud est difficile, la pente est très raide et glissante, surtout en descente et par temps de pluie.
 
Végétation du mont moné
 
Les crêtes sont composées d'une ligne rocheuse recouverte soit de maquis, soit d'une forêt basse composée d'arbustes abritant de nombreuses espèces d'orchidées.
 
Les versants du massif sont quant à eux recouverts d'une magnifique forêt tropicale bien fournies en banians étrangleurs, kaoris et fougères arborescentes dépassant souvent les 20 mètres. Quelques versants sont recouverts de maquis  ou par des formations ouvertes dominées par les niaoulis comme sur le versant sud du Moné ou du pic Malaoui.
 
 Chemin le long des crêtes
 
Mieux que ces quelques lignes et ces photos et avant d'aborder les espèces plus en détails, je vous propose ce petit montage vidéo qui retraduit l'atmosphère et l'ambiance de cette contrée aux humeurs changeantes. 


Revenons à présent sur ces quelques espèces aussi méconnues que ravissantes et originales et commençons par le genre Acianthus qui est particulièrement bien représenté ici avec 6 des 8 espèces calédoniennes, Acianthus atepalus, A. confusus, A. cymbalariifolius, A. elegans, A. tenellus et A.veillonis.

Acianthus elegans

Acianthus elegans est l'espèce d'Acianthus la plus commune ici. Elle se rencontre à toutes les altitudes et elle abonde particulièrement le long des crêtes rocheuses profitant du moindre cumul d'humus pour s'établir dans les fissures des roches. La plante est très discrète, frêle et ne dépasse pas la douzaine de centimètres. Les fleurs, de 2 à 3mm, s'ouvrent successivement le long d'une tige rougeâtre portant une feuille unie.
     
Acianthus elegans

Acianthus confusus, cymbalariifolius et tenellus

Ces trois espèces sont moins communes que la précédente et se rencontre entre 500 et 600 mètres partageant toutes le même habitat et fleurissant simultanément sans s'hybrider.

Acianthus confusus se rapproche de A. elegans aussi bien par sa fleur que par sa plante de mais ces fleurs sont plus grandes et son labelle est plus larges et bien étalé. Sa plante est plus robuste que A. elegans, particulièrement frêle.

Les deux autres espèces sont peu communes ici, même rares. A. cymbalariifolius possède sans doute les fleurs les plus attrayantes des Acianthus calédoniens avec des fleurs colorées de 3 cm d'envergure. L'espèce, plutôt rare ici, est abondante dans des stations du sud comme au Pic des Pins.

Enfin, Acianthus tenellus est remarquable par son large labelle à la fois strié de rouge et transparent. Espèce endémique et rare sur l'ensemble du territoire, seuls quelques spécimens ont été observés ici dans les Koghis.
 
Acianthus-species.jpg 
  
Pachyplectron neocaledonica
 
Le genre Pachyplectron est endémique à la Nouvelle-Calédonie et se décline en deux espèces, Pachyplectron neocaledonica et P. arifolium. Unique dans la famille des orchidées, ce genre se caractérise par sa stratégie de camouflage par mimétisme des feuilles mortes tombées au sol.
 
L'espèce neocaledonica est particulièrement abondante ici dans les Koghis, P. arifolium est plus rare et je n'en ai rencontré que quelques spécimens dans une station de l'extrême sud de l'île.
 
Pachyplectron neocaledonica produit une feuille aux teintes vertes ou marrons. Cette particularité est d'ordre génétique et indépendante de facteurs extérieurs puisque des spécimens aux feuilles vertes comme marrons se développent côte à côte partageant le même sol, le même ensoleillement ainsi que le même tapis de feuilles mortes.
 
La plante produit une feuille à la fois jusqu'à ce que suffisamment forte, elle fleurisse. L'ancienne feuille se désintègre en se desséchant, se recroquevillant et en adoptant des teintes plus sombres à la manière d'une feuille tombée au sol se désintégrant naturellement... le mimétisme est parfait.
 
A noter que la plante peut fleurir sans que la plante ne soit pourvue de feuille.
 
Pach.jpg
 
 
  Pachyplectron-neocaledonicum-verts-et-marrons-2.jpg 
 
Les hampes florales sont robustes, pubescentes, hautes d'environ cinquante cm. Les fleurs, au nombre de 4 à 15 par hampe, sont pourvues d'un éperon court vivement coloré à sa gorge et recouvert d'un casque, formé du sépale dorsal et des pétales, restreignant l'accès aux pollens.
 
La coloration de la hampe et des fleurs est liée à la pigmentation dominante de la plante. Ainsi les spécimens aux feuilles foncées ont des inflorescences aux tiges marrons et la coloration de la gorge de l'éperon est d'un rouge/orange foncé alors que les spécimens à dominante verte ont des hampes tout aussi vertes avec une coloration brunâtre de la gorge de l'éperon. Les photos ci-dessous présentent les inflorescences des deux formes. 
 
    Pachyplectron neocaledonicum 2
 
 
Gonatostylis vieillardii
     
Je reviens encore une fois sur cette espèce au très joli feuillage en étoile et qui forme ici de belles colonies. La plupart des spécimens des Koghis ont un feuillage vert surtout les colonies en altitude où l'espèce est particulièrement abondante mais quelques spécimens aux feuilles marrons se rencontrent aussi ici mais à plus basse altitude, vers 600 mètres.
 
    Gonatostylis-vieillardii-2.jpg
 
 
Les colonies du mont Bouot souffrent des rats qui dévorent les inflorescences et empêchent ainsi tout renouvellement de la population puisque aucune reproduction asexuée n'est possible pour cette espèce.
 
Alors que j'observais avec stupéfaction les tiges sectionnées sur l'ensemble des plantes, j'ai eu droit à la visite d'un rat et j'ai ainsi rapidement fais le lien... . La Direction de l'Environnement a été prévenue pour procéder à une dératisation de la zone. En effet, elle abrite non-seulement Gonatostylis vieillardi mais aussi beaucoup d'autres espèces d'orchidées rares comme Acianthus atepalus ou Coilochilus neocaledonicum qui ne se rencontrent qu'au sommet du Bouot et quelques autres stations de l'île.
 
J'ai pu observer un phénomène similaire sur une des plus vastes populations de Stanhopea hernandezii au Mexique où seuls des spécimens âgés de plus de 5 ans peuplaient les rochers et aucune jeune plante ni fécondation n'étaient présentent. Lors de la saison de floraison, je me suis aperçu que les fleurs étaient systématiquement coupées au niveau de l'ovaire avant même de s'ouvrir. Bien que n'ayant aucune preuve, je pense que les responsables sont les écureuils qui pullulent dans la zone, mais pourquoi ? Les fleurs ne sont pas consommées alors peut-être à cause du puissant parfum qui les incommoderait ?!?
 
Ces observations prouvent encore une fois qu'un dérèglement de la faune par l'introduction de nouvelles espèces ou par le déséquilibre des populations du à la disparition des prédateurs impacte directement la flore même dans des zones qui, à première vue, semblent protégées et non-perturbées.  
 
   Gonato + rats
 
 
Pterostylis bureaviana

synonyme : Pterostylis affinis
 
Une belle espèce terrestre que l'on rencontre ici entre 700 et 900 m le long des crêtes rocheuses. Sa fleur est très proche de Pterostylis curta et il est plus aisé de les différencier par leurs plantes.
 
Les feuilles de P. curta sont disposées en rosette alors que P. bureaviana présentent des feuilles alternées le long de sa tige.
 
Les spécimens de Pterostylis bureaviana sont souvent seuls ou au nombre de 3 ou 4, alors que P. curta forme de vastes colonies de plusieurs dizaines de spécimens comme au sommet du Mont Ignambi.
   Pterostylis bureaviana
 
 
Megastylis latissima

Abordons encore cette espèce terrestre avant de présenter quelques épiphytes. Megastylis latissima appartient au genre Megastylis, un genre comprenant 7 espèces dont 6 sont endémiques à la Nouvelle-Calédonie.
 
L'espèce la plus commune est Megastylis gigas qui se rencontre par milliers dans le maquis du Sud de l'île mais aussi ici, sur les pentes du mont Moné. Avec Eriaxis rigida, elles sont les deux espèces les plus populaires.
 
Megastylis latissima est quant à elle beaucoup plus rare. C'est une orchidée robuste dont les feuilles au nombre de 1 à 3 sont coriaces, elliptiques à orbiculaires (45 x 20 cm) comportant une dizaine de nervures blanches longitudinales. Les inflorescences sont dressées et peuvent atteindre entre 2 et 3 mètres portant de nombreuses fleurs verdâtres. Ici, l'espèce se rencontre  le long des crêtes et aux sommets, dans les zones les plus humides.
 
Megastylis latissima
 
     
Relevons à présent un peu la tête pour nous intéresser aux espèces épiphytes... 
 

Dendrobate virotii
    
synonyme : Dendrobium virotii
 
Une espèce endémique, commune  du sud de l'île, et présente ici uniquement le long de la ligne de crête à environ 800 mètres d'altitudes.
 
La plante pousse comme une liane en formant une série de pseudobulbes allongés remontant le long d'un tronc ou, plus rarement en rampant au sol ou sur des rochers. L'espèce fleurit rarement et beaucoup de plantes restent stériles car leurs pseudobulbes doivent atteindre une quarantaine de cm pour être de force à fleurir or beaucoup germent sur un hôte insuffisamment développés (arbuste, branchette, ...)  pour qu'elles aussi puissent se développer convenablement à leur tour. Les pseudobulbes restent alors chétifs et la plante végète sans s'épanouir.
         
Dendrobate virotii
 

Bulbophyllum aphanopetalum

Une espèce commune ici le long des lignes de crêtes dès 700 mètres fleurissant abondamment entre avril et août. Elle se confond aisément avec B. pallidiflorum considéré à tort comme un synonyme.
              
Bulbophylum-aphanopetalum-2.jpg

Les différences morphologiques entre B. aphanopetalum et B. pallidiflorum sont notables aussi bien au niveau de l'inflorescence qu'au niveau de la plante. Seule la coloration jaune pâle de l'ensemble du périanthe est commune aux deux espèces. 
      
Les fleurs de B. aphanopetalum sont plus grandes que celles de B. pallidiflorum et mesurent entre 1,2 cm à 1,8 cm contre 1 cm pour B. pallidiflorum.
   
Les morphologies des labelles sont très différentes aussi, B. aphanopetalum présente un labelle simple bien étalé, de 4mm de large pour 6mm de long alors que celui de B. pallidiflorum est minuscule (1 mm x 2mm), articulé et se confond avec les pétales.

La hampe florale est plus courte chez B. pallidiflorum, de 2 à 3 cm, et la fleur fleurit au sein du feuillage alors que chez B. aphanopetalum, les hampes sont plus longues (5 à 7 cm) et permettent à la fleur d'être bien dégagée du feuillage.

Enfin, B. aphanopetalum présente des feuilles élliptico-oblongue de 40 à 60 mm alors que celles de B. pallidiflorum sont plus petite de 25 à 35mm, plus coriace et de forme linéaire à lancéolée.

Les pseudobulbes sont également bien distincts, ceux de B. aphanopetalum sont ovoïdes, d'un diamètre de 8 à 10 mm légèrement sillonés alors que ceux de B. pallidiflorum sont ovoïdes, canaliculés de 2 ou 3 mm de diamètres pour 3 ou 4 mm de longueur, lisses et luisants.
     
Bulbophyllum-pallidiflorum.jpg

B. aphanopetalum n'est pas endémique à la Nouvelle-Calédonie et se rencontre également en Papouasie-Nouvelle-Guinée alors B.pallidiflorum ne se rencontre qu'en Nouvelle-Calédonie, au parc des Grandes Fougères ou plus au nord dans le massif du Panié.
     

Bulbophyllum ngoyense

Une espèce qui serait apparemment polytypique puisque comme Dendrobium oppositofolium les populations de basse altitude diffèrent de celles d'altitude.

La forme présente ici dans les Koghis, se développant entre 700 et 900 mètres d'altitudes, présente des fleurs aux sections plus larges que celle qui se rencontre à basse altitude, principalement au sud de l'île.

Une analyse comparative des deux formes serait nécessaire pour pouvoir statuer sur ces deux formes et les scinder ou pas en deux espèces différentes. 

Bulbophylum ngoyense 2
          
Microtatorchis schlechteri, oreophila et Taeniophyllum trachypus
  
Ces trois espèces sont les espèces aphylles les plus communes de l'île et sont difficiles à différencier au premier coup d'oeil. Elles se rencontrent toutes les trois dans les Koghis dans différentes zones.

Taeniophyllum trachypus (synonyme = T. hirtum) est la plus rare de ces trois espèces et se rencontre dans les forêts à Niaoulis et les forêts humides du Pic Malaoui autour de 600 mètres d'altitudes. Elle se distingue par des racines rondes, fines et aériennes qui s'opposent aux racines épaisses, plates et bien collées aux branches des Microtatorchis.

La hampe florale et la fleur sont aussi bien distinctes. La fleur de Taeniophyllum trachypus est d'un jaune franc alors que les fleurs des deux espèces de Microtatorchis sont vertes et les hampes florales de T. trachypus sont fines et brunâtres alors que les hampes des Microtatorchis sont plus épaisses, d'un vert luisant et pourvus de larges bractées florales. 
       
Taeniophyllum trachypus

La différenciation des deux espèces de Microtatorchis est plus compliquée. Les deux espèces affectionnent les zones humides et fraîches des sommets de l'île à partir de 700 mètres et partagent souvent les mêmes stations.

Microtatorchis schlechteri

Microtatorchis schlechteri se distingue par ses 4 ou 5 feuilles et ses hampes florales retombantes, épaisses et pourvues de larges bractées alors que M. oreophila présente des hampes florales plus frêles, érigées, droites et pourvues de bractées florales moins développées.

La plante de M. oreophila est aussi parfaitement aphylles et se rencontre aussi bien épiphyte que lithophyte ou même parfois terrestre alors que M. schlechteri est exclusivement épiphyte.
 Microtatorchis-oreophila-1.jpg      Microtatorchis-oreophila-2.jpg
  
   
LISTE DES ESPECES D'ORCHIDEES DE LA CHAINE DES KOGHIS 
   
On dénombre 66 espèces dont 40 endémiques à la Nouvelle-Calédonie, soit 1/3 des espèces calédoniennes et  40% des espèces d'orchidées endémiques, des chiffres record !!! 
                                                
espèce

occurence

aux Koghis

occurence en

Nouv. - Calédonie

endémique à la

Nouv. - Calédonie

Achlydosa glandulosa
= Megastylis glandulosa
commune commune X
Acianthus atepalus rare rare X
  Acianthus confusus peu commune commune X

  Acianthus cymbalariifolius
 = Acianthopsis cymbalariifolius

rare commune X
 Acianthus elegans abondante abondante X

 Acianthus tenellus

 = Acianthus macroglossus

 rare abondante X

 Acianthus veillonis

 = Acianthopsis veillonis

rare rare X
 Anoectochilus imitans rare commune  

 Bouletia finetiana
 = Dendrobium finetianum

rare abondante X

 Bulbophyllum absconditum

commune commune  
 Bulbophyllum aphanopetalum abondante commune  
 Bulbophyllum atrorubens rare peu commune  
 Bulbophyllum baladeanum rare abondante X

 Bulbophyllum betchei

commune abondante  
 Bulbophyllum ebulbe  commune commune  
 Bulbophyllum ngoyense

 forme de basse altitude

rare abondante X
 Bulbophyllum ngoyense

 forme de haute altitude

commune rare X
Calanthe ventilabrum rare peu commune  

 Cannaeorchis deplanchei

 = Dendrobium deplanchei

rare rare X

 Cannaeorchis verruciferum

 = Dendrobium verruciferum

commune abondante X
 Ceratostylis subulata peu commune peu commune  
 Coilochilus neocaledonicus rare rare  
 Corybas neocaledonicus commune  commune X
 Clematepistephium smilacifolium rare rare X
 Chrysoglossum ornatum peu commune peu commune  

 Dendrobate virotii
 = Dendrobium virotii

peu commune abondante X
 Dendrobium crassicaule commune peu commune X
 Dendrobium munificum commune commune X

 Dendrobium odontochilum

 forme de basse altitude

rare abondante X
 Dendrobium oppositofolium rare abondante X
 Gonatostylis vieillardii commune  commune X
 Earina valida commune abondante  
 Earina deplancheii abondante  abondante X
 Epigogium roseum rare     ?      
 Eria karicouyensis abondante  abondante X
 Eria rostriflora commune abondante  
 Eriaxis rigida abondante abondante X
 Eulophia moratii rare  peu commune X
 Grastidium camaridiorum rare abondante X
 Grastidium crassifolium abondante ? X
 Liparis condylobulbon rare abondante  
 Liparis elliptica rare peu commune  
 Liparis gibbosa rare commune  
 Liparis laxa rare commune X
 Liparis layardii rare commune  
 Malaxis taurina abondante abondante X
 Megatylis latilabris commune ? X
 Megastylis latissima rare rare 
 Megastylis gigas commune abondante                  
 Microtatorchis oreophila rare commune X
 Microtatorchis schlechteri rare commune X
 Octarrhena oberonioides  peu commune rare X
 Octarrhena species #2 rare ?  
 Pachyplectron neocaledonicum abondante abondante X
 Peristylus novoebudarum peu commune peu commune  
 Phreatia subulata abondante commune X
 Phreatia pachyphylla rare peu commune X
 Phreatia species #3  rare ?  
 Pristiglottis montana commune  commune                    
 Pterostylis bureaviana peu commune commune X
 Sarcochilus koghiensis rare rare X

 Taeniophyllum trachypus
 = Taeniophyllum hirtum

rare rare  
 Taurantha ophioglossa rare commune  

 Thelchyton comptonii
 = Dendrobium comptonii

rare abondante  
 Tropidia viridiflusca commune commune X
Zeuxine species #1 rare ? ?
       
Les orchidées ne sont bien sûr pas les seules à enchanter ces lieux, on trouve également de nombreuses fleurs comme Xiris plancheri en jaune ci-dessous, Parasitus ustus, un parasite des racines de Falcatifolium taxoides, toute deux endémiques ou encore les deux représentants des plantes carnivores de l'île à savoir Nepenthes vieillardii et Drosera neocaledonica.


Autres fleurs 1

     Parasitaxus ustus

 

 

Alors, quel avenir pour les Koghis ?

 

Situé à moins d'une heure de Nouméa, ce site est une bouffée d'oxygène pour les habitats de Nouméa qui l'affectionnent particulièrement et l'exploitation de sa forêt est aujourd'hui complètement exclue et dénué de sens. La zone est désormais une réserve naturelle protégée garantissant sa conservation.

Un autre facteur, habituellement plutôt dévastateur, joue également en sa faveur. Il s'agit de l'omniprésence des randonneurs qui décourage l'établissement des cochons sauvages et des cerfs nuisibles à la végétation des sous-bois et aux sols. Je n'ai personnellement constaté aucune plante grignotée par les cerfs ni aucune parcelle labourée par les cochons sauvages.

 

A contrario, certaines zones plus isolées comme les hauteurs du Massif du Panié ou les forêts des vastes étendues du Sud subissent une pression démographique quasi nulle mais leur isolement et leur quiétude favorise le développement des cochons et des cerfs qui, régulièrement chassés, y trouvent refuge.

   
Cependant, la chaîne des Koghis n'est pas non plus exempte de tout "dérèglement" biologique. Les rats se sont établit aux sommets et nuisent aux espèces terrestres rares et endémiques comme expliquée ultérieurement dans cet article. La conservation de populations saines de ces espèces protégée demande donc des campagnes de dératisation et une surveillance accrue de ces zones.

 

        Mont bouot sous nuages 

 

Voilà, fin du voyage...

 

Bien que ces quelques lignes et ces quelques photos ne présentent qu'un fragment infime des richesses botaniques de ces montagnes, j'espère avoir suscité en vous l'envie d'y faire un jour un tour.

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 08:55

Quittons ce soir le sud-ouest et le centre de l'île et dirigeons-nous vers le nord de l'île et sa côte est sauvage et indomptée. Ce troisième article nous emmène au massif du Panié, jusqu'au sommet du mont Ignambi qui culmine à 1311 mètres.
 
Les paysages de cette côte sont somptueux, les montagnes tombent à pic dans la mer, les cascades dévalent des pentes abruptes et les couleurs du ciel, des montagnes et de la mer forment un kaléidoscope infini au fil des vallées. Les jeux de lumière participent à cette magie et les jours se suivent sans se ressembler.
 Embouchure de la Ouaïème
 
Cascade de Tao

Cette région bien conservée détient encore une fois des records d'endémisme et, d'un point de vue botanique, elle est surtout connue pour les espèces de Palmiers qui ne se rencontrent que dans ce massif comme le Lavoixia macrocarpa dont on ne connaît qu'un seul peuplement  dans ces montagnes d'une trentaine d'individus. J'ai donc bon espoir de rencontrer encore de jolies choses et je compte bien tenter l'ascension d'un des sommets. Le mont Panié est bien sûr l'excursion idéale mais il faut passer une nuit en refuge et je ne suis pas équipé. Je décide donc de tenter l'ascension du mont Ignambi qui atteint 1311 m, troisième sommet du massif après les monts Panié et le Colnett.
Contrefort du PaniéPaysage Mont panié

Son ascension est très risquée sans guide local, voire impossible. Ce guide permet à la fois d'être conduit jusqu'au sommet mais il permet aussi d'être "en règle" avec les autorités locales. En effet, cette région de Nouvelle-Calédonie est la plus indépendantiste de l'île et les locaux n'apprécient guère que des étrangers viennent fouler leur terrain de chasse ou les "lieux tabous" sans se présenter et sans l'autorisation des chefs coutumiers.

Ouaième
La coutume est donc de mise cette fois-ci et je retrouve le chef de la tribu de Tchambouène qui vit au pied de l'Ignambi pour obtenir "sa bénédiction" et pour qu'il m'oriente vers un guide.
      
Il m'oriente vers Jean-Paul, qui historiquement organise l'ascension du sommet et je le retrouve un peu plus tard au nakamal du village, lieu où l'on boit le kava entre amis, une décoction traditionnelle de l'île obtenue à partir d'un tubercule aux effets relaxant et anesthésiant. Je suis accueilli avec une bonne tasse de Kava que j'honore bien sûr, avant de demander toute faveur.

Je trouve un accord vers Emile, le frère cadet de Jean-Paul. Il me guidera jusqu'au sommet et nous nous donnons rendez-vous le lendemain à 6H30 pour réaliser l'ascension de l'Ignambi.


L'ascension du mont Ignambi

La journée est belle mais la nuit a été exécrable. Dormir au bord de la mer est certes très romantique mais il n'y a aucun interrupteur pour stopper les vagues et leur fracas.
 
Après un rapide petit déjeuner, je me rends donc à Tchambouène pour retrouver Emile et nous partons tout droit vers le sommet, encore sans nuage à ces heures matinales.  A première vue, le sommet ne semble pas si loin et la forêt qui le recouvre peu épaisse...
 

Mont Ignambi 
Nous partons du village et traversons dans un premier temps de hautes herbes où nidifient les fameuses guêpes jaunes qui avec 7 piqures tuent un homme mais il est encore tôt et elles sont peu actives. La pente est tout de suite très abrupte et le soleil tape fort. Il est 7 heures du matin et je suis déjà en sueur me demandant comment je vais pouvoir atteindre le sommet à 1300 m alors que nous venons à peine de commencer. Emile semble dans son élément et continue de grimper sans s'arrêter en se roulant de temps à autre une cigarette.
   
en route vers le Ignambi
Nous arrivons à une première crête et décidons de faire une petite pause, l'effort est intense et je me sens nauséeux mais le paysage est magnifique, nous sommes déjà à 300 ou 400 mètres d'altitudes et la vue sur la côte d'un côté, et sur les montagnes de l'autre est somptueuse. Tout exciter, Emile me fait remarquer une colonie de Roussettes qui virevoltent au sommet des crêtes. Pour ma part, je remarque quelques Spathoglotis plicata, une espèce pionnière qui s'établie rapidement en milieu dégradé, ainsi que quelques rares Phaius tancarvillae qui ont échappés aux feux intentionnellement allumés par les chasseurs de la tribu.


Côte est

Ignambi
La marche reprend et le sommet semble s'éloigner au fur et à mesure que l'on s'en approche. Enfin nous arrivons dans la forêt où l'air est tout de suite plus frais en sous-bois. Je reprends doucement mes esprits, me sens plus à l'aise et commence à prendre le rythme. Nous sommes encore loin du but et je ne rencontre pour l'instant que des espèces communes des forêts humide de basse altitude comme Rhynchophreatia micrantha, Eria rostrifolia ou Liparis condylobulbon. Une fougère, Lycopodium balansae, retient notre attention. Peu commune, on en rencontre ici abondamment.

 Lycopodium-balansae.jpg

 

Nous prenons doucement de l'altitude sur un chemin boueux souvent imperceptible mais que Emile connaît comme sa poche. Il passe son temps à roucouler en espérant que les Notous,  gros pigeon qu'il chasse régulièrement ici, lui répondent et il repère ainsi les endroits les plus propices pour ces prochaines chasses. J'aperçois un de ces oiseaux qui s'envole avec fracas. Ce sont des pigeons mais ils ont la taille d'une poule. Ils les chassent à la "Nouvelle Igname" et j'imagine que ça ne doit pas être mauvais du tout.

 

Nous commençons à prendre de l'altitude et la végétation commence à changer. Les fougères sont de plus en plus présentes comme les mousses qui tapissent les arbres et les roches. Nous traversons de nombreux torrents de montagne, je partage avec Emile ma connaissance des orchidées et lui me fait part de son expérience de chasseur et me narrent ainsi de nombreuses histoires de cochons sauvages, de roussettes et autres notous. L'échange est sympa et il me fait voir des choses que jamais je n'apercevrais seul.

 

De nouvelles espèces font leur apparition, Calanthe balansae en sous-bois et Bulbophyllum betchei et ebulbe en épiphyte ainsi que Grastidium camaridiorum mais les arbres sont hauts et l'observation des épiphytes est difficile et se fait souvent sur des arbres tombés à terre.
  

creek de montagne
   
Fougères
Le sous-bois est dense à présent, envahi de fougères et je trace le chemin à coup de machette. Emile commence à accuser le coup et reste à la traîne. Je continue d'avancer à un rythme soutenu sans trop prendre le temps d'observer les arbres et les épiphytes, le sommet est encore loin et il faut avancer. Je rencontre quand-même quelques Dendrobium muricatum, Eria robusta et des Bulbophyllum baladeanum ainsi que d'autres espèces que je n'ai pu identifier mais je n'ai pas le temps de m'arrêter.

Fougères du sommet



Nous marchons depuis plus de 5 heures, il est 13H00 environ et nous débouchons sur une petite clairière envahie de maquis et de Phaius tancarvillae qui poussent parmi les herbes qui à la fois maintiennent une humidité permanente au sol et protège le feuillage d'un ensoleillement trop dur et trop direct.  Le mont Ignambi semble enfin à porter mais il est n'est plus bien dégagé comme au petit jour, la brume se pose lentement sur la forêt.

Sommet de l'ignambi
Phaius tancarvillae 2
Phaius tancarvillae 1
Nous reprenons rapidement la route pour attaquer la dernière côte qui mène au sommet à 1311 m. Dans cette végétation sursaturée en eau, de très beau peuplement de Pterostylis curta se sont établies. Ils poussent directement dans cette terre très mouillée presque boueuse au sommet de l'Ignambi. Les cochons sauvages apprécient d'ailleurs également les lieux et labourent le sol pour se lover dans la boue en causant de gros dégâts.


Pterostylis curta
A 14h30 nous atteignons le sommet, malheureusement nous sommes dans les nuages et la vue sur le mont Panié et le Colnett sera donc pour une autre fois. Nous restons quelques minutes puis amorçons la descente. Il commence à pleuvoir et nous devons retourner au village avant la nuit. Nous redescendons le plus rapidement possible, il pleut à torrent à présent et tout est devenu glissant. Je me ramasse une bonne dizaine de fois alors qu'Emile, lui ne tombe jamais. Il est pied nu et je crois qu'il n'y a plus adhérent dans la boue que de marcher pieds nus, aucune chaussure de marche n'arrive à la hauteur de nos cinq petits orteils bien ancrés dans la terre.


Nous dévalons les pentes sans nous arrêter, j'ai le pressentiment que nous ne parviendrons pas à atteindre le village avant la nuit et Emile me raconte ses nuits passés dans la forêt lorsque revenant de chasse, ils se font attraper par la nuit et ne rentrent que le lendemain après avoir dormi en forêt. Je lui avoue que je me passerai bien quand-même d'une telle expérience et nous parvenons à peine à sortir de la forêt que le jour commence à décliner.

Nous arrivons au village à 18H30, il fait déjà nuit et nous avons terminé le dernier km en courant dans les hautes herbes avec comme boussole la lueur des lampadaires du village et quel soulagement lorsque nous sommes enfin arrivés.

Cette ascension a été avant tout un défi physique, l'observation des plantes n'a été que secondaire et demanderait l'établissement d'un camp en altitude pour pouvoir vraiment prendre le temps d'observer la flore mais j'en retiens surtout l'échange avec mon guide, nous avons un instant confondus nos monde.

 

La prochaine fois, je tenterais l'ascension du Colnett, Emile connait aussi le chemin...
   
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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 11:47


Bonsoir,
      
Ce deuxième article porte sur des sites du centre de l'île, le plateau du Dogny, le parc des Grandes Fougères et le Sentier des Sources. La flore est totalement différente des stations du Sud présentées dans le premier article, on côtoie ici les fougères arborescentes et les mousses typiques des forêts de brume à partir des 500 ou 600 mètres.
 
Les orchidées sont bien sûr nombreuses dans cet environnement mais parfois difficiles à apercevoir lorsqu'elles sont perchées à la cime d'arbres de plus de vingt mètres. De nombreuses épiphytes ont tout de même pu être observées dans des zones à la végétation plus basse et plus ouverte comme les forêts à Niaouli du parc des Grandes Fougères ou en forêt galerie le long du Sentier des Sources.
 
L'observation d'oiseaux est aussi un des points fort de la zone et l'on aperçoit régulièrement des perruches de la chaîne, Eunymphucus cornutus, des Notous, Ducula goliath, plus grand pigeon au monde très apprécié des tribus locales, ou encore le faucon calédonien, Accipiter aplocrous.
       
Voici donc, en quelques mots et quelques photos, une présentation très succincte de ces endroits et des orchidées rencontrées en commençant par le parc des Grandes Fougères qui regroupe plus de 40 espèces d'orchidées soit 20% des orchidées de Nouvelle-Calédonie.
     
        Le parc des Grandes Fougères
 
Un vaste parc naturel de 4500 hectares, entre 400 et 700 mètres d'altitude, divisé en trois zones. La première dédiée à la chasse, la seconde à la promenade et la randonnée et la troisième à la conservation. Cette dernière bénéficie par conséquent d'une protection intégrale.
   
    Grandes-Fougeres.jpg

J'avais visité ce parc une première fois en 2010 lors d'une journée porte ouverte et me souviens avoir participé au reboisement de zones dégradées en plantant un "bois bleu". Après bientôt un an, les jeunes arbres vont bien et grandissent doucement. Les grillages semblent les protéger efficacement des cerfs qui, trop nombreux, dévorent les jeunes poussent et nuisent au renouvellement des forêts.
 
Reboisement-1.jpg
 
J'avais aussi rapidement exploré  la zone basse du parc et rencontré Dipodium punctatum var. squamatum en fleur.  Cette année, j'ai pu y passer deux journées complètes et explorer l'ensemble du parc jusqu'au pic Vincent, point culminant à 703 m exactement. J'y ai rencontré beaucoup d'espèces dont certaines très rares comme Gonatostylis vieillardii, genre endémique à la Nouvelle-Calédonie, ou la forme de Bouletia finetiana (syn. Dendrobium finetiana) au labelle rouge que l'on ne rencontre que dans ces montagnes.
 
    Gonatostylis-vieillardii_2.jpg

Les Dendrobiums et genres apparentés sont d'ailleurs très bien représentés ici avec Eleutheroglossum poissonianum (syn. Dendrobium poissonianum), Grastidium camaridiorum (syn. Dendrobium poissonianum), Dendrobium oppositofolium, Dendrobium muricatum, Dendrobium odontochilum (forme de montagne), Thelychiton comptonii (syn. Dendrobium gracilicaule) et comme cité précédemment la forme au labelle rouge de Bouletia finetiana (syn. Dendrobium finetiana).

Le genre Bulbophyllum est aussi très présent, on rencontre couramment les espèces hexarophalos, baladeanum, ebulbe, longifolium et betchei et plus rarement Bulbophyllum pallidiflorum.  
 
Parmi les épiphytes citons encore Liparis elliptica, Liparis condylobulbon, Liparis gibbosa, Eria rostriflora, Phreatia pachyphylla, Phreatia sp., Rhnychophretia micrantha, Oberonia equitans, Teaniophyllum sp., Microtatorchis schlechteri et même exceptionnellement Pholidota imbricata.

En plus de toutes ces épiphytes, on trouve de nombreuses terrestres comme Calanthe hololeuca et Goodyera viridiflora en forêt humide ou encore, Dipodium punctatum var. squamatum, Appendicula reflexa, Corybas neocaledonica, Chrysoglossum ornatum, Acianthus heptadactylus, Taurantha ophioglossa et Gonatostylis vieillardii dans les forêts plus ouverte  dominées par les Niaoulis  et enfin Eriaxis rigida, Megastylis gigas, Spathoglottis plicata, une forme claire de Taurantha ophioglossa et Thelymitra longifolia en maquis.
 
Un site de première importance donc avec un minimum de 36 espèces d'orchidées dont de nombreuses espèces endémiques. La déclaration en 2008 de la zone en parc naturel, les actions de reboisement et l'intérêt des calédonniens pour leur environnement laisse présager le meilleur pour cette zone.

Parc-vue.jpg

   
 
Bouletia finetiana

synonyme: Dendrobium finetiana section grastidium

Une espèce épiphyte endémique, commune sur l'île, et qui présente une variation de couleur selon les populations. En effet, la plupart des spécimens ont leurs pétales et sépales jaunes veinés de rouge avec un labelle clair mais les spécimens du parc des Grandes Fougères sont orange-ocre avec un labelle pourpre très intense.

Les photos ci-dessous présentent, un spécimen type du parc de la Rivière Bleue (photo en haut à gauche) ainsi qu'un spécimen du parc des Grandes Fougères aux fleurs richement colorées (photo du bas).

Bouletia finetiana 1
Bouletia-finetiana-2.jpg
 

Grastidium camaridiorum

synonyme: Dendrobium camaridiorum section grastidium
       
Une autre espèce endémique, très belle mais aussi très éphémère puisque sa fleur ne dure qu'une seule journée. Largement répandue sur toute l'île, il est cependant exceptionnel de la rencontrer en fleur.


Grastidium-camaridiorum.jpg


Bulbophyllum hexarhophalos

Un joli Bulbophyllum notable par ses appendices oscillants qui entourent la colonne et le labelle des fleurs. La coloration de ses sépales varie du jaune au rouge.

L'espèce se rencontre aussi en Nouvelle-Guinée, aux Iles Bismarck ou encore aux Fidji à basse altitude jusqu'à 500 mètres. En Nouvelle-Calédonie, on rencontre cette espèce plutôt dans le sud, en forêt humide comme au parc de la Rivière Bleue où elle est abondante.


Bulbophyllum-hexarophalos-1.jpg


Calanthe hololeuca

Une espèce que l'on rencontre dans les îles du Pacifique sud et qui ici, au Parc des Grandes Fougères évolue à environ 500 mètres d'altitude en forêt humide. Comme les autres espèces de Calanthe de l'île, on la rencontre sur le bois mort et les troncs pourris en sous-bois.
 
Calanthe hololeuca forme une grappe de fleurs serrées complètement blanches. Elles s'ouvrent peu et jaunissent avant de faner complètement.

Calanthe-hololeuca.jpg
   

Corybas neocaledonicus

Une espèce minuscule qui demande à regarder où l'on met les pieds ! Seule représentante du genre Corybas en Nouvelle-calédonie, on la rencontre également au Vanuatu et en Australie. Elle se rencontre ici à 600 mètres d'altitude en forêt mixte de niaoulis sur un sol très mouillé.


Corybas-neocladonicus.jpg
     
 
Taurantha ophioglossa
   
synonyme
: Pterostylis ophioglossa
   
Une espèce rencontrée ici dans le maquis du pic St-Vincent à 700 mètres d'altitudes mais aussi plus bas sur talus moussu en bordure de chemin. Les fleurs poussant à découvert dans le maquis sont plus claires et de plus petite taille que celles en forêt.


       Taurantha-ophiogossa-2.jpg
        
         
         
         
Le plateau du Dogny
    
 
J'avais tenté une première ascension du plateau l'an dernier, le week-end suivant mon arrivé sur l'île mais le décalage horaire se faisant encore ressentir, je n'étais même pas parvenu à la moitié du parcours. En effet, avec 1000 mètres de dénivelé et encore plusieurs kms une fois arrivé sur le plateau, l'exploration des lieux demande une condition physique minimum.
 
Cette année fut donc la bonne et l'exploration des forêts d'altitude a valu les efforts consentis. Le beau temps a même été de la partie permettant d'avoir une magnifique vu sur la côte et  les montagnes environnantes une fois arrivé sur les hauteurs du plateau. 
     
Vue depuis le sommet du plateau  
       
Trois zones peuvent être grossièrement distinguées, la forêt de basse altitude des versants du plateau jusqu'à 600 m puis la forêt humide entre 600m jusqu'au plateau et enfin le plateau à 1000 mètres d'altitudes  où un maquis d'altitude et des lambeaux de forêt se partagent les lieux. Les essences de ces trois zones sont différentes et les orchidées qui s'y sont établies sont également différentes.
 
   

Forêt humide de basse altitude

La forêt jusqu'à 600 mètres se caractérise par de grands arbres colonisés par les grandes fougères Asplenium nidus et Drynaria rigidula. On retrouve des espèces d'orchidées typiques des forêts humide de basse altitude de la région centrale de l'île, à savoir Rhynchophreatia micrantha, Bulbophyllum longifolia, Dockrilia bowmanii,  Luisia teretifolia, Oberonia equitans, Liparis condylobulbon, Eria rostriflora et Thelychiton comptonii (syn. Dendrobium gracilicaule).
 
          Asplenium-nidus.jpg
 
    
 
Forêt humide d'altitude
 
A partir de 600 mètres la forêt devient plus humide au fur et à mesure que l'on prend de l'altitude. Les fougères, arborescentes et autres, deviennent alors de plus en plus abondantes.
  
Au sol, les imposantes Calanthe balansae se mélangent aux fougères mais aussi Goodyera viridiflora, Malaxis taurinaPristoglottis montana,  Chrysoglossum ornatum qui, comme les Calanthes, s'établit sur les troncs mort au sol
 
Earina valida et Liparis phalacrocorax  font leur apparition dans les arbres mais les épiphytes sont encore assez rares et difficiles à observer.
     
       
Goodyera viridiflora :
 
Une espèce peu commune ici en Nouvelle-Calédonie que je n'ai rencontré qu'ici sur les pentes du plateau du Dogny et au parc des Grandes Fougères. Elle se rencontre cependant dans toute l'Asie depuis l'Inde jusqu'au Japon en passant par l'Australie !!! Pour une fois, un contre-exemple de l'endémisme des espèces indigènes de Nouvelle-Calédonie mais elle n'en reste cependant pas moins jolie.
 
 Goodyera viridiflora
 
 
Calanthe balansae :

Sans doute l'espèce de Calanthe la plus répandue de l'île, elle se rencontre du nord au sud dans les zones les plus humides souvent au-dessus de 800 mètres comme ici ou sur le mont Mou et le mont Ignambi mais aussi à plus basse altitude comme au le parc de la Rivière Bleue. Abondante dans les stations où elle s'établie, elle passe difficilement inaperçue.
 
Calanthe balansae
 
 
Pristiglottis montana :
 
Une jolie terrestre endémique des forêts humides de montagne de Nouvelle-Calédonie. Elle a également été rencontrée dans la forêt des Koghis à la même altitude (environ 700 mètres).

Pristiglottis-montana.jpg
 
 
     
Forêt et maquis du sommet du plateau
 
Arrivé au sommet, on débouche sur le plateau recouvert à la fois de maquis et de forêt. Ces forêts sont uniques et très différentes de celle des flancs du plateau. Elles sont particulièrement riches en orchidées et beaucoup de nouvelles espèces apparaissent ici. On peut citer Bulbophyllum lingulatum que l'on rencontre ici en grande quantité, Calanthe balansae, Dendrobium oppositofolium, Dendrobium muricatum, Bouletia finetiana (syn. dendrobium finetiana) ou encore Bulbophyllum baladeanum. La zone dénombre également beaucoup de Microtatorchis et de Taeniophyllum, orchidées sans feuilles qui ne se rencontrent que dans les zones quotidiennement embrumées comme au sommet du mont Mou ou du mont Bouot.

Le maquis est cependant moins fourni en orchidée où seul Eriaxis rigida a été observé.
 
 
Maqui-s-2.jpg      
 
         
Bulbophyllum lingulatum :
 
Une espèce abondante mais qui ne se rencontre ici que dans les lambeaux de forêt du sommet du plateau. Elle colonise alors les troncs sur de vastes zones. Son nom provient de la forme du labelle qui rappelle une langue pendue. Espèce endémique.
 
Bulbophyllum lingulatum 1
 
       
Bulbophyllum baladeanum :

Très jolie espèce, plutôt rare ici sur le plateau mais abondante dans d'autres stations comme dans le parc des grandes Fougères à quelques kilomètres.
Deux formes différentes sont regroupées sous le même taxon. L'une à ses pétales dorsaux soudés et l'autre, comme présenté ci-dessous, à ses pétales dorsaux libres. D'autres différences morphologiques de la plante (taille des bulbes et du rhizome) séparerait également ces deux formes. S'agit-il vraiment de la même espèce ?


Bulbophyllum baladeanum 1
              
       
Le Sentier des Sources

Un endroit paisible toujours de la région de Farino, idéal pour la promenade du dimanche en famille. Le circuit de 3 kms A/R longe une  petite rivière tumultueuse où l'on y aperçoit de nombreux oiseaux dont la perruche de la chaîne près des goyaviers sauvages dont elle se nourrit. La zone est quand même habitée et transformée, seuls les abords de la rivière  forment une forêt galerie abondante en espèces d'orchidées et de hoya.


Perruche-de-la-chaine.jpg
 
On retrouve ici beaucoup de Bulbophyllum longifolium, épiphyte comme lithophyte, ainsi que de nombreux Rhynchophreatia micrantha, des Oberonia equitans et des Liparis condylobulbon. Quelques Liparis gibbosa, Bulbophyllum betchei, Eria rostriflora  et Thelychiton comptonii (syn. Dendrobium gracilicaule) se rencontrent sporadiquement aussi, et exceptionnellement, un spécimen de Sarcochilus koghiensis, une espèce endémique, rare et peu abondante a aussi été observé dans la zone.        
         
Sentier-des-Sources.jpg
                

 

Liparis condylobulbon

Ce Liparis abonde dans toute l'Asie du Sud-est et ici aussi en Nouvelle-Calédonie où l'on en trouve beaucoup dans le nord et la région centrale de l'île. Il s'agit sans doute de l'espèce du genre Liparis la plus connue et l'une des rares cultivée par les amateurs d'orchidées.

 

Liparis-condylobulbon.jpg

 

 

Liparis gibbosa

 

Un autre Liparis épiphyte également largement répandu dans toute l'Asie du sud-est. Bien que son aire de répartition soit large et qu'il s'adapte donc à de nombreux climats, il est ici peu prolifique et peu de spécimens se rencontrent dans les stations. Je n'ai observé que quelques plantes au Parc des Grandes Fougères, au Parc de la Rivière Bleue et ici au Sentier des Sources.

Liparis-gibbosa.jpg
 
Lipparis-gibbosa-in-situ-1.jpg
 
     
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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 14:06

        Bonsoir,
 
Je partage avec vous aujourd'hui un premier article sur deux stations explorées en Nouvelle-Calédonie au mois d'avril.
   
J'ai pu cette année approfondir des zones peu explorées l'an dernier lors de ma première venue sur l'île mais aussi découvrir de nouveaux site et même me rendre à l'extrême nord de l'île pour réaliser l'ascension du mont Ignambi, troisième sommet du massif du Panié, un site difficile d'accès et peu exploré.
 
J'ai croisé des centaines d'orchidées lors de ces excursions et plus de 30 espèces différentes en fleur parmi les 200 espèces recensées sur l'île, pour la plupart endémiques et souvent peu documentées.  
 
Cette 1ère partie nous emmène dans deux stations du Sud de l'île, la Réserve Botanique de la Chute de la Madeleine et le site de Port Boisé, à l'extrême sud de l'île face à la mer.

La réserve botanique de la Chute de la Madeleine
 
Un site du sud de l'île exceptionnel, d'une richesse botanique inouïe. 168 espèces végétales y sont recensées dont 95% endémiques de la Nouvelle-Calédonie. Les espèces de conifères primitifs et le "bois bouchon", Retrophyllum minor, sont les espèces les plus prestigieuses du parc mais les orchidées ne sont pas en reste. On y trouve de très belles espèces comme Eleutheroglossum ngoyense qui se développent sur les branches des Araucaria muelleri ou encore Cannaeorchis verruciferum, espèce terrestre, qui profite de l'humidité maintenue par les lichens terrestres du genre Cladonia pour s'établir.
 
Chute de la madeleine 
 
Cannaeorchis verruciferum et staetoglossum
 
synonyme : Dendrobium verruciferum et staetoglossum section Cannaeorchis.

C
es deux espèces endémiques se rencontrent ici abondamment et bien que fleurissant simultanément et appartenant à la même espèce ou section, elles ne s'hybrident pas.   
 
 Cannaeorchis-species-2.jpg
 
 Les plantes de Cannaeorchis verruciferum atteignent 1 à 1,5 mètre de hauteur et forment des cannes plutôt fines par rapport aux autres espèces du genre. Les fleurs sont agréablement parfumées et les sépales et pétales sont rouge-orange, le labelle vert-jaune. Quelques spécimens, aux couleurs plus prononcées, présentent une coloration rouge et jaune de la moitié inférieure du labelle. Les fleurs se présentent aux nombre de 1 à 3 par inflorescence et restent dirigées vers le sol. Les fleurs sont faiblement colorées à leur ouverture puis se colorent au fil des jours.
      Cannaeorchis-verruciferum--fleur-3.jpg
 
Cannaeorchis staetoglossum présente des plantes plus robustes atteignant 2 mètres et ces fleurs, beaucoup moins remarquables que Cannaeorchis verruciferum, sont unicolores d'un jaune pâle légèrement pointillé. S'ouvrant à peine, elles restent orientées vers le sol comme C. verruciferum.
 
L'attraction du pollinisateur s'opère par la sécrétion de nectar comme en témoigne la présence systématique de fourmis à la base de la colonne et du labelle (ce qui n'est pas le cas de C. verruciferum).
 
 
Eleutheroglossum ngoyense
 
synonyme : Dendrobium ngoyense section Eleutheroglossum

 
Une espèce remarquable, endémique, que l'on rencontre ici sur les petits Araucaria muellerii qui peuplent la cuirasse ferralitique des abords de la Rivière des Lacs. La plante est de petite taille, d'une dizaine de centimètres et produit entre 1 et 3 fleurs par inflorescence, remarquables par leur taille et leur labelle.

 
 
eleuther.jpg
 
    habit.jpg
 
L'espèce se rencontre également dans les maquis bien préservés des alentours du Lac en Huit toujours sur de fines branches.
 
 
Eleu.jpg
 
Dendrobium odontochilum
 
synonyme : Tropilis odontochila
 
On trouve deux formes différentes de ce Dendrobium sur l'île. La forme dite "de montagne" et celle que l'on trouve ici dans un environnement plus sec et plus chaud à moins de 200 mètres d'altitudes. Cette forme de basse altitude présente des plantes moins robustes, plus effilées et des fleurs  fragiles de texture moins consistante que la forme de montagne. Elle se développe ici épiphyte s'établissant à la base des arbrisseaux bénéficiant d'un ensoleillement partiel alors qu'en montagne, elle se rencontre épiphyte en forêt en situation plus ombragée à plusieurs mètres du sol.
 
D'autres différences sont également notables entre les deux formes, la forme de basse altitude est complètement blanche alors que du rouge et du jaune colorent le labelle des formes d'altitudes. La disposition des fleurs est également différente d'une forme à l'autre, elles sont toutes résupinées sur les spécimens rencontrés à basse altitude alors qu'en montagne elles sont moins nombreuses par inflorescence et ne sont pas toujours résupinées. Personnellement, je ne suis pas convaincu que ces deux formes appartiennent à une seule et même espèce.
 
 Dendro-odonto.jpg
 
 
Prasophyllum calopterum
 
Espèce terrestre endémique et peu commune des maquis au sol latéritique de l'île. L'espèce est très discrète et demande une attention particulière pour la repérer. Une seule plante a été observée ici à la Madeleine. D'autres plantes ont été également observées dans le maquis de la région de Poro.
 
prasophylum calopterum in situ 2
 
La plante atteint 20-25 cm, la tige grêle est érigée et comporte une vingtaine de petites fleurs résupinées en clochette de couleur jaune-verdâtre. Une petite protubérance de couleur rouge marque la base du labelle.
 
 
Drosera neocaledonica et Cladonia

 

Le site est également remarquable pour ses populations de Drosera neocaledonica qui poussent ici par centaines sur le sol latéritique et pauvre en nutriment caractéristique du sud de l'île. On les retrouve entremêlés aux lichens du genre Cladonia.

 
 
 Habitat-Drosera-neocaldeonica-1.jpg
        Cladonia sp.
 Cladonia floerkeana
      


Le site de Port Boisé
     
A l'extrême sud de l'île, le site de port Boisé est une station d'orchidée des plus étonnantes. La végétation se compose de quelques arbrisseaux et d'Araucaria nemorosa qui recouvrent la cuirasse ferralitique de la zone. A première vue je n'aurais jamais cru que des orchidées puissent s'établir ici, on est si loin du cliché de la "cloudforest" !!! Et pourtant... les orchidées pullulent et l'on y trouve Sarcochilus rarus  qui ne se développe qu'ici. Une espèce non seulement endémique à la Nouvelle-Calédonie mais endémique à ces quelques hectares !!!
 
site-de-Port-Boise.jpg
       
En plus de cette espèce très localisée, on rencontre également des espèces répandues dans toute l'Asie du Sud-est comme Luisia teretifolia, Appendicula reflexa, Thelychiton comptonii (syn. Dendrobium gracilicaule), Flickingeria comata, Dockrillia bowmanii  ou encore d'autres espèces calédoniennes comme Cannaeorchis fractiflexa, Eriaxis rigida, Dendrobium odontochilum et des Bulbophyllums que je n'ai pu identifier. Beaucoup d'espèces donc pour cette station du bout du bout du monde.
 
Vegetation-port-Boise.jpg

Sarcochilus rarus
  
Une espèce particulièrement localisée et rare comme son nom l'indique puisqu'elle ne se rencontre que sur ce site où elle est abondante. Elle se développe épiphyte accrochée à la base des troncs des arbustes mais aussi sous forme saxicole et même terrestre parfois. La plante reste toujours bien dégagée de son support, seules quelques racines s'y accrochent.

sarcochilus-rarus.jpg
 
   
Appendicula reflexa
 
Espèce que l'on rencontre ici sous forme terrestre ou semi-terrestre s'établissant à la base des troncs des arbustes. Sur d'autres stations comme à Rivière bleue, l'espèce est épiphyte à plusieurs mètres du sol.
 
Appendicula-reflexa.jpg

Dockrillia bowmanii
 
Synonyme : Dendrobium bowmanii, Dendrobium chalandei.
       
Très jolie espèce délicatement parfumée peu fréquente à Port Boisé sur les rochers et branches au sol bénéficiant d'un ensoleillement partiel. La même espèce a également été rencontrée  dans la région de Sarraméa haut dans les arbres directement exposée au soleil. Son parfum rappelle le muguet.

Dockrillia-bowmanii.jpg
     
Flickingeria comata
     
 Espèce très abondante dans cette station qui est un des rares sites où elle se rencontre en Nouvelle-Calédonie. Elle se rencontre ici toujours saxicole, à même la cuirasse ou sur des rochers. Souvent en plein soleil, les arrières sont alors souvent asséchés ou même brûlés. C'est une des rares orchidées indigènes cultivée par les habitants.
     
          Flickingeria comata

Luisia teretifolia
  
Une espèce largement répandue en Asie du Sud-est que l'on rencontre ici en situation chaude et bien exposée au soleil. Elle colonise les grands arbres isolés et bénéficie ainsi d'un bon ensoleillement. La coloration intense du labelle est remarquable.
 
   Luisia-teretifolia-3.jpg

    Luisia-teretifolia-5.jpg
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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 08:33

 

Bonsoir,

   

J'ai passé quelques semaines au sud de l'île de Luzon dans la région de Batangas ainsi que sur l'île de Mindoro à Puerto Galera d'où je vous ramène quelques photos des week-ends passés dans les forêts et espaces encore préservés qui ont été bien difficiles à trouver, je l'avoue. 

  

Phalaenopsis amabilis, Batangas, Luzon, PhilippinesOn compte parmi les 800 orchidées provenant des Philippines les plus belles espèces de Phalaenopsis comme P. schilleriana, amabilis, stuartiana, philippinensis qui sont à l'origine des hybrides aujourd'hui commercialisés ou encore une dizaine d'espèces de Paphiopédilum dont P. phillipinense, acmodontum, haynaldianum, etc... ainsi que le fameux Euanthe Sanderiana (syn. Vanda sanderiana) qui nous vient de Mindanao. Malheureusement ces espèces se raréfient toujours plus dans leur milieu naturel en raison de la pression conjuguée des collectes démesurées du siècle passé et de la destruction massive de leur habitat.

   

Cependant, l'affection des philippins pour les orchidées permet une conservation ex-situ dans les jardins et patios des habitants évitant une disparition complète de ces espèces de leur localité d'origine. J'ai ainsi souvent rencontré dans les jardins Vanda lamellata, une espèce dont l'état de conservation in-situ est critique, ainsi que Phalaenopsis amabilis ou encore Grammatophyllum multiflorum. Ces espèces botaniques se cultivent au milieu de nombreux hybrides de Dendrobium ou de Vanda (hybride de V. teres).

                              

Durant ces quelques temps passé dans ce pays, j'ai pu me rendre dans trois zones encore préservées : le parc national Palay-Palay au sud-ouest de Luzon, les pentes du Mont Malasimbo sur Mindoro et dans une forêt encore épargnées des environs de Tagaytay. J'y ai rencontré quelques orchidées mais peu en comparaison de ce que j'ai pu observer dans les stations des pays d'Amérique latine. Peu d'espèces et surtout peu de spécimens. En revanche, ces forêts pullulent de bestioles, mille-pattes, fourmis géantes, phasmes, gastéropodes,etc... .

 

 

Vanda lamellata, Batangas, Luzon, Philippines 

 

  

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Le parc national Palay-Palay

 

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Palay-palay N.P.

Ce parc est situé entre les provinces de Cavite et Batangas et protège une de dernières portion de forêt sempervirentes (ombrophiles) de basse altitude de l'île de Luzon. Trois sommets d'environ 600 mètres d'altitude, le Pico de Loro, le mont Palay-Palay, et le mont Mataas na Gulod font parties de la zone protégée et j'ai pu grimper jusqu'au pied des rochers formant le pico de Loro.

 

Aeridinae species, Luzon, PhilippinesLes températures élevées et le faible taux d'humidité de la zone en font une zone peu propice aux orchidées et aux épiphytes en tout genre et je n'ai rencontré que quelques espèces terrestres et l'une ou l'autre épiphytes au sommet. Il s'agissait d'un Dendrobium distichum et d'une espèce de la famille des Vanda, un Aerides ou peut-être un Rhynchostylis (photo à gauche).

 

La promenade, bien que éprouvante en raison de la chaleur accablante, restait très intéressante, la forêt est très belle et j'ai aperçu une troupe de singe ainsi que de jolies oiseaux et de très jolis Bégonias aux sommets où la température est à peine plus fraîche.

 

   

  

Parc national Palay-Palay, Luzon, Philippines.   

  

En route vers le pico de Loro...

 

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Pico de loro, Palay-Palay N.P.

 

Pico de Loro, 664 mètres d'altitude

 

 

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Mindoro, le Mont Malasimbo

  

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en route vers le Mont Malesimbo

 

Bien que Mindoro ne soit situé qu'à moins d'une heure de bateau depuis Batangas, le climat change radicalement sur cette île où il pleut davantage en raison de l'influence de hauts sommets comme le mont Halcon. Les quelques jours passés sur cette île, encore sauvage, ne m'a permis d'explorer qu'une infime partie de ces richesses... L'ascension du Mont Halcon demande par exemple 3 jours et il est impossible de s'y rendre sans guide et sans une autorisation préalable des autorités. On y rencontre par exemple de magnifique Nepenthes ainsi que le Paphiopédilum urbanianum dans les sous bois des forêt de basse altitude entre 400 et 800 mètres. Cette espèce endémique de Mindoro est malheureusement comme tous les Paphiopédilum philippins sur le point de s'éteindre dans son habitat naturel.

 

Tamara falls, Mindoro, Philippines.

 

Cascade de Tamarra

 

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Je me suis donc cantonné à une zone plus accessible depuis Puerto Galera, les versants du Mont Malasimbo qui étaient déjà suffisament difficile à atteindre sous les trombes d'eau qui tombaient. La forêt était magnifique, accrochée aux falaises calcaires qui apparaissaient à nu lorsque le dénivelé était trop important. 

  

Forêt primaire, Mont Malesimbo, Mindoro, Philipines.

 

Epaisse forêt impénétrable

 

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Falaises de calcaire, Mindoro, Philippines.

 

Falaises calcaire

 

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Malgré l'humidité de la zone, les épipytes restaient peu nombreuses mais j'ai quand-même pu observer quelques espèces comme Dendrobium distichum et des représentants des genres Eria, Luisia, Bulbophyllums ainsi qu'une jolie espèce terrestre, Malaxis ramosii seule espèce rencontrée en fleur. Pour toutes ces espèces le nombre de spécimens rencontrés était très faible et se limitait souvent à une ou deux plantes.

 

  

Malaxis ramosii, Mindoro, Philippines.

 

 

Malaxis ramosii, Mincoro, Philippines.

 

Escargot, Mindoro, Philippines.L'ascension a du être interrompue en raison des conditions trop difficiles, certaines pentes trop abruptes demandaient à "escalader" le chemin à même la boue infestées de sang-sue  et il fallait constamment s'en débarrasser et les empêcher de remonter le long des jambes et des bras.  

  

Un essaim de guêpes nous a également pris en chasse ce qui a valu 4 piqures au collègue qui m'accompagnait. En plus des guêpes et des sang-sue qui en avait après nous, la zone grouillait d'insectes et de bestioles en tout genre et toute tentative de parcours "hors-piste" était vraiment dangereuse.

 

  

 

Eria sp., Mindoro, Philippines. 

 

  Eria se développant dans l'humus s'accumulant des les pierriers

 

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 Dendrobium distichum, Mindoro, Philippines.

 

Dendrobium distichum directement exposé au soleil

 

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Dendrobium sp., Mindoro, Philippines.

 

Espèce de dendrobium à l'ombre du sous-bois (D. arcuatum?)

   

  

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Tagaytay, dernière parcelle de forêt primaire

  

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Dans la région de Tagaytay, au-dessus de volcan de Taal, existe un dernier lambeau de forêt encore épargné avec des arbres de plusieurs dizaines de mètres dont les troncs ont parfois un diamètre de plusieurs mètres. La zone recouvre à peine quelque hectares que l'on peut parcourir de long en large sans souci. Il s'agit sans doute de la zone où j'ai rencontré le plus d'orchidées. Souvent perchées à plusieurs dizaines de mètres du sol, il était difficile d'en voir le détail et la plupart des plantes observées étaient des spécimens tombés au sol. J'aurais ainsi pu remplir quelques gros sacs de Dendrochilums, Dendrobium, Bulbophyllum, Liparis et autres espèces qui pourissent et se meurent au sol... mais faute d'endroit où les emmener j'ai du me résoudre à les laisser sur place. 

  

 

 

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Espèces rencontrées à même le sol

 

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C'est ici que j'ai croisé l'arbre le plus impressionnant que j'ai pu apercevoir en forêt tropicale. Il était vraiment impressionant et majestueux. son diamètre était bien de trois ou quatre mètres et j'aurais aimé pouvoir faire un tour du sommet de ces branches pour y observer ses hôtes.  

 

 

Arbre géant, Tagaytay, Luzon, Philippines; 

 

Arbre géant avec un tronc de 3 à 4 mètres de diamètre

 

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Aeridinae species, Tagaytay, Luzon, Philippines. 

 

Espèce du groupe des Vanda bien accrochée à une bonne vingtaine de mètres de hauteur

 

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Arbre centenaire, Tagaytay, Luzon, Philippines.

 

On comprend pourquoi ces arbres empêchent les glissements de terrains !!!

 

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Liparis sp. Tagaytay, Luzon, Philippines. 

 

Espèce de liparis en fleur abondante dans cette forêt 

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Plante grimpante, Tagaytay, Luzon, Philippines.

 

Jolie plante grimpante commune dans la zone

 

 

Voilà, donc pour ces quelques rencontres avec dame-nature aux philippines, à bientôt !!!

 

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Orchidées dans les patios.

 

Patio des philippins bien fourni en orchidées

 

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Textes et Photographies par Edouard FARIA . Toute utilisation et reproduction sans autorisation préalable est interdite.

 

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