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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 16:00

        Bonsoir,

Ce troisième article est exclusivement consacré aux deux espèces de Phragmipedium présents au Panama, P. longifolium et P. caudatum que nous avons pu observer dans leur biotope lors de notre périple.
    

Biotope.jpg
    Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif

Phragmipedium longifolium

Ce Phragmipedium est sans doute le plus répandu du genre. Terrestre et parfois lithophyte, on le rencontre du Mexique au Pérou entremêlé à la broussaille d'une végétation rase sur des terrains pentus au sol drainant et sablonneux. A découvert le plus souvent, il bénéficie d'un large ensoleillement. 

forme classique 1
Il peut former d'importantes colonies s'il ne souffre pas de trop de collectes comme ici, au Panama dans la province de Chiriqui où nous avons rencontré une population encore saine, de plusieurs centaines de spécimens avec de nombreuses floraisons. En revanche, dans la région d'El Valle, l'espèce souffre de collectes répétées et rares sont les spécimens adultes. Idem en Equateur, où nous n'avions rencontré en 2005 que quelques spécimens épars.

L'espèce est variable, la longueur et le tortillement des pétales comme l'intensité des couleurs diffèrent selon les spécimens  au sein même d'une population. La plupart des spécimens observés ici au Panama sont dotés de couleurs pâles, le sépale dorsal, le sabot et le synsépale sont verdâtres et les pétales sont colorés de rose, virant parfois au rouge pour les spécimens les plus colorés. On observe aussi une frange blanche sur le pourtour des pétales et sépales.

Les plantes varient aussi, selon Dressler, les spécimens des versants pacifiques forment des  feuilles plus allongées et de plus grande taille alors que les spécimens des versants caribéens ont des feuilles plus fines.
       
           forme classique P longifolium 2  

Les spécimens des populations du Chiriqui arborent pour leur grande majorité des pétales veinés de roses. Rares sont les spécimens aux couleurs plus intenses.

forme colorée close upforme colorée 4
A l'inverse, quelques spécimens hypochromes étaient également en fleurs, la coloration verdâtre est alors largement dominante même sur les pétales.
        
           

forme claire close-up
plante forme claire 4

Pour conclure sur Phragmipedium longifolium,  je vous propose cette petite vidéo qui donne, je pense, une bonne idée de son habitat.


       
    Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif

Phragmipedium caudatum
    
Ce Phragmipedium est aussi largement répandu en Amérique centrale et en Amérique du Sud mais ici, au Panama, il n'est connu que de quelques rares stations. Nous avons eu la chance d'en trouver une en parfaite santé, peuplée de plusieurs dizaines de spécimens largement développés partageant leur biotope avec l'autre espèce du genre présente au Panama et présentée ci-dessus, P. longifolium, mais aussi de nombreuses espèces de Sobralias, Maxillarias, Epidendrums et autres espèces d'orchidées.
 Phragmipedium caudatum in situ  
Contrairement à P. longifolium qui est exclusivement terrestre, P. caudatum se rencontre également épiphyte dans les branches moussues des forêts humides ce qui permet alors à ses larges pétales de s'épanouir pleinement mais les plantes sont alors difficiles à observer.

Malheureusement, nous n'avons pas rencontré de spécimens en fleur. La floraison dure quelques semaines et toutes les fleurs s'épanouissent simultanément contrairement à P. longifolium qui n'offre qu'une seule fleur à la fois mais elles se succèdent sur plusieurs mois de la même manière que les Paphiopedilums du sous-genre Cochlopetalum (P. primulinum, P. glaucophyllum, etc... ).

Cependant, nous avons observé de nombreux jeunes spécimens, inflorescences desséchées et  capsules témoignant d'une population florifère et prolifique qui se régénère correctement. Certains spécimens bien développés présentaient entre 5 à 8 tiges desséchées pour une quinzaine de fleurs, je n'ose imaginer le spectacle...
        
       

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Ces populations de P. caudatum et P. longifolium occupe une zone appartenant à une réserve forestière qui exclue toute exploitation. Seule une collecte massive et illégale ou un déséquilibre du biotope mettrait en péril ces magnifiques populations qui en ce début de XXIème siècle donnent de bons espoirs quant à la conservation in situ de ce genre.

Son succès auprès des collectionneurs et la destruction de l'environnement a d'ailleurs obligé les autorités à placer toutes les espèces de Phragmipedium en Annexe 1 de la convention de Washington interdisant tout prélèvement dans leur milieu naturel. 

Puissent nos enfants et petits-enfants refaire un jour les mêmes photos et connaître le même émerveillement !!!


Habitat-hernandezii_clip_image001_0005.gif
     
photo J-Luc
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Textes, vidéos et photos par Edouard, Rosabel, Fernand FARIA et Jean-Luc RUBRECHT. Toute utilisation et reproduction sans autorisation préalable est interdite.

 

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commentaires

jujulen51 11/12/2011 22:02

je pense que le sable est non calcaire

Edouard 12/12/2011 22:31



j'suis pas géologie mais d'après ce que j'ai pu lire, il ne être calcaire que s'il comporte des petits bouts de coquillage mais le sable "industriel" dont nous disposons n'en est pas doté..



jujulen51 11/12/2011 21:04

Quel bonheur, je partage ton souhait pour les générations à venir.
Tu viens de me détromper, je croyais que les Phragmy vivaient à proximité de cascades
Encore merci pour tes publications si bien renseignées
Bernard

Edouard 11/12/2011 21:44



Salut Bernard,


Effectivement rencontrer de telles populations donnent encore de bons espoirs et ça fait vraiment plaisir de rencontrer des populations d'espèces si convoitées encore intactes...


Quant à l'habitat des Phragmipediums, on peut difficlement généraliser pour tout un genre même s'il est vrai que certaines espèces comme P. klotzcheanum dans les Guyanas ou P.
pearcei en Equateur  vivent dans des conditions extrêmes sous l'arrosage constant d'une cascade ou sur les berges de rivières qui lorsqu'elles montent peuvent temporairement noyer les
plantes (ce que tolère très peu d'espèces d'orchidées). J'ai cependant observer différentes populations de Phragmipedium lindenii en Equateur, Phragmipedium longifolium en
Equateur et au Panama ainsi que comme décrit dans cette article Phragmipedium caudatum au Panama et aucune n'était à proximité de cascades et si il y a une caractéristique commune dans
l'habitat de ces espèces est le parfait drainage des sols souvent très pentus.


Depuis ces observations, nous avons d'ailleurs radicalement changé leur culture en les plaçant dans des pots en terre cuite avec un substrat composé à 80% de sable (et oui !), du gravier
et un peu de sphaigne. Le tout au soleil placé dans des coupoles remplie d'eau régulièrement renouvellé et franchement ça marche à merveille !!! Les plantes explosent et
fleurissent abondamment depuis.... 


A+



Americo Pereira 11/12/2011 17:34

Parabéns por mais uma maravilhosa e completa reportagem. Obrigado por partilhar e nos "levar a viajar" por locais tão delumbrantes e inecessíveis.

Edouard 11/12/2011 17:53



Hola Américo y obrigado mais uma vez... fue uma de las mais fantastica y inesperada descoberta en ese viaje...



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